Restaurer nos finances publiques en s'appuyant sur nos territoires

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Jean-Marc Pasquet
Jean-Marc Pasquet
Peut-on affranchir les collectivités du nécessaire effort de redressement des comptes publics ?

Le voudrait-on seulement que les difficultés de financement sur plus de 200 milliards de budgets locaux s'imposeraient avec davantage de force que ces dernières années. Avec la reprise du dogme de la stabilité de la dépense publique, le Premier Ministre a donné le « la » : le gel de près de 20% du budget de l'Etat constitué de dotations et autres concours aux territoires est confirmé. Le récent éclairage du rapport de la Cour des Comptes vient en appui de cette décision. Selon ce document, le remède d'une rigueur durable fondé sur la réduction de la dépense devrait s'appliquer au monde local avec plus d'attention.

Dans la prochaine Loi de Finances, les transferts financiers de l'Etat vers les collectivités n'augmenteront donc pas. Ce qui est déjà une forme de régime de faveur compte tenu des baisses de crédits que nombre de Ministères devront supporter pour financer les priorités nationales actuelles : Education nationale, Justice. Le retour à un déficit zéro revient pourtant à faire peser sur les équilibres existants une part du financement du coût de la dette ancienne au delà même d'un objectif de désendettement. La pression est donc rude.

Pour les collectivités, cet équilibre recherché se traduira par une tension croissante sur leurs ressources d'origine étatiques. Le monde local a déjà réagi au pic de la crise en calant la progression des charges de personnel sur une évolution proche de l'inflation. A l'aube de la préparation budgétaire pour 2013, la tentation est grande pour qu'une potion administrée sans distinction aux finances publiques ne franchisse un cran. Dans ce contexte, un repli brutal de l'investissement public dont les trois quarts sont portés par les collectivités n'est désormais plus à écarter.

Réussir la quadrature du cercle, c'est tout à la fois répondre à la contrainte de restauration des finances publiques sans tuer dans l'?uf les interventions d'avenir. Cela revient à passer un nouveau contrat entre l'Etat et les territoires, à refonder une relation trop souvent marquée par un retour sur la parole donnée. A la stabilité des concours de l'Etat doivent répondre en écho aux débats sur l'Acte III de la Décentralisation des objectifs de lisibilité d'un nouveau partage des compétences. En refiscalisant une partie des ressources locales, l'Etat pourrait donner une nouvelle dimension au principe de notre organisation territorialisée désormais consacré par la Constitution. En donnant une issue aux besoins de financements des territoires, il consolide un levier de sortie de crise.

Dans ce domaine, la période que nous vivons doit être propice à l'innovation. Après la création d'un banque publique sous l'égide de la Banque Postale, la mobilisation de l'épargne locale par la création d'un livret territorial, le lancement d'émissions obligataires groupées des collectivités sont autant de pistes de renouvellement d'un modèle de financement à bout de souffle. Trop souvent pensé par et pour les partisans d'un Etat Jacobin, centralisé, il peine à s'adapter à la nouvelle donne imposée par la crise financière.

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Jean-Marc Pasquet est président du think tank Novo Ideo

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Commentaires
a écrit le 24/08/2012 à 15:08 :
Cela on l'appel " angelisme économique " bla,bla,et think thank... Ma Région: La Reunion importe
pour 1.540.000.000 d'euro par an et exporte pour 150.000.000 euro.Alors expliquéz nous votre
réflexion sur les transferts,etc.aux collectivitées.Il faudra remettre tout à plat et rémodeler une
nouvelle politique économique et sociale: voir Suisse,Autriche,Scandinavie et aussi Allemagne.
a écrit le 24/08/2012 à 14:45 :
LE MILLE FEUILLES est trop epais il regale trop de copains des copains planques a VIE incompétents inutiles avec un statut INTOUCHABLE
a écrit le 22/08/2012 à 0:00 :
Pour le redressement culturel - qui est aussi économique - ne pourriez vous pas montrer l'exemple et franciser tous ces barbarismes comme "think tank" ? Pour le reste, connaissez vous un seul Etat développe sans administration publique efficace?
a écrit le 21/08/2012 à 12:37 :
Il n'y a rien à l'investissement dans ces collectivités locales, pratiquement tout va en dépense de personnels et dépenses inutiles. Je tiens à vous signaler que l?état appuie actuellement les collectivités endettées jusqu'au cou et qui n'arrivent plus à emprunter. Ah ?vous êtes de la partie, je comprend mieux ...
Réponse de le 21/08/2012 à 17:14 :
notre vieille nation centralisée et jacobine a tout interêt à passer à des formes d'essence girondine et transfrontalière quand on lit les teneurs des commentaires bardés de nationalisme ( à mon humble avis la Tribune pourrait en faire un peu et ne pas tant titrer: Allemagne, Buba etc...)
Réponse de le 21/08/2012 à 18:37 :
Voici les discours du monsieur sur son blog: "A l?heure où l?INSEE nous alerte de l?arrêt de tous les moteurs de l?activité, du coups brutal, historique depuis l?année 1984, coups brutal porté au reste à vivre des ménages, au tassement de l?investissement des entreprises, il ne se trouve plus qu?un levier. Celui de l?équipement public, générateur de plus de 70% de l?investissement national, de 40% des carnets de commande du secteur du BTP, 10% de la valeur ajoutée nationale que nous contribuons à enrichir en Trains, en rénovation sur notre patrimoine scolaire : nous faisons ce que nous avons dit. Les taux de consommation en témoignent." Comme d?habitude, outre la gestion déplorable et tout clientéliste dépensier à l?aveugle ou presque des collectivités locales, incapables de passer au numérique, par exemple, pour leur communication ou le courrier, des grandes phrases vides de sens et incapables de s'attaquer à l?extrémité d'une seule facette d'un problème, j'en donne une, comme ça, pour ce monsieur élu vert, verts opposés à l?évasion offshore, les appels d'offres français sont quasi tous rapportés par des groupes jouant sur le bénéfice consolidé, c'est à dire de l'argent du contribuable qui part à l'offshore et qui ne profitera ni aux finances de la France et ni aux français.... Outre ce monsieur, conseiller général en île-de-France, on a pu apprécier les compétences de notre flamboyant ministre du redressement productif ou encore le vieux Huchon "découvrant" les subtilités européennes de ces appels d'offres. Bref, no comment. Mais je n'en pense pas moins ... et quand je vois "Commission des Finances" accolé, ça me donne des envies de.

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