Tour d'Europe des systèmes bancaires (9/10) : les banques suédoises, en avance d'une crise

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La Tribune avec David Benamou, président d'Axiom AI, vous proposent chaque jour de découvrir le système bancaire d'un des 10 pays européens étudiés. En Suède, les banques ont traversé une grave crise au début des années 90, mais en 2008-2009, elles sont restées globalement profitables.

Le secteur bancaire suédois est mieux connu pour son passé que pour son avenir. En effet, il a traversé une grave crise en 1991 et 1992 suite à l'explosion d'une bulle immobilière et les solutions adoptées à l'époque par le Gouvernement sont présentées par certains comme la solution optimale pour gérer les crises de cette nature. En substance, cette solution dite « de Stockholm » consistait à nationaliser environ le quart des actifs bancaires contre un prix global d'environ 4% du PIB (et un coût net sur le long terme proche de zéro) et à garantir les dettes et dépôts des 114 banques du pays. Les créanciers furent ainsi protégés.

Des banques essentiellement domestiques

Le paysage bancaire actuel ressemble à celui de son voisin danois. Le marché est détenu à près de 95% par des banques domestiques qui présentent des ratios de prêts sur dépôts très élevés. La non appartenance à la zone euro a favorisé le statut de refuge du pays et a bénéficié aux banques sur les marchés de capitaux. Ce marché moyennement concentré est dominé par des banques commerciales principalement actives sur la banque de détail. Les plus grands établissements, Swedbank, Handelsbanken, Nordea et SEB, concentrent environ 70% des dépots et 86% des actifs. Les banques suédoises ont des actifs importants, près de 550% du PIB, mais essentiellement domestiques. Seules les quatre grandes ont une forte activité internationale, principalement dans les pays scandinaves et baltes.

Comparativement à d'autres pays européens, la crise n'a pas frappé durement en Suède. Un programme de garanties publiques a bien été mis en place (il a cessé d'exister en juin 2011) mais l'encours ne représente qu'une dizaine de milliards d'euros. De même, les injections de capitaux propres, dans Nordea notamment, sont restées très limitées (environ 560 millions d'euros). Les assouplissements décidés par la Banque Centrale ont largement permis de résorber les stress de liquidité. Les banques, qui sont restées largement profitables dégageant, la plus mauvaise année (2009) environ 3,7 milliards d'euros de profits globaux, ont maintenant rebondi.

L'importance des prêts immobiliers

Les prêts immobiliers sont une part importante du marché suédois, mais pas prépondérante. Ils sont principalement octroyés aux particuliers, puisque 70% des suédois possèdent leur logement. C'est sans doute là que se trouve la principale vulnérabilité. En effet, les prix de l'immobilier sont en augmentation depuis 20 ans et n'ont pas réellement baissé pendant la crise. En outre, les ménages sont fortement endettés (mais moins qu'au Danemark) et de plus en plus à taux variable. Ce risque est réduit par, d'une part, le plafond réglementaire de Loan to Value à 85% imposé en 2010 et d'autre part, la grande stabilité historique du marché immobilier suédois et du marché des obligations hypothécaires. Les banques suédoises bénéficient également des mêmes avantages que les banques françaises : l'importance des aides sociales permet souvent aux ménages de rester solvables, même en période de chômage.

Les banques suédoises présentent un profil de financement proche de celui des banques danoises, mais moins extrême : elles bénéficient également d'un marché de covered bonds très efficient, mais abusent du refinancement à court terme. Leur rentabilité sera donc impactée par les ratios de liquidité prévus dans la réforme Bâle III. Leur solvabilité est bonne (ratio de solvabilité proche de 13%), leur rendement dans la moyenne européenne (ROE de 10%) et les actifs globalement de bonne qualité (NPL autour de 2%).

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Commentaires
a écrit le 31/01/2013 à 10:07 :
Chez nous on ne se fait pas de soucis, puisque qu'elles ont déjà anticipé le remboursement des mille milliards prêtés par la banque Européenne, c'est pas beau ça!!!!!! extrêmement profitable je dirai

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