Halte au dumping social !

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La question est certes au c?ur des débats depuis plusieurs mois... Tout le monde en parle mais concrètement qui agit ? Quelles sont les mesures que nos dirigeants entendent prendre ? La sauvegarde de milliers d'emplois industriels est plus que jamais une urgence.
Alors que la France connaît une des plus graves crises économiques de son histoire, avec une forte désindustrialisation conduisant à la destruction de plus de 400 000 emplois industriels depuis 5 ans , la filière viande française subit de plein fouet un dumping social hors-la-loi de certains pays européens.

Pratique intolérable
Cette pratique intolérable consiste à remplacer les salariés dans certains pays de l'Union européenne, par de la main d'?uvre détachée provenant de pays à bas niveaux de salaire et de protection sociale et mise à disposition par des sociétés étrangères « boîtes à lettre ».  Grâce à ce système, certains pays, comme l'Allemagne, bénéficient d'un avantage concurrentiel considérable avec un rapport du coût de main d'?uvre avec la France pouvant aller de 1 à 3, alors même que sur les métiers de la filière viande 80% de la valeur ajoutée est constituée par la masse salariale. Vu l'ampleur de cette distorsion, certaines filières agroalimentaires françaises, comme celle de la viande porcine, sont déstabilisées par une accélération des importations de viandes fraîches en France et une forme de délocalisation de certaines activités industrielles. Notre indépendance alimentaire est en danger !

Conséquences graves
Le dumping social a des conséquences graves pour les emplois industriels du secteur agro-alimentaire mais également pour toute l'industrie française. Notre Collectif, qui regroupe des chefs d'entreprises de plusieurs secteurs industriels, dénonce ce grave dysfonctionnement de l'Union européenne. Nous avions dès 2011 alerté les responsables politiques et déposé une plainte en manquement d'Etat auprès de la Commission européenne pour qu'il soit mis fin à ces pratiques inacceptables.
Nous nous félicitons d'ailleurs de la récente proposition de la Commission concernant un encadrement plus grand des détachements de travailleurs effectués dans le cadre d'une prestation de service et introduisant une responsabilité plus forte des Etats en matière de respect des règles.Ce signal positif doit être pour nos législateurs et responsables politiques un exemple, et doit inciter chacun à droite comme à gauche à se saisir de cette problématique majeure pour la sauvegarde de nos emplois.

Un appel aux candidats

Le chômage et la désindustrialisation sont deux fléaux économiques et sociaux qui imposent une mobilisation pour qu'il soit mis fin à ces pratiques de dumping social destructrices d'emplois et d'activités sur notre territoire.De leur mobilisation dépend la sauvegarde de nos emplois et de l'industrie française. Notre Collectif a lancé début mars un appel aux candidats à la Présidence de la République pour que ceux-ci fassent connaître rapidement leurs engagements sur cette priorité économique nationale. Espérons que cet appel sera entendu.

 

Pierre Halliez est Président du Collectif contre le dumping social en Europe

 

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Commentaires
a écrit le 20/04/2012 à 11:30 :
On a qu'a faire pareil, Baisser le cout du travail et l'IS. Y a en marre de voir mes impots a payer la dette de RFF, du CE d'EDF, des parlementaires pas souvent present, de fonctionnaires souvent trop malade, des grevistes qui font toujours la greve sans raison (et toujours en Novembre).
a écrit le 03/04/2012 à 6:45 :
C'est beau l'Europe et la concurrence loyale
a écrit le 02/04/2012 à 14:57 :
d apres l expansion "Pierre Halliez, directeur général du Syndicat national des industries des viandes (Sniv)"
en bref, nous avons affaire a un chef d entreprise qui demande qu on le protege de la concurence, en particulier allemande d apres l article
Soit. Mais pourquoi pas le dire franchement et non pas via un faux nez "Président du Collectif contre le dumping social en Europe"
a écrit le 29/03/2012 à 21:45 :
Ce monde ultra libéral est une dictature bancaire, nous aurons bientôt perdu toutes nos libertés dans l'abrutissement le plus total.Une belle réussite, la planète des grand singes encravatés.Je vois pas trop comment çà pourrait finir bien.
Réponse de le 02/04/2012 à 9:44 :
Ca finira mal, et cela arrivera à cause d'un petit grain de sable daNS la machine.
Réponse de le 02/04/2012 à 12:32 :
Dans un monde libéral, on trouve toujours une nouvelle entreprise (ou à défaut on crée la sienne) pour trouver un meilleur job (i.e une meilleure condition de vie, pas nécessairement un meilleur salaire). Notre société n'a rien de libérale. On est dans un pays socialiste à l'économie dirigée. L'Etat représente à lui seul la plus grande part de l'économie. Le secteur privé vit sous perfusion de l'argent public, qu'il s'agisse des commandes d'Etat, des projets du grand emprunt ou des fonds d'investissements (CDC, Oseo). De plus, la législation sociale très protectrice alliée à la peur du chômage entraine une forte rigidité du marché de l'emploi. C'est cette rigidité qui permet aux employeurs de maintenir une pression sur les salaires et les évolutions de carrières. C'est cette pression sur les salaires, et le manque de reconnaissance qu'elle induit, qui tue la motivation des salariés. "Ils font semblant de nous payer, on fait semblant de travailler", cette maxime n'était pas américaine ni suisse, mais russe.
Réponse de le 03/04/2012 à 13:26 :
@ T137 : "ce monde ultra libéral est une dictature"
Contre sens parfait dans les termes. Savez vous au moins ce que c'est que le libéralisme ???
(ultra, turbo, méchant, tueur de bébés communistes ne sont que des adjectifs)
a écrit le 29/03/2012 à 20:24 :
Ce monde de requins où l'exploitation du plus faible et la recherche de profits toujours plus grand sont les seules règles c'est effarant!La crise qu'on est entrain de vivre n'est rien à côté de la crise écologique qui se prépare. Que se passera-t-il quand il n'y aura plus de pétrole (c'est bientôt!) et qu'on ne saura plus rien fabriquer,et même pas dequoi se nourrir?
Réponse de le 02/04/2012 à 10:00 :
La crise pétrolière, on y est déjà, et pourtant pas un de nos politique n'en parle, et les verts ne sont plus audibles...Notre salut viendra précisément du manque de pétrole. Ecologiquement, ce sera bénéfique, mais surtout la nécessité de produire sur place deviendra évidente. Produire durable, responsable et consommer sur place.Faire voyager autour de la planète les marchandises du monde entier est une gabegie innommable sous prétexte de consommation et de croissance. Plus de pétrole vite.

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