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Au service de l’Alliance et de son avenir

Ted Colbert

Publié le 04 janvier 2023 à 07:00 - Mis à jour le 04 janvier 2023 à 13:31

Colbert

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DR

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Boeing, qui est l'un des piliers industriels de l'OTAN, préconise de nouveaux partenariats pour combler et renforcer les capacités des armées européennes. Par Theodore Colbert III, Président-Directeur Général de la division Défense, Espace & Sécurité (BDS) de Boeing.

L'année qui s'achève a été révélatrice de la fragilité de la paix et de la sécurité aux quatre coins du monde, mais également de l'importance de maintenir des liens transatlantiques forts. Des menaces complexes et en constante évolution ont propulsé l'Europe et l'OTAN dans une nouvelle réalité sécuritaire qui rappelle avec brutalité que la stabilité du Vieux Continent est un enjeu majuscule pour l'ensemble de la planète, renforçant l'engagement des nations alliées envers l'Alliance.

La consolidation de l'environnement de sécurité de l'Europe requiert un effort collectif de la part des nations, des partenaires et des industriels. Le nouveau concept stratégique de l'OTAN souligne la nécessité cruciale d'intensifier la coopération avec le secteur privé pour maintenir la prévalence militaire de l'Alliance. L'augmentation soutenue des dépenses consenties par de nombreux pays européens est primordiale pour garantir l'existence d'une base industrielle dont la taille permet à l'Alliance de relever ses défis militaires à court terme. À plus longue échéance, une collaboration étroite entre les industriels et les pouvoirs publics entraînera des transformations positives dans des domaines clés, garantissant la résilience durable et la sécurité collective de l'OTAN.

Contribuant activement au maintien en état de disponibilité opérationnelle de 25 forces armées européennes, les plateformes et services de Boeing font partie intégrante des opérations militaires, de maintien de la paix et d'aide humanitaire de l'OTAN et de l'Europe. En notre qualité de leader mondial de l'aéronautique et de la défense, nous honorons l'engagement pris il y a plusieurs décennies : soutenir l'OTAN dans ses missions grâce à des capacités existantes et nouvelles qui jettent les bases de l'avenir de l'Alliance grâce à des technologies avancées.

Accélérer le remplacement des capacités vieillissantes

La flotte d'avions Boeing E-3A dotés d'un système aéroporté de détection et de contrôle (AWACS) dont dispose l'OTAN témoigne d'une coopération industrielle transatlantique fructueuse. Cette plateforme intègre les meilleurs systèmes disponibles de part et d'autre de l'Atlantique pour donner naissance à la première capacité de gestion de l'espace de combat aérien au monde. Composante essentielle du haut niveau de préparation actuel de l'OTAN, cette flotte d'AWACS fournit aux forces alliées des connaissances de la situation, ainsi que des capacités aéroportées de détection lointaine et de contrôle (AEW&C) qui contribuent depuis plus de quatre décennies au maintien de la paix dans le monde — de l'ex-Yougoslavie à l'Afghanistan, et aujourd'hui en Ukraine.

À l'heure où la flotte vieillissante d'avions E-3A est de plus en plus sollicitée, l'OTAN doit agir avec célérité pour procéder à une transition sans heurts vers la prochaine génération d'AWACS et ainsi éviter de créer un vide dans cette capacité de défense essentielle.

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L'OTAN étudie actuellement les futurs concepts de commandement et de contrôle aériens dans le cadre de sa future capacité de surveillance et de contrôle, le programme ASFC (Alliance Future Surveillance & Control). L'équipe industrielle transatlantique de Boeing est fière de participer à ce programme et d'en exécuter la phase de réduction des risques. Conscients de la nécessité d'agir sans délai, les Alliés ont entériné en juin une stratégie visant à assurer « une continuité dans la livraison des appareils AWACS de nouvelle génération ».

On ne saurait trop insister sur l'importance d'une approche accélérée visant à combler l'absence de capacités AEW&C laissé par le retrait des avions E-3A. Première plateforme mondiale de gestion des combats aériens, le Boeing E-7 occupera une place essentielle dans l'architecture de commandement et contrôle aériens (AirC2) de type « système de systèmes » que choisira l'Alliance. Il est important de souligner que l'E-7 a fait ses preuves en situation de combat et qu'il facilitera la mise en œuvre intégrale de la future capacité de surveillance et de contrôle (ASFC) tout en intégrant de nouvelles technologies.

Combler les manques de capacités critiques

Plusieurs décennies marquées par des dépenses insuffisantes, ainsi que des processus d'achats interminables ou interrompus en Europe, ont provoqué d'importants manques de capacités, tous domaines confondus. Il reste beaucoup à accomplir, mais les récents engagements pris par les Alliés européens en vue de dépenser davantage pour la défense et de procéder aux acquisitions nécessaires à un rythme soutenu constituent un pas en avant majeur. Pour notre part, nous nous engageons à aider l'ensemble des Alliés et des partenaires à renforcer leurs capacités de défense.

L'actualité récente a démontré que les capacités d'attaque électronique (EA) avancées et la suppression des défenses aériennes ennemies occupent une place essentielle dans les combats de haut niveau. Le déploiement d'avions de guerre électronique EA-18 Growler de l'US Navy en Allemagne souligne l'importance de cette capacité critique pour la région. L'OTAN et d'autres pays européens ne sont pas encore dotés d'une force d'attaque électronique avancée. Le déploiement continu d'avions Growler à travers l'Europe par le biais d'accords stratégiques et multilatéraux de partage du fardeau entre nations alliées de l'OTAN permettra de combler un manque de capacités crucial. Une approche collaborative soutenue par l'Alliance contribuera pour sa part à maintenir l'interopérabilité et la disponibilité opérationnelles de la force expéditionnaire européenne d'attaque électronique.

Maximiser les 2 % grâce à des achats plus efficaces

L'OTAN joue un rôle clé dans l'optimisation des dépenses en offrant à ses Alliés européens la possibilité d'adopter un modèle de mutualisation et partage qui permet à chacun de bénéficier au meilleur coût des capacités d'une plateforme partagée. La capacité de transport aérien stratégique (SAC — Strategic Airlift Capability) de l'OTAN est à cet égard exemplaire.

En achetant des heures d'exploitation, et non des plateformes entières, les partenaires du programme SAC se dotent d'une capacité garantie grâce à une flotte de C-17. Ce modèle peut être élargi à d'autres priorités, telles que les missions de patrouille maritime ou les avions d'entraînement. Un tel partage des ressources peut inciter les pays, indépendamment de leur taille, à montrer l'exemple en comblant des manques de capacité critique au sein de l'OTAN pour une fraction du prix.

Éviter les doublons

Si l'innovation se nourrit d'une concurrence florissante, il convient d'éviter toute duplication inutile des efforts au terme desquels le combattant dispose de capacités inférieures malgré une hausse des dépenses.

En Europe, des projets tels que la Capacité Giravion de nouvelle génération (NGRC) voient le jour tandis que des initiatives similaires apparaissent aux États-Unis avec le futur aéronef à décollage vertical FVL (Future Vertical Lift). De l'autre côté de l'Atlantique, les États-Unis choisiront leur plateforme dans le cadre de l'initiative FLRAA (Future Long Range Assault Aircraft) qui partage de nombreuses exigences avec la NGRC — et ce, au moment même où l'Europe commence à étudier son propre concept d'hélicoptère du futur.

Pour accélérer les acquisitions et tirer parti de concepts arrivés à maturité, la coopération est primordiale, en ce sens où elle permet d'exploiter les synergies, d'assurer l'interopérabilité et d'éviter les doublons.

Les partenariats, clés des succès futurs

Il est important d'exploiter les capacités aéronautiques disponibles localement pour fournir à nos clients des solutions qui répondent à leurs exigences et préservent la sécurité des approvisionnements. Il s'agit, d'une part, d'apporter le juste niveau de technologie et, de l'autre, d'offrir des opportunités de prospérité au plan local tout en faisant en sorte de contribuer à l'autonomie industrielle et au développement de solutions de soutien disponibles sur place pour nos clients.

Les partenariats formés avec SAAB pour l'avion d'entraînement avancé T-7 Red Hawk et les bombes de petit diamètre lancées depuis le sol (GLSDB — Ground-Launched Small Diameter Bomb), ou avec NAMMO sur le projectile RamJet 155, sont exemplaires sur le double plan du développement et de la production. Boeing Defence UK et les programmes de support logistique axé sur la performance PBL pour les hélicoptères CH-47 et AH-64 et le ravitailleur KC-767-A, sont autant d'exemples d'une capacité de soutien indigène en appui de nos clients.

Développer et adapter les capacités le plus vite possible

Il est primordial d'agir rapidement dans un paysage technologique en constante évolution. Boeing a pour vocation de fournir à ses clients les solutions numériques les plus avancées, produites aussi simplement et aussi efficacement que possible en bénéficiant d'un support intelligent. Nous souhaitons que la flotte aérienne mondiale continue de voler de manière sûre et efficace grâce à une capacité d'innovation axée sur les données. À titre d'exemple, notre avion T-7 a été développé au moyen de technologies numériques, ce qui a lui permis de passer des écrans d'ordinateur au premier vol en l'espace de seulement 36 mois — un exploit remarquable pour nos clients et un aperçu de l'art des possibles.

Pour préserver sa prépondérance sur le plan militaire, l'OTAN doit être capable d'adopter les nouvelles technologies à une vitesse adaptée aux besoins du combattant. À cet effet, l'Alliance doit gagner en agilité dans son approche de l'innovation et tirer parti des progrès de la technologie tout en veillant à ce que les exigences de l'utilisateur final demeurent au cœur de tout ce que nous entreprenons. Dans ce contexte, Boeing s'engage à accompagner l'OTAN dans sa démarche de transformation numérique.

Vers un avenir davantage durable pour la défense

Dans le droit fil des efforts sociétaux entrepris pour lutter contre le changement climatique, les forces armées doivent elles aussi réduire leur empreinte carbone. Je salue le leadership de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, dans les domaines du climat et de la défense. Nous y voyons l'opportunité pour les armées de l'OTAN de créer un avantage opérationnel dans l'espace de combat moderne, car une armée davantage axée sur la durabilité est une armée plus résiliente et plus performante.

La réussite et la sécurité du combattant sont nos deux priorités absolues. En intégrant la durabilité dans le cycle de vie de nos produits, nous pouvons améliorer ces attributs. L'exploitation de bimoteurs modernes tels que l'avion de détection lointaine et de contrôle Boeing E-7 et le ravitailleur KC-46 augmente l'efficacité opérationnelle tout en réduisant le niveau d'émissions. De même, l'utilisation d'un environnement d'entraînement synthétique moderne avec le Boeing T-7 ou le système Gladiator de la Royal Air Force prépare les combattants sans solliciter la cellule ni consommer de carburant. En outre, le recours à des technologies de modélisation pour concevoir et produire nos avions T-7 réduit les délais, les coûts, les reprises et les déchets de matériaux, et améliore le niveau de qualité de façon significative, conférant à nos forces armées une longueur d'avance sur la courbe de l'innovation de rupture.

Enfin, les carburants aviation durables représentent une technologie éprouvée, prête à l'emploi qui est déjà en cours de déploiement sur les vols commerciaux et qui apporte une solution incontournable aux problématiques de décarbonation de l'aviation de défense. Les militaires peuvent jouer un rôle clé en accélérant la mise à l'échelle commerciale du carburant aviation durable, créant ainsi une industrie SAF à l'intérieur des frontières de l'OTAN, tout en exerçant un impact positif sur la sécurité énergétique.

Une résilience unie

En mars 2022, le secrétaire général de l'OTAN a déclaré : « Tant que nous restons unis, nous sommes également en sécurité ». Chez Boeing, nous croyons, et apportons notre soutien sans faille au renforcement de la coopération transatlantique pour que les Alliés de l'OTAN conservent un avantage concurrentiel dans un paysage de la sécurité et de la défense en rapide évolution sur toute la planète.

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Nous sommes déterminés à pérenniser notre tradition de soutien à la mission réaffirmée du Pacte de défense transatlantique. Nos solutions de défense sont disponibles pour contribuer à combler les manques de capacités de l'Alliance. La poursuite de nos investissements et la formation de partenariats dédiés aux technologies durables de nouvelle génération donneront au combattant de l'OTAN un temps d'avance sur leurs adversaires.

Ted Colbert

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