L'Europe par la banque

 |   |  522  mots
Coups de théâtre en série ce week-end dans la banque. Dernier en date, cette nuit, la banque française BNP Paribas rachète l'essentiel des actifs de la banque belgo-luxembourgeoise, Fortis. BNP Paribas devient la première banque de dépôt en Europe, Erik Izraelewicz ?

Oui, on a vu samedi que, face à la crise, les dirigeants politiques des quatre grands pays européens avaient du mal à parler d'une seule voix, à construire l'Europe. Eh bien, l'Europe, elle va finalement se construire par les entreprises.

Le rachat de 75% de la première banque belge, Fortis, par la première banque française,

BNP Paribas

, va donner naissance à un géant bancaire européen, le premier de son genre, au numéro un européen de la banque de dépôt aussi.

Le nouvel ensemble sera européen par l'implantation de ses agences. Il le sera aussi par son actionnariat - avec notamment, dans son capital, l'Etat belge - 11% du capital...

BNP Paribas

prend un risque en achetant cette banque ?

Bien sûr, mais un risque limité.

BNP Paribas

connaît bien Fortis. La banque française avait des vues sur l'établissement belge depuis longtemps. Il y a ensuite, entre les deux banques, de fortes complémentarités.

BNP Paribas

avait tenté d'acheter Fortis, il y a quinze jours à peine. Le prix qu'elle avait proposé, très bas, n'avait pas été accepté. Aujourd'hui, on peut dire que

BNP Paribas

fait une belle affaire...

En fait, ce que montre cette opération, c'est que la crise actuelle, c'est aussi l'occasion d'un assainissement du système financier.

Les banques mal dirigées, celles qui ont fait des folies, les banques irresponsables sont sanctionnées. Aux Etats-Unis comme en Europe. Voire Lehman Brothers,

Dexia

ou Fortis...

A l'inverse, les banques prudentes, bien gérées, celles qui n'ont jamais mis tous leurs œufs dans un même panier, celles-là survivent. Mieux même, elles trouvent dans cette crise l'occasion de se renforcer.

Regardez aux Etats-Unis, Bank of America ou JP Morgan. Ces deux banques se portent bien. Elles n'ont aucun problème, ni pour travailler, ni pour se développer. Idem en Europe pour

BNP Paribas

.

Les plus fortes vont pouvoir se renforcer encore...

Oui, la crise opère en fait une sélection entre les banques, une saine sélection... Les plus faibles finissent par tomber, les plus saines peuvent se renforcer. L'assainissement ne fait sans doute que commencer.

Il va y avoir d'autres rachats de ce genre ?

Oui, certainement. Aux Etats-Unis, les établissements les plus solides se bagarrent déjà autour des dépouilles de Wachowia, la quatrième banque américaine. Idem en Europe où des banques comme l'italienne Unicredit, vont attiser des convoitises.

Cela étant, avec ces nouveaux géants bancaires, l'harmonisation des règles du jeu en Europe devient de plus en plus nécessaire. En Europe par exemple, on va maintenant avoir de vraies banques européennes avec une mosaïque de systèmes bancaires nationaux. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas tenable. Qui surveillera des géants internationaux comme

BNP Paribas

Fortis ? Il y faut une instance européenne.

La crise bancaire, en Europe, ça ne peut pas se résoudre par des solutions nationales - comme on l'a encore soutenu samedi à l'Elysée. La crise bancaire, c'est désormais un sujet européen, un sujet qui doit être traité au niveau de l'Union européenne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :