Sarko II, au-delà du flou

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Moqué par la presse pour son score décevant lors de l'élection du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy dispose en réalité de nombreux atouts. Par Jean Christophe Gallien, Président de JCGA, Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne*

Dans sa défaite mesurée de 2012, Nicolas Sarkozy avait poussé la porte d'une suite politique possible sinon probable. Puis vinrent les hésitations du Commandeur, sa dolce vita avec Carla vendue aux magazines people, ses envies de fortune financière, les affaires qui s'enchaînent pour la classe politique, pour « son UMP », et surtout pour lui-même. Et le doute: reviendra-t-il ? et même pourra-t-il revenir ?
En cette fin d'automne 2014, le doute est levé. Il est bel et bien revenu dans l'arène !
S'il n'y a pas vraiment de « Sarkonostalgie », loin du plébiscite espéré, avec 64,5%, sa victoire est totale. Il a su transformer une audience médiatique et populaire, toujours réelle, en victoire au sein de son parti, l'UMP. Deux ans et demi après sa défaite, Sarko's back !Nicolas Sarkozy reste en vie politique et redevient chef d'un parti. Pour l'instant !
Nous l'écrivions dans ces colonnes, il n'avait plus vraiment le choix, même à moins de trois ans de la présidentielle, il se devait d'accélérer son retour ou accepter de s'effacer, inexorablement.

Rebâtir un leadership

Son leadership, son autorité ont été très contestés ces derniers mois. D'abord par l'envie de certains de le voir définitivement tourner la page et de sortir de la vie politique. Mais aussi par d'autres, plus proches, qui regrettaient le doute né de l'incertitude d'un retour annoncé mais sans cesse repoussé.
Le voilà désormais de retour face au réel et aux responsabilités. Et dans un premier temps face au défi d'un parti et d'un leadership à rebâtir avant de penser à davantage. Et ce premier défi n'est pas simple à relever, avant même la fin de son mandat présidentiel, l'UMP est devenu une sorte de PS de droite. Une féodalité remplie de barons ambitieux se rêvant tous rois en s'appuyant sur une galaxie de fiefs, tribus, courants ou clubs de militants ou de sympathisants.

Un choix entre deux méthodes...

Nicolas Sarkozy va devoir choisir ou alterner entre deux méthodes et entre deux lignes politiques. Concentrons nous d'abord sur la méthode.
Il y a le « tout changer » comme il le dit lui-même et le réclament certains comme Laurent Wauquiez. A commencer par le nom du parti et la primaire prévue en 2016. Une démarche de nettoyage en profondeur que ne renierait pas le Sarko 1, celui de 2007. Celui de l'autorité, chef naturel respecté et redouté, futur guide légitime de la France.
Il y a déjà là, comme une contradiction difficilement soluble avec l'affirmation, répétée encore dimanche soir sur TF1, de la volonté de Nicolas Sarkozy de « rassembler » pour réaliser dans le respect des différences, une synthèse toute « hollandienne » des ambitions et divergences multiples qui traversent désormais sa famille politique.

... et deux lignes

Au delà des choix de la méthode Sarko 2, c'est sa ligne politique, sa narration qui demeurent floues. Là aussi entre ses contradicteurs Hervé Mariton et Bruno Le Maire ou au sein même de son clan entre Laurent Wauquiez et Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore entre les candidats à la présidentielle François Fillon et Alain Juppé, la synthèse si Nicolas Sarkozy la souhaite vraiment, sera délicate. Et au delà, avec la poussée électorale du FN, la banalisation de sa vision et la dynamique Marine Le Pen, le rapport de la droite avec l'extrême droite fait débat au sein de l'UMP. Investir les thèmes de sensibilité de l'électorat FN ou pas, alliances électorales ou pas. Ce débat en appelle par symétrie un autre, quelles relations au centre, à l'UDI et surtout au MoDem ?

Trois atouts majeurs

Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire seront bientôt en Allemagne pour rendre visite à la Angela Merckel. C'est peut-être chez elle que se trouve la réponse. Notre voisine qui sait parfaitement gouverner son alliance nationale sans renier sa vision ni perdre une once de son leadership national et européen.
Au final, Nicolas Sarkozy peut se rassurer, il possède désormais trois atouts vraiment discriminants sur ses adversaires directs.
Deux que nous connaissions avant le dernier week end. Il a davantage de fidèles, de vrais supporters, que les autres et il fait vendre, et les médias, en profonde difficulté économique, en raffolent.
Le troisième: devenu chef du parti, il va bénéficier d'un agenda électoral favorable avec, en mars et décembre 2015, des scrutins départementaux et surtout régionaux très prometteurs. Dans ces conditions, contester son leadership en 2015 et surtout en 2016 sera plus que délicat dans un parti que Nicolas Sarkozy contrôlera chaque jour davantage et aura remodelé sous couvert, n'en doutons pas, de libération de la parole des militants et en les appelant à décider par des consultations ou autres référendums internes sur les questions d'organisation mais aussi de la primaire. Ses nombreux adversaires pourront-ils lutter contre ces enchaînements?
Reste pour eux le scénario catastrophe, si Nicolas Sarkozy est rattrapé par un juge ...

*Président de j c g a, Politologue
Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne
Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 03/12/2014 à 11:21 :
Maintenant, JCGA se proclame politologue... quelle prétention ! JCGA's back... comme il dit si bien.
a écrit le 03/12/2014 à 8:12 :
Un peu tristounet de constater que le futur de la France se joue dans un cercle restreint de petites gens plus préoccupés de calculs et stratégies électorales, que du futur de la France. Or, de plus en plus de tensions apparaissent avec les acteurs de la sociétés, qui eux, vont permettre de sauvegarder l'essentiel c'est à dire les habitudes de consommation de nos populations: chefs d'entreprises, voire responsables syndicaux, et investisseurs. Tous sont en train de lâcher prise et de passer en mode pessimisme absolu. Sommes-nous condamnés à une révolution par le haut?
a écrit le 02/12/2014 à 19:30 :
Avec quelques enveloppes, ça devrait le faire...
a écrit le 02/12/2014 à 15:47 :
Effectivement il arrivera sans difficulté à écarter Juppé, avec les mauvais coups dont on le sait capable. Mais une fois Juppé out, comme la nature a horreur du vide, il est probable que Bayrou se présente et serve de valeur refuge pour une grande partie de la droite et de la gauche. Ensuite, il est possible qu'Hollande ne se représente pas et si c'est un Valls par exemple, ceux qui ont voté contre Sarkozy il y a deux ans le referont sans problème.
Réponse de le 02/12/2014 à 18:19 :
Pour moi, vu son score au sein de son parti...il ne peut pas revenir à l'élysée! Amoins qu'il nous sorte un programme intérressant, et il ne convaincra pas les français de sa capacité à l'appliquer. Je pense qu'il est grillé, aussi parce que les gens n'ont pas vraiment envie de se le payer encore 5 ans!
a écrit le 02/12/2014 à 15:39 :
Très bonne analyse. Très bon papier. Reste que l'autre "problème" de Sarkozy, c'est la défiance. Il a montré qu'il pouvait dire et faire, tout et son contraire. Il n'est pas fiable, pas sincère, pas constructif mais au contraire, intéressé et manipulateur. C'est ce qui fait dire que, même si les adhérents de l'UMP ont voté à 64,5 pour lui, la majorité des citoyens français de droite, le rejette. Et, ce sont eux qui voteront pour les présidentielles. Par conséquent, Sarkozy sera de nouveau, l'homme qui a fait perdre la droite !
Réponse de le 02/12/2014 à 16:12 :
Le vrai probleme de Sarkosy ce sont ses casseroles.
Réponse de le 02/12/2014 à 18:16 :
Non, non "même si les adhérents de l'UMP ont voté à 64,5 pour lui" n'est pas exact puisque la moitié n'ont pas voté. En réalité, il n'a eu que 35% des adhérents...
Réponse de le 02/12/2014 à 21:12 :
Comme quoi ça prouve l'absurdité des votes politiques... Élus a l’unanimité de 64% des votants... Et que fait on de l'avis de ceux qui ne veulent ni de l'un ni de l'autre et qui ont voté blanc (ou pas voté du tout sachant que le vote blanc non seulement il n'est pas pris en compte mais en plus personne n'en parle)? Poubelle?
a écrit le 02/12/2014 à 14:59 :
je trouve, pour ma part, profondément débile vos commentaires sur les particularités physiques des uns et des autres , la taille de Sarkosy par exemple en faisant référence en permanence à ses talonnettes, franchement émanant de pseudos humanistes de gauche ça vole vraiment pas haut! (c'est le cas de le dire)...onparle peu des puissants abdominaux de Hollande!
Réponse de le 02/12/2014 à 16:07 :
Qu'on le veuille ou non c'est quand meme bien le petit bonhomme aux talonettes.
Réponse de le 02/12/2014 à 21:14 :
Oui et c'est bien lui aussi qui annonçait qu'il se retirait de la politique en 2012... Son mensonge aura durée moins longtemps que ces magouilles...
a écrit le 02/12/2014 à 14:54 :
le scénario catastrophe c'est: NS (la peste), FH (le choléra) et MLP (l'aventure)...que vont choisir les français à votre avis?
a écrit le 02/12/2014 à 14:31 :
Le fait que NS veuille (c'est son unique but) être au 2° tour en 2017 (il aura 62 ans...) ouvre un boulevard à MLP. Laquelle apparaîtra moins dangereuse que lui. En 2007 il avait tous les moyens (assemblée "à sa botte"), et il a failli (sauf pour certains qui s'en félicitent encore lors de l'évaluation de leur patrimoine...). L'électorat a tranché en 2012. Comme d'habitude, la France a voté CONTRE. Et il n'y a pas de raison que ce ne soit pas le cas en 2017. Or MLP (vierge de compromission voyante) ne se privera pas de l'attaquer, et sur son bilan, et sur son absence de projet/vision (on évitera le "hauteur de vue"...). Comme elle n'est pas susceptible d'obtenir une majorité au Sénat, et probablement à l'assemblée non plus, l'électorat aura beau jeu de dire "pourquoi pas ?". On pourrait utilement rappeler au 64,5% des 50% de 250 000 adhérents de l'UMP que les inscrits avoisineront 47 000 000. Le chemin sera long. Plus long que la remontée de Napoléon au retour de l'île d'Elbe. Lequel avait (lui) eu l'élégance de ne pas s'accrocher plus de 100 jours...
Réponse de le 02/12/2014 à 15:32 :
MLP paraitra d'autant moins dangereuse qu'elle utilisera le référendum comme moyen d'assurer une politique en accord avec les français!
Réponse de le 03/12/2014 à 11:00 :
Référendums pour un parti autoritaire ? Quelle blague, regardez dans l'histoire.
a écrit le 02/12/2014 à 13:23 :
Dans son parti à la dérive, il s'impose comme recours...attendons toutefois les divisions qui ne vont pas manquer d'apparaître au grand jour.... car chacun des prétendants à l'investiture pour 2017 voudra "exister"....mais pour la future présidentielle, les Français n'en veulent pas, il a laissé trop de mauvais souvenirs...et de suspicions..Il n'a pas changé contrairement à ce qu'il affirme et est toujours aussi démagogue et autoritaire...et ne semble pas prêt à partager le pouvoir, d'ailleurs son premier geste a été de proposer un comité de vieux sages (anciens premier ministres de droite) pour mieux les mettre au placard ?????
a écrit le 02/12/2014 à 12:38 :
Vous oubliez juste qu'il est complètement rejeté par les français .ces magouilles et son arrogance l'empêcherons de revenir
a écrit le 02/12/2014 à 12:19 :
Candide semble l'adjectif qu'il convient. Bien sur tout est possible, que NS devienne Merkel, etc mais NS a une histoire et sauf a tout change chez lui on voit pas comment ce conte de fees va se realizer. Ce M. est incapable de jouer collectif, de construire des victoires durables. de faire prevue de startegie. Il est dans le movement permanent, seule la victoire par KO dans les premieres secondes est une victoire, etc
a écrit le 02/12/2014 à 11:47 :
En réalité, Sarkozy n'a eu que le tiers des votes des militants... puisque la moitié des adhérents UMP n'a pas voté.

Ceci montre que Sarkozy ne fait pas l'unanimité dans son propre parti et qu'il reste un candidat clivant.

Pour François Hollande, c'est le meilleur opposant ; celui qui lui permettra de limiter la casse pour son parti aux prochaines élections. Il fera donc tout pour que les affaires se rapprochent, mais ne le rattrapent pas. Il faut donc lui laisser ouverte la porte des médias, laisser s'exprimer ses fans... tout en laissant les juges continuer à fouiller et montrer combien cet homme est détestable.
a écrit le 02/12/2014 à 11:36 :
ce que veut NS c est d avoir au minimum 20% de votes en sa faveur au premier tour en 2017.
son calcul est simple arriver au 2 eme tour des élections présidentielles .soit être en face de marine le pen et il fera comme chirac soit en face d un socialiste et là il le laminera .voila CQFD
a écrit le 02/12/2014 à 11:35 :
Les médias peuvent l'aider à le faire élire, ça en dit long sur ce qu'est devenue la démocratie.
D'où l'intérêt de l'indépendance de la justice, de ces juges qu'il voulaient supprimer.
$arkozy de Nagy Bocsa: Bateleur, menteur, bonimenteur, profiteur. Pas de ça pour la France n'en déplaise aux $arkozydolâtres. Tout sauf $arkozy de Nagy Bocsa et évidemment pas de Le Pen. Vu la foire d'empoigne qu'il va y avoir à l'UMP, Hollande à de beaux jours devant lui.
a écrit le 02/12/2014 à 11:33 :
N Sarkozy devrait commencer par être clair sur son projet !
a écrit le 02/12/2014 à 11:14 :
le petit bonhomme a talonettes essaye par tous les moyens d'echaper a ses multiples casseroles.
a écrit le 02/12/2014 à 11:03 :
Sarkozy a commis une faute indélébile en affirmant: "l'écologie, ça commence à bien faire". Qu'elle est son opinion maintenant?
Réponse de le 02/12/2014 à 11:17 :
C'ets tout le contraire d'une faute, les gens ont en marre de l'écologie punitive et complètement débile qui ne vise qu'à couler le pays pour strictement aucun bénéfice environnemental réel.
a écrit le 02/12/2014 à 10:52 :
Votre théorie est vaine, car ce monsieur sera rattrapé et heureusement par les affaires ne serait-ce que l'abus de biens social "BYGMALION" . Le vrai drame pour nous tous et pour la justice serait qu'il reprenne le pouvoir , pour l'instant il amuse la galerie et demeure insupportable sur le fond.
a écrit le 02/12/2014 à 10:36 :
Il acceptera toute "les synthèses" d'où qu'elle vienne, le principal pour lui c'est d'être choisi par "la finance" et de prendre le pouvoir! Il n'a pas de programme, qu'en ferait il?

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