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Avec le recul, un bilan bien maigre de la COP21

Photo de Ivan Best

Pascal de Lima

Publié le 02 juin 2016 à 05:15 - Mis à jour le 02 juin 2016 à 14:24

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Aux yeux de l'économiste, et avec quelques mois de recul, le bilan de la COP21 apparaît bien maigre. Par Pascal de Lima, économiste

L'accord issu de la COP 21 a in fine consisté à maintenir à moins de 2° le réchauffement climatique. La planète, ne devra plus produire de Gaz à effet de serre après 2050. Les fonds dédiés aux Pays en voie de développement dépasseront après 2020 les 100 milliards de dollars. Pourtant, ces fonds figuraient déjà dans l'accord de Copenhague de 2009...Bilan 4 mois après...

Il n'y a finalement toujours pas grand-chose sur le prix du carbone où plutôt d'ailleurs son coût par tonne d'émission dans l'air. Or il est pourtant absolument nécessaire d'avoir un coût universel du carbone, compatible avec l'objectif de 1,5 ou 2°c, le coût à payer pour chaque Etat pour une production qui nécessiterait l'émission d'une tonne de CO2 dans l'air.

Taxer le pollueur

L'une des premières idées en matière de responsabilisation des acteurs économiques consisterait à taxer celui qui pollue le plus, il s'agirait d'un coût différentié par pays mais qui posent de nombreux soucis : les pays à fort poids politique et économique ne pourront-ils pas dicter leur loi comme il se passe d'ailleurs sur les marchés financiers des émissions de gaz à effet de serre ?

A l'inverse, ne devrait-on pas proposer des prix (non encore harmonisés !) plus faibles aux pays en développement rapide. Sous tarifer le carbone dans ces pays ne permettra cependant pas d'atteindre les objectifs finalement. De plus, cela encouragera la production à l'étranger là où le coût de l'émission du carbone est le plus faible.

Sur la question des 100 milliards de dollars pour aider  les pays en développement à partir de 2020 : on a peu de détail sur la question des contributions des pays en développement. Par ailleurs, la notion de volontariat développée dans l'accord est assez naïve. Non seulement les promesses ne seront jamais tenues, mais en plus, l'aide est déjà existante. Il ne faudrait surtout pas ajouter des prêts ou réallouer des revenus incertains.

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Rien sur la fiscalité environnementale

Pis, finalement, rien sur la fiscalité environnementale. Il n'y a qu'un futur environnemental dont les engagements par ailleurs non contraignants démarrent en 2020 sur une période de 30 ans.

On a aussi du mal à comprendre pourquoi les pays du sud ne seraient-ils pas soumis au même processus de suivi que les autres pays ? Il faut cesser d'être naïf.

Et sur la question de la révision tous les 5 ans, il faut savoir que cet accord ignore les effets de cliquet. Les pays vertueux, qui font des progrès, vont se voir assigner de nouveaux objectifs encore plus contraignants, comme dans un effet de cliquet. Il y a donc un certain intérêt à ne pas jouer trop le jeu ou plus précisément à attendre que les autres jouent les premiers pour ne pas subir un effet de cliquet trop important tout en donnant l'impression de participer un minimum à l'amélioration de la situation globale.

Demander des contreparties bilatérales équitables

Il faut vraiment renforcer cet accord en demandant explicitement des contreparties bilatérales équitables.

Reste qu'il y a tout de même des points positifs : tous les pays et c'est une première ont présenté leur trajectoire de leur pollution. Plus de 40 pays ont aujourd'hui des marchés de droits à polluer et de droits d'émission négociable, démontrant leur volonté d'utiliser une politique rationnelle de lutte contre le réchauffement climatique (mais avec des prix du carbone bas et différents d'un pays à l'autre). Une idée proposée par plusieurs économistes serait de relier les bourses du carbone.

Autre chose et plus qu'essentiel : un accord à 195 est extrêmement difficile à faire tenir. Il faudrait créer une coalition pour le climat comprenant au départ les grands pollueurs actuels et à venir. Peut-être le G20 avec un cercle plus restreint (les 5 plus gros pollueurs : l'Europe, les Etats-Unis, la Chine, La Russie, l'inde, qui émettent à eux seuls 65% de la pollution mondiale). Les membres de la coalition pèseraient sur l'OMC qui pourrait autoriser pour cause de dumping environnemental, une taxe aux frontières vis-à-vis des pays qui refusent de réaliser le prix international du carbone, celui qui permet justement d'atteindre les objectifs.

Pascal de Lima

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