La panique serait-elle la seule raison de l'austérité ?

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Michel Santi DR
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La panique des investisseurs, puis des hommes politiques, pourrait-elle être la seule raison à l'austérité drastique appliquée en Grèce ou en Espagne? La décrue des écarts de crédits dans les pays périphériques européens après l'intervention de la BCE pourrait le laisser croire, comme tente de le démontrer Michel Santi*, conseiller des banques centrales de pays émergents et fondateur de l'ONG "Finance Watch".

Pourquoi cette politique d'austérité a-t-elle été imposée aux nations européennes périphériques? Est-ce la dégradation des fondamentaux économiques qui l'ont rendue inévitable ? Ou l'austérité n'est-elle que la résultante de la panique ayant saisi les marchés qui, à son tour, a tétanisé les dirigeants politiques ? A cet égard, la corrélation entre l'envolée des coûts de financement de la dette souveraine de ces pays et l'ampleur de l'austérité appliquée est éloquente. C'est effectivement les pays ayant subi les plus hauts « spreads » - c'est-à-dire qui ont progressivement été contraints par les marchés de se financer toujours plus chers -, qui ont aussi mis en place les mesures d'austérité et de privations les plus drastiques.

L'intuition selon laquelle les marchés financiers et leurs menaces de débordements ont exercé une pression intense sur l'Union européenne et sur ses dirigeants en vue de grosses économies budgétaires est donc avérée. Sachant que, à l'inverse, nulle austérité n'a été décrétée parmi les pays dont les spreads sont restés stables. Dès lors, que peut-on en déduire ? Que les marchés n'ont, en finalité, été « que » des messagers, des porteurs de mauvaises nouvelles ? A savoir que la dégradation de la dette publique et de la compétitivité de ces nations se traduisait mécaniquement en une envolée de leurs frais de financement, lesquels ne pourraient être maîtrisés que grâce à des économies tous azimuts ? Ou que c'est la peur et les mouvements de panique collectifs qui ont eu un impact désastreux sur le creusement de ces spreads, qui se sont irrémédiablement éloignés des fondamentaux... un peu comme l'envolée des marchés boursiers se trouve, à intervalles réguliers, être totalement incompatible avec l'état de l'économie réelle ? Comme la réponse à ce dilemne n'est pas évidente, il est permis de douter et d'opter pour la seconde hypothèse.

La BCE, salvatrice pour les spreads

Quoiqu'il en soit, c'est dans ce type de contexte que la présence d'une banque centrale est cruciale. Seule en effet sa détermination et son action de pourvoir des liquidités est à même de calmer le jeu. L'objectif ultime de son intervention étant d'apaiser les marchés et autres acteurs afin que les fondamentaux soient analysés pour ceux qu'ils sont, et non à travers le prisme de la panique collective. Et, de fait, la décision de la Banque centrale européenne en 2012 et de son patron Mario Draghi de soutenir l'Euro « quoi qu'il arrive » fut spectaculairement déterminante.

En acceptant d'assumer son rôle de prêteuse en dernier ressort, la BCE a rasséréné les marchés et a soulagé les pays sinistrés qui ont progressivement vu une amélioration notoire de ces spreads. Loin d'assainir les comptes publics des nations européennes périphériques, la BCE s'est bornée à manifester sa présence, avec pour résultante un effondrement des frais de financement de ces pays. Ainsi, c'est les pays où ces spreads s'étaient le plus dégradés (Grèce, Portugal) qui ont bénéficié de la plus forte décrue.

Affolement des marchés contre fondamentaux économiques

Comme les données économiques ne s'étaient naturellement pas améliorées d'un coup de baguette magique, il est donc aisé d'en déduire que les frais de financement ont baissé en même temps que le facteur « peur ». De plus, c'est dans les pays où cette peur avait été la plus intense que l'intervention de la BCE s'est révélée la plus efficace, car c'est là que les spreads avaient le plus baissé. Il est même possible de pousser encore plus loin ce raisonnement, ett d'affirmer que l'envolée des coûts de financement de la dette souveraine des pays périphériques n'avait strictement aucune corrélation avec les fondamentaux économiques! 

Sinon, comment expliquer que ces spreads soient à des niveaux raisonnables aujourd'hui - bien loin de leurs records du milieu de l'année 2012 - alors même que les ratios dettes / P.I.B. se sont sensiblement aggravés et, ce, dans tous les pays sur la sellette ? La dégradation des statistiques relatives à leurs comptes publics et à leur croissance n'aurait-elle pas dû se traduire « mécaniquement » par de nouveaux records sur le financement de leur dette ? Oui, mais entretemps la BCE s'était manifesté... confirmant du coup l'intuition selon laquelle c'est l'affolement des marchés - et non les fondamentaux économiques ! - qui avaient initiés l'envolée de ces spreads.

Folie rigoriste de la peur

L'austérité n'est donc que l'aboutissement d'une intense panique ayant saisi nos responsables politiques, eux-mêmes mis sous pression par des marchés financiers déboussolés, faute de prêteur en dernier ressort. Poussons une ultime fois ce raisonnement, car il est désormais très aisé d'effectuer cette constatation. C'est les pays ayant mis en place les mesures d'austérité les plus extrêmes qui ont aussi été ceux qui subissent aujourd'hui la plus forte chute de leur croissance.

En somme, voilà des nations ayant été acculées à une austérité sans précédent par des marchés et par des dirigeants européens pris de panique, sachant que ces sacrifices n'ont nullement produits les effets escomptés. Ils ont en effet détérioré davantage les fondamentaux de ces pays, ainsi que leur capacité à honorer le règlement de leur dette. La crise de liquidités a ainsi dégénéré en une crise de solvabilité !

Voilà ce qu'il en coûte d'écouter religieusement des marchés financiers qui, loin d'avoir été des messagers, se sont bornés tout le long à envoyer de mauvais signaux. Signaux très mal interprétés par des dirigeants européens totalement ignorants en matière financière et qui se sont embarqués le c?ur léger dans une croisade contre les déficits publics. Pendant que, pour sa part, la BCE se complaisait dans son splendide isolement jusqu'à ce que la situation devienne authentiquement intenable, alors que son intervention plus précoce aurait permis d'éviter tellement de souffrances humaines.

Pour paraphraser Paul Krugman qui emploie la métaphore significative des « cafards », l'acharnement de nos responsables politiques et de l'élite économique et financière à imposer l'austérité ne va pas sans rappeler la vermine ou la mauvaise haleine ! Elle revient toujours en dépit de tous les traitements possibles, à l'instar de la folie rigoriste qui s'acharne à réduire des déficits publics qu'il est au contraire vital d'user à bon escient lors d'une récession.
 

* Michel Santi est un économiste franco-suisse qui conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre fondateur de l'O.N.G. « Finance Watch ». Il est aussi l'auteur de l'ouvrage "Splendeurs et misères du libéralisme"

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a écrit le 03/05/2013 à 0:01 :
Le seul constat valable est que les inégalités se creusent, toujours plus de pauvres et des riches toujours plus riches. Normal, l'austérité, c'est fait pour ça, enrichir les riches. Ce qui est choquant, c'est que beaucoup de commentaires trouvent ce schéma normal, qu'il est normal que le niveau de vie baisse. Normal que quelques millions de nos concitoyens vivent sous le seuil de pauvreté. Normal que l'accès aux soins soit limité... Comme s'il y avait quelque chose à expier, à payer parce que nous aurions péché. Pardon mon dieu, dieu dollar. Merci à la sainte religion bancaire, à l'inquisition néo-libérale de nous remettre dans le droit chemin. Ite missa est.
a écrit le 02/05/2013 à 19:06 :
Et si on revenait aux définitions ?
Les marchés sont composés d'investisseurs, qui devant la folie de l'endettement européen ont préféré aller voir ailleurs (trop de risque), ce qui a fait monter les taux.
Les gouvernements ont alors été contraints de faire ce que tout individu sain d'esprit et ayant le souci des générations futures applique : pour un sou qui sort, il en faut un qui entre.
La bulle du crédit a alors explosé dans ces pays, qui ont retrouvé un niveau de vie raisonnable (par rapport à leur activité réelle). D'où les conséquences, normales, de l'austérité (baisse du niveau de vie généralisée). Il me semble que c'est du simple bon sens.
Nous devrons passer par une cure d'amaigrissement en France aussi, qui implique baisse (forte) du niveau de vie. Plus on tarde, et plus ça fera mal. Le scenario ultime étant l'urss.
Les anglais applique une politique budgétaire raisonnable depuis quelques années. D'ici 5 ans, il seront dans le vert, et rigoleront bien de nos discussions pour savoir s'il vaut mieux manger l'oeuf ou la poule...
Réponse de le 03/05/2013 à 6:07 :
de quels investisseurs s'agit-il? de ceux dont les mouvements de capitaux sont joués par ordinateurs sur des variations boursières de l'ordre de la minute, voire moins; ceux-là ne sont pas des investisseurs, mais des spéculateurs..
qui a poussé au crédit ? les banques pour pouvoir gagner un max sur les intérêts de sommes prêtées...
de mon temps on attendait d'avoir économisé pour acheter, mais "les banques " nous ont dit que cela freinait l'économie... et qu'il fallait s'endetter...
les industriels ont inventé "l'obsolesccence programmée" toujours pour faire tourner l'économie; il y a cinquante ans la durée de vie d'un réfrigérateur était ... j'en ai un qui a 40 ans et qui fonctionne encore , maintenant 4 ou cinq ans
alors revenir aux définitions oui , mais toutes choses égales par ailleurs
a écrit le 02/05/2013 à 16:54 :
"L'austérité est la mutualisation trouvée des pertes que refusent les créanciers."
Les banques pretes a la Grece tout en sachant que celle ci ne pourra pas rembourser mais demande a l'Europe de rembourser a sa place sinon les banques sont en faillitte.
Quand une banque vient en aide a un état, on appel cela un pret, mais quand un etat vient en aide a une banque, on appele cela une arnaque...
Question: Combien d'années de prison ont écopés ces directeurs de banques???
Réponse de le 03/05/2013 à 0:10 :
@Question?
La réponse est :O. La réponse à la question bonus est: les bonus.
Le problème posé date de 1973 lorsque Pompidou, ancien directeur de la Banque Rotschild a octroyé aux banques privées l'exclusivité de financer l'Etat.Depuis cette date, la somme des intérêts payés par la France correspond peu ou prou au montant de...Notre dette. C'est pour ça que je soutiens que la dette depuis 40 ans... c'est du vol autorisé.
a écrit le 02/05/2013 à 16:30 :
Quand est ce que les Voleurs Publics , responsables des endettements inouis dont ils sont responsables depuis 20 ans , et qui ont servi à tout sauf à " l interet general " arreteront ils de ruiner à nouveau les peuples par de la fausse monnaie ( " quantitative easing , ltro , etc ... ) pour camoufler un peu de temps le fait incontestable suivant : JAMAIS les milliers de milliards de dettes publiques ne seront remboursés . JAMAIS . Autant l admettre tout de suite au lieu de lever des impots exterminateurs qui ruineront à jamais , et une second fois , les éternels dindon de cette farce tragique ; les cons - tribuables ...
Réponse de le 03/05/2013 à 15:02 :
@dindon , tout à fait d'accord sur votre approche sur la (problêmatique) du remboursement d'ailleurs nous ne le verrons pas de notre vivant , je pense qu'ils attendent que l'Europe politique réussisse et prenne à sa charge la dette des états qui sera la dette de l'Europe. C'est bien ce qui oppose certains états entre eux et qui risque faire dérailler l'intégration Européenne .
a écrit le 02/05/2013 à 16:21 :
Un article qui s'emploie à démontrer des évidences! Qu'y a-t-il de spectaculaire à affirmer que les marchés, par leur affolement, exercent une pression sur les politiques pour rétablir les équilibres économiques? Les marchés, par ailleurs prêteurs aux Etats, ne font que constater la fuite en avant des équilibres économiques de certains pays et réagissent par conséquent par l?augmentation des spreads exigés.

L'auteur semble aussi supposer que les politiques des pays les plus gravement touchés par la crise aient choisi de leur propre chef l'austérité! Quid des diverses pressions internationales dont celles des créanciers les invitant à adopter ces mesures?

Un peu trop naïf cet article. Et pour Finance Watch..J'espère qu'ils sont entourés de meilleurs conseillers.
a écrit le 02/05/2013 à 13:26 :
Hors inflation, les dépenses publiques ont augmenté de 176 milliards d'euros entre 2002 et 2011 quand l'UMP était au pouvoir.

2002 : 964 milliards d'euros 2012 (corrigés de l'inflation)
2011 : 1140 milliards d'euros 2012 (corrigés de l'inflation)
2012 : 1151 milliards d'euros
a écrit le 02/05/2013 à 13:03 :
un budget équilibré, ce n'est pas de l'austérité ...et pourtant 'cette' austérité actuelle en est encore loin.
arrêtons de vivre en endettant/asservisant les générations futures
a écrit le 02/05/2013 à 12:46 :
Les efforts, on demande toujours aux mêmes de les faire. Regardez ce cher fils de FABIUS qui ne paie pas d'impôts sur le revenu , et s'offre un appartement à 7 000 000 d' Euros . Qu'il nous explique comment il faut faire. Ceux qui nous dirigent nous imposent l' austérité qu'ils ne s'appliquent pas à eux mêmes. Ou tout cela nous mènera-t-il ?
Réponse de le 02/05/2013 à 13:56 :
Comment ? Apparemment très simple, il suffit de convaincre votre banquier de vous accorder un prêt de 100% du prix (frais inclus) avec un différé d'amortissement. Si la valeur du bien augmente plus vite que les intérêts cumulés, vous pourrez même revendre votre résidence principale avec une plus value non imposable et rembourser le tout, capital et intérêts, en conservant la différence.
a écrit le 02/05/2013 à 11:18 :
La peur et l'affolement sont les symptômes annonciateurs d'un réel danger que nous ressentons souvent bien avant l'arrivée du danger. Il faut en tenir compte et prévoir l'angle d'attaque du problème. Pour nous le problème est la charge politique de l'économie , il faut restructurer l'état et les collectivités locales , si l'on en ait incapable ! alors faut les supprimer car c'est elles depuis le début des année 80 qui nous envoient dans le décor de cette dette abyssale bientôt 100% du P.I.B.
a écrit le 02/05/2013 à 11:00 :
> Pourquoi cette politique d'austérité a-t-elle été imposée aux nations européennes périphériques? Est-ce la dégradation des fondamentaux économiques qui l'ont rendue inévitable ? Ou l'austérité n'est-elle que la résultante de la panique ayant saisi les marchés qui, à son tour, a tétanisé les dirigeants politiques ?

Les média "oublient" de rappeler que...

1. l'augmentation importante des dettes publiques en 2007-2008 est le résultat du sauvetage des banques. Sauvetage sans condition, naturellement

2. l'augmentation de la dette publique depuis les années 70 est en partie le résultat de baisses d'impôts exigées et obtenues par les possédants

3. les Allemands ont imposé dans le traité européen et lors de la création de l'Euro:
- suppression du contrôle de mouvements de capitaux même entre l'UE et le reste du monde (mais on voit à Chypre qu'un traité ne vaut rien quand il s'agit de survie)
- interdiction aux membres de l'Euroland d'emprunter directement auprès de la BCE et obligation, donc, de passer par les banques, à des taux naturellement plus, voire beaucoup plus, élevés.

On voit le résultat. À quand l'effondrement suite au défaut d'un des État-membres?
a écrit le 01/05/2013 à 21:12 :
Réduction de la dépense publique : François Hollande au pied du mur
http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221171691/reduction-depense-publique
a écrit le 01/05/2013 à 12:13 :
Si les marchés financier n'existait pas il faudrait les inventer! Mais d'où vient cet immense pouvoir si ce n'est de notre naïveté a confier notre propre vie a des éléments extérieurs...compter seulement sur soi-même c'était le crédo de la France avant d'avoir abaissé ses frontières...!
Réponse de le 02/05/2013 à 19:18 :
rien de nouveau sous le soleil.
Les marchands existent depuis des siècles, la spéculation aussi.
Les traders sont tout aussi honnêtes que l'épicier de votre village, pour la simple raison qu'ils font le même métier : acheter et vendre des biens (trader=marchand). Il y a autant de traders corrompus que d'épiciers voleurs (voire beaucoup moins, les sanctions étant largement différentes). Autrefois en caravane, aujourd'hui derrière un ordinateur, quelle différence? Le seul vrai souci est qu'autrefois un marchand qui perdait sa cargaison devait l'assumer avec ses partenaires (voire couler avec son bateau). Aujourd'hui, c'est l'état qui paye. Ce qui est profondément mauvais. Une banque qui fait faillite doit assumer seule. Et l'état n'a pas à intervenir. C'est ainsi depuis la nuit des temps.
a écrit le 01/05/2013 à 11:59 :
La peur accentue les difficultés qui ne seraient probablement que passagères sans elle. Mieux vaut modifier un peu quelques points faibles du système sans accabler Pierre ou Paul, car on s'étripe inutilement via le net !
Par exemple, laisser l'argent à ceux qui en ont et orienter l'économie avec des solutions éprouvées, qui sont : travailler, conserver des jours de repos, économiser, dépenser, réduire les déficits, investir, etc, Peut-être re-travailler quelques heures de plus pour ceux qui ont du travail, si cela peut assurer leur futur immédiat ; règlementer le monde de la finance aussi ; tolérer les élus et leur politique momentanée ; mais surtout : discuter et trouver des accords.
Remarquez que je propose de laisser de l'argent à ceux qui en ont ! En effet ils détiennent une forme de pouvoir, et ils peuvent toujours l'investir pour le bien de tout le monde. De plus ils sont malins, et, dessous, on risque bien de trépasser avant eux ! Et quand on a divisé leur fortune par 60 millions, cela fait pas une si grosse somme que ça par tête de pipe, et qu'une seule fois. Après il faudra toujours travailler.

Et que proposer comme travail ? Cela je n?en sais rien, car je n?ai pas ce don de création. Des entrepreneurs variés l?ont.

Réponse de le 02/05/2013 à 19:14 :
Quand un ménage dépense plus qu'il ne gagne, les difficultés ne sont pas passagères.
Il doit d'abord restreindre fortement son train de vie (austérité = recul du pouvoir d'achat)
Avant de pouvoir rembourser ses dettes (maintien de l'austérité pendant une période de moyen terme (5-10 ans)
Puis de reprendre un rythme de croissance (relancer les dépenses de façon mesurée, sans excès).
C'est du simple bon sens ! Et c'est le seul moyen de s'en sortir !
Certaines idéologies aveuglent vraiment leurs partisans... en quoi la récession en grèce est-elle étonnante? Et elle devrait durer quelques années... En quoi est-ce anormal ? C'est hallucinant que des économistes censés être sérieux ne mettent pas ça en avant ! De plus, le concept "révolutionnaire" de la "panique" des marchés s'appelle l'effet d'entraînement ou effet de masse. Il est connu depuis des siècles : on ne lutte pas contre le marché. Simplement parcequ'il n'est rien d'autre en soi qu'une traduction (avec un temps de retard) directe des fondamentaux économiques. (modulo le fait que certains phénomènes comme l'effet de marque sont régulièrement surévalués, encore une fois à cause de l'effet d'entraînement). Bref. Nihil novi sub sole. La terre tourne, les marchands marchandent, et les gouvernements sont rarement sages, ou honnetes.
a écrit le 01/05/2013 à 10:39 :
Les agences de notations ne doivent pas etre oubliees. 2 ou 3 personnes decident sans pression dans un bureau climatise de l avenir d un pays.
a écrit le 01/05/2013 à 9:02 :
Il y a du vrai dans cette analyse : en effet, dans un moment de danger, on peut faire une action qui provoque un danger plus grand. Par exemple, si vous freinez brusquement sur une route enneigée alors que vous partiez en légère glissade, vous perdez davantage le contrôle du véhicule.
Ramenant ce raisonnement à l'économie, les entreprises entreprennent moins alors qu'un contexte économique apparait moins favorable. Dans le cas d'une voiture il faudrait légèrement accélérer, et, dans le cas d'une entreprise, redoubler de promotion et d'initiative. Se figer, c'est l'accident. Donc c'est bien la peur qui accentuerait la crise. Ceci dit il y a d'autres facteurs envisageables, mais ils seraient secondaires dans une analyse économique. Remarquez que dans le cas d'un produit qui est dépassé ,comme à un moment de notre histoire, les ''fers à cheval'', il faut foncer dans un autre créneau. Et si les dirigeants ont peur d?entreprendre , c?est râpé ! S?il faut investir et que les banques ne suivent pas, c?est râpé idem. Idem si les pouvoir politique se tend ! Idem pour une équipe qui ne joue que la défense ; etc etc.
a écrit le 01/05/2013 à 8:58 :
Tout ceci pour dire que la peur est mauvaise conseillère. C'est pas nouveau, car les marchés financiers ont toujours fonctionné de cette façon. C'est de la psychologie collective.
Réponse de le 01/05/2013 à 12:14 :
Oui, c'est très simple comme explication. De même pour les marchés financiers ! Un programme politique ou économique qui inclurait le bien tout le monde rassurerait tout le monde. Voir sans arrêt le mal total chez les autres empire la situation car plus personne ne veut communiquer et chercher des solutions simples, qui nécessitent des compromis.
Je vous avoue que comprendre la littérature financière ou économique n'est pas facile, alors qui va croire dans la France profonde, dont je fais partie, en une solution qui serait exprimée de manière trop technique ? Cela devient une question de foi en une autorité. Et qui sera cette autorité ? Personne, ou alors un grand nombre de personnes différentes, et c'est la situation actuelle qui perdurera, avec des théories qui s?opposent.
Il y a quelque chose de bien dans toute les théories. Seule une dose de chacune semble fonctionner.
a écrit le 01/05/2013 à 2:49 :
C'est bien la peine de faire si compliqué quand le but est de nous ramener une fois de plus sur le diktat keynésien. Par ailleurs, il n'y a aucune rigueur dans ce texte, où l'emploi du "donc" vient inciter à penser qu'une démonstration vient d'être donnée, alors qu'il ne s'agit que de sophismes affligeants. Beaucoup trop de journalistes, de militants et de commerciaux se prétendent aussi économistes! De toutes les manières, on ne peut décrire un système en étant de l'intérieur, sans même prendre la peine de gagner un poste plus élevé d'observation. La seule chose qui soit exacte, c'est que les peuples d'Europe sont saignés, mais les causes et les responsables sont (soigneusement?) "oubliés".
Réponse de le 02/05/2013 à 0:21 :
Et vous Barmanu, de quel promontoire vous parlez avec cet aplomb ? Avec quelle formation ?
Vos généralités restent ce qu'elles sont sans développer, du vent.
a écrit le 30/04/2013 à 19:58 :
Le syst? est juste en train de s'effondrer et personne n'a la solution, voil?out !
Réponse de le 30/04/2013 à 22:38 :
Le système se tient tout seul. Certains essayent de le mettre en état instable pour se faire du pognon à la montée et à la descente car on ne se fait pas d'argent sur un système stable.
a écrit le 30/04/2013 à 19:06 :
Cet économiste navigue toujours sur les deux mêmes erreurs:
1/ les politiques ont un pouvoir de nuisance réel mais aucun pouvoir d'innovation et de devellopement autrement qu'en ponctionnant ce qui fonctionne et qui de ce fait fonctionne moins bien.
2/les marges d'influence des actions macro-economique sont efficaces si de courte durée, on ne pet pas modifier les fondamentaux a court terme.
Donc après 30 ans d'expédients macro économiques, l'effet est totalement épuisé, on a le choix entre baisser les charges, (ce qui s'appelle l'austérité uniquement pour les assistés, mais la liberté pour les autres)ou la mort. Ce que vous appelez la panique est juste un dernier réflexe de survie.
Réponse de le 30/04/2013 à 21:14 :
clarifier ,s.v.p. nous n'avons pas bien compris .que les politiques est un pouvoir de nuisance ,mais pas d?innovation , ça se discute .mais ,concernant l'innovation ,on croit savoir que c'est ce qui manque ,avec une forte valeur ajoutée , dans les entreprises françaises .et ça ce n'est pas du ressort des politiques ,de quel bord qu'il soient .
a écrit le 30/04/2013 à 16:35 :
Les marchés ne gouvernent pas. Ils évaluent en permanence le risque et le rendement pour réorienter leurs placements. L'austérité drastique décidée par les gouvernements quand les taux s'envolent peut laisser penser que ce sont les marchés qui l'imposent, ce qui donne à ces gouvernements, un alibi pour poursuivre, aggravant la crise et accentuant la sanction des marchés.
a écrit le 30/04/2013 à 16:05 :
Il y a tout de même une explication plus fondamentale que de la technique monétaire. L'origine rationnelle sinon mentale est dans la loi commune établie de création de valeur et de croissance. Face à l'échec du dialogue Nord-Sud, au choc pétrolier induit par le glissement du dollar avec l'inflation, la solution trouvée a été dans la libération des "folles" enchères de tout et de rien, afin de créer ainsi de la valeur et de la croissance. Les principes de comptabilité ont été revus avec les actifs à valoriser au prix du marché. La dérégulation et la désintermédiation financière ont libéré toute l'inventivité financière imaginable. Dix à vingt ans, maintenant trente ans ont suffi à faire exploser le volume des échanges, avec les adaptations mercantiles au détriment de l'ingéniosité. La liquidité a remplacé la solvabilité pour faire tourner les pales des moulins des bourses. Les Etats initiateurs du nouveau Système universalisé ont été les commanditaires d'une Finance réorganisée par le monétarisme de déflation des taux qui détruisait la rentabilité de la classique intermédiation bancaire. La banque s'alliant à l'assurance a fait le commerce de ses produits sophistiqués voire virtuels ou douteux en sortant le risque de ses bilans pour le transférer aux propriétaires de ses produits ou véhicules fabriqués en cellules centralisées ; ce fut la titrisation dans les enchères des marchés boursiers qui, de surcroit, évitait à la banque un besoin de renforcer ses fonds propres. Aujourd'hui, malgré les bulles éclatées, le krach boursier de 2007/2008 et la crise interminable, Etats commanditaires et Finance commanditée se tiennent par la barbichette, et restent figés devant l'ampleur du désastre, mal camouflé dans les bad ou shadow banking et l'inondation de liquidités, contre des titres pourris dans les Banques Centrales. Par euphémisme le DSK du FMI disait que la solution était de savoir prendre ses pertes. La troïka a excellé en Grèce avec ses volontaires privés désignés au sacrifice , mais ça ne suffit pas. Les trillions de créances pourries ou fausses font peur tant ils sont emmêlés et dispersés. L'austérité est la mutualisation trouvée des pertes que refusent les créanciers. C'est toute la panique.
a écrit le 30/04/2013 à 15:35 :
Tien ca faisait longtemps qu on avait pas entendu parler des vilains marches responsables de tous les maux de l Europe. Pourquoi ne pas aller encore plus loin: si les pays europeens ne veulent pas rendre de compte aux marches individuellement, ils n ont qu a emmetre des eurobonds via la BCE et puis on n en parle plus.
a écrit le 30/04/2013 à 14:54 :
Tout a fait exact et plausible mais un article dans le vent qui vient trop tard, au surplus en appui de la ligne déjà tenue. Santi joue le commercial d'un produit déjà élaboré qu'il s'agit de placer dans l'opinion. Nos "élites" sont nulles, il suffit d'écouter certaines radios économiques pour s'en convaincre. Il était possible de l'accepter -finalement elles feraient tôt ou tard le nécessaire- dans une économie de croissance, celle passée de l'après guerre, lorsque notre pays venant du stade de sous développement dans lequell l'avait jeté la révolution française, évoluait vers une normalisation nécessaire. Plus maintenant. Le triste exemple en est les deux derniers gouvernements, l'un Sarkozy ne savait pas qu'il y avait une crise (!) puis, informé, a décider de "sauver" le monde ! Il croyait maîtriser l'économie et la faire aller à sa main. L'autre Hollande, enfin conscient d'une crise, pensait qu'elle allait se résorber naturellement comme inscrit dans son livre d'histoire de l'économie; aussi a-t-il laissé libre cours à une hystérie socialiste que l'on croyait révolue. Tous les deux -et leurs conseillers, c'est à dire l'ensemble des élites auto proclamées- agissent avec la pensée d'un autre âge, utilisant par la pire démagogie et traitant de populiste (?) tous ceux qui ne sont pas d'accord. Alors, la France cherche autre part, pas au centre car la droite et la gauche n'existent pas, elles ne sont deux folies exacerbées pour la conquêtze du pouvoir. Ils cherchent une voix(e) qui les guide sans les heurter en protégeant l'intérêt national qui est fianalement celui la même des français.
a écrit le 30/04/2013 à 14:30 :
Les marchés financiers ne sont plus guidés par des hommes, mais par des algorithmes qui réagissent à la milli-seconde.
Comment ramener ces algorithmes à la raison ? Taxe Tobin ?
a écrit le 30/04/2013 à 13:57 :
La fuite en avant dans les déficits publics ne peut être une solution. Les marchés ont parfaitement anticipé. Contrairement à la fuite en avant qui accentue les déséquilbres, l'austérité est propice au redéploiement des forces économiques. Tout ce qui est superflu apparaît au grand jour. C'est la période du zero-based-budgeting, de l'examen de conscience. Matés par la BCE qui a sapé leur pouvoir d'accélérer les catastrophes financières par la spéculation, les marchés se sont calmés. Mais aussi ils ont pris conscience que les état ne laissent plus filer leur dette car, en Europe, ils peuvent faire défaut. La suite va s'exprimer dans les résultats des différents régimes d'austérité mis en place selon le plus d'état ou moins d'état.
Réponse de le 30/04/2013 à 15:06 :
Inexact. Il s'agit d'un simple discours de surface. En réalité la dette -c'est à dire le crédit : n'oublions pas de regarder les deux colonnes du bilan d'état- est rélative. Elle n'a pas d'autre valeur. Il ne nous est pas possible de laisser filer le crédit/dette du Japon pour tenter de le sauver pour d'autres raisons, tout en réduisant la notre. Il n'est pas possible d'accepter le Q.E américains de la même manière ou le fiancement indirect du développement de la Chine. Le crédit/dette est efficiant économiquement même si l'on jette l'argent par les fenêtres. La question est d'adosser mieux ce crédit/dette à des actifs tangibles et probants de long ou moyen terme, donc de mieux l'utiliser. Nos élites ont tenté l'hypothèse d'un arbitrage en faveur des grandes entreprises contre les petites et la population. C'est ce calcul qui pose problème, lié à la réelle connaissance de qui fait quoi et qui peut quoi ? Le terme de "déficit" public est d'ailleurs erroné dans son fondement.
Réponse de le 30/04/2013 à 16:46 :
"Le terme de "déficit" public est d'ailleurs erroné dans son fondement" entièrement d'accord avec vous c'est rare de lire une telle phrase!.
a écrit le 30/04/2013 à 13:50 :
Les économiste marxo-keynésiens ont le vent en poupe en ce moment, même s'ils ne savent que préconiser une chose : toujours plus d'endettement ! :)
Réponse de le 30/04/2013 à 14:29 :
je ne sais pas si ces économistes ont le vent en poupe ,mais on voit les dégâts causés depuis 30 ans par les les politiques inspirées par l'école de Chicago . pile je gagne ,face tu perds .appauvrissement des classes moyennes ,endettement de celles -ci puisque la part de la valeur ajoutée qui aurait dû leur revenir lui a été substituée etc...etc ... fraude fiscale ,paradis fiscaux complétant le tableau .banques qu'il faut sauver avec l'argent du contribuable . ceci n?exonérant pas de gérer efficacement un pays .
Réponse de le 30/04/2013 à 14:33 :
Keynésiens, sans doute. Marxistes, je ne vois pas.
Si vous trouvez une once de Marx dans cet article, merci de préciser.
Réponse de le 30/04/2013 à 15:16 :
L'économie de l'école de Chicago, @pm, est celle d'un momentum, ou comment utiliser le crédit qui sera fourni a profusion. La théorie dite de Keynes est un robinet de création monétaire. En réalité ces deux concepts sont complémentaires et non ennemis. Si l'on peut dire la gauche et la droite se rejoingnent en donnant une présentation différente du même trajet. Il faut en effet utiliser au mieux ce qui sort du robinet !

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