"Helicopter money" : une proposition de relance alternative, par l'immobilier

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Plutôt que le système "Helicopter money" évoqué récemment par Mario Draghi, il faudrait mettre en place une "drone money", fondée sur la valeur de l'immobilier. Un mécanisme imparable pour relancer la demande, sans faire appel à la dépense publique et sans danger pour l'économie mondiale ni pour le bilan des banques centrales. Par Guy Abeille, économiste

Piètre le rendement des QE, cette monnaie prodigue,  des milliers de milliards dégorgés, juste un peu de croissance grappillée.... Monnaie n'embrayant pas, banques qui n'en peuvent mais, gouvernants à l'arrêt, l'économie se relève, retombe : la reprise claudique, en France, en Europe, dans le monde.

C'est la demande qui compte!

Pouvoirs, institutions ont cru que la clef, c'était l'offre. Alors partout s'est installée une guerre têtue de l'offre : guerre ouverte des coûts, c'est-à-dire des salaires et des charges ; guerre de sape de l'impôt (venez chez moi, on taxe moins que chez vous) ; guerre aveugle de la liquidité (dollar, sterling, euro, yen, bientôt le renminbi ? c'est à qui parmi les banques centrales décrochera le pompon, historique, des largesses) ; et par elle, guerre larvée des monnaies. Victime collatérale ? La demande : certains depuis longtemps l'affirment ; les grandes institutions, FMI, OCDE, se mettent à l'avouer.

Le gavage monétaire n'alimente personne, sinon la machine financière, depuis longtemps repue, qui mouline sur elle : quelles raisons les entreprises trouveraient-elles à faire des investissements de capacité ? Pour quel consommateur, multiple, confiant, constant, solvable ? on n'investit pas en nombre pour ne vendre qu'à peu. Quant à la création de valeur pour l'actionnaire, elle aussi tourne à vide : l'actionnaire, s'il est petit, réchauffe sa pelote ; le membre d'un fonds de pension est vieux et ne consomme guère ; et les autres, qui sont riches, n'ont qu'un impact minime sur la consommation : le 1% capteur depuis vingt ans de valeur ajoutée n'est jamais qu'un pour cent, l'achat d'une Ferrari ou d'un Jeff Koons n'a jamais fait de la consommation de masse, le triomphe de l'économie ce n'est pas la multiplication des millionnaires mais la dilatation des classes moyennes, la théorie du ruissellement est un pipi de chat. Fuite, le Quantitative Easing (QE), au double sens d'écoulement dans le sable et de fuite en avant - fuite à mettre en question ? QE, Questionable Escape ?

HELP : au secours !... de la demande

Devant une telle disproportion entre la masse, phénoménale, de l'argent engagé et la maigreur, désolante, de l'effet obtenu, il ne me semble pas inutile ni inopportun de remettre dans le circuit des idées une des propositions que j'ai développée dans La Tribune il y a juste quatre ans : elle vise, par le dispositif le plus simple possible, à renvoyer dans l'économie une part de l'immense capital stoppé, stocké et momentanément stérilisé dans la propriété immobilière des ménages - en l'espèce, à permettre à un ménage propriétaire, par un échange quasi direct, le troc d'un petit coin de son immobilier contre du cash versé par la Banque Centrale ; ou comment, dans une crise qui n'en finit pas de n'en pas finir, remettre en mouvement un peu de son capital enfermé dans la pierre, afin de satisfaire un besoin de consommation latent.

Liquidité de Banque Centrale dans la poche des ménages contre part de leur propriété : par analogie avec le Quantitative Easing, je nomme ce dispositif HELP, pour Households Easing Lying on Property (remise à l'aise des ménages en s'appuyant sur leur immobilier).


Immobilier, gigantesque banquise

Passer par l'immobilier des ménages, c'est traiter avec des échelles de grandeur considérables. Il faut d'abord prendre conscience que les ménages sont majoritairement des propriétaires immobiliers.
C'est vrai en Europe : dans l'ensemble des 28 pays de l'Union européenne (Eurostat, janvier 2016), 70% des ménages sont propriétaires de leur logement (et donc au minimum d'un bien immobilier), et guère moins - 67% - dans la seule Zone Euro. Le taux grimpe à... 96% en Roumanie, 89% en Hongrie, 84% en Norvège, Bulgarie ou Pologne. Point important à noter : ce taux est très élevé dans les pays du sud particulièrement affectés par la crise : 74% de propriétaires en Grèce, 75% au Portugal, 79% en Espagne, 73% en Italie. Un pays comme l'Irlande est à 69%. La France, quant à elle, se situe à 65%, au même niveau que le Royaume- Uni. Seuls deux pays sur vingt-huit n'atteignent pas le taux de 60%, même si les ménages propriétaires restent encore majoritaires : l'Autriche, avec 57% de propriétaires ; et, plus notable, l'Allemagne, qui ferme la marche avec un taux de 53%. L'échelle de grandeur est comparable aux Etats-Unis, où le taux de ménages propriétaires est de l'ordre de 65% (croisement de données Federal Reserve et Census Bureau) ; et au Japon, où le taux est de l'ordre de 62% (Housing and Land Survey 2013, Statistics Bureau of Japan) .
Et, contrairement à l'idée que l'on en a peut-être, c'est la Chine qui bat le record du nombre de ménages propriétaires : le taux est, pour un ensemble économique de cette envergure, tout simplement le plus élevé au monde, puisqu'il atteint 90% (China Household Finance Survey, 2012).

Autre point à retenir, et qui n'est pas sans importance dans l'optique d'un soutien de la demande par utilisation du capital immobilier, la proportion de ménages propriétaires peut être élevée même dans la catégorie des tranches de revenu inférieures, c'est-à-dire celles dont la consommation sera la plus sensible à un apport de cash.
C'est du moins vrai en Zone Euro: pour l'ensemble de la zone, le taux de possession immobilière s'élève déjà à 47% pour la tranche de revenus des 20% les plus bas, et à 51% pour la strate suivante des 20%-40% dans l'échelle des revenus.
Plus intéressant encore, pour des pays du sud comme la Grèce, l'Italie, l'Espagne ou le Portugal, ces taux sont étonnamment élevés dès la tranche des revenus des 20% les plus bas : 65% pour la Grèce, 78% pour l'Espagne, 66% pour le Portugal, 54% encore pour l'Italie (par comparaison la proportion de propriétaires dans la tranche des 20% de revenus les plus bas n'est que de 16% en Allemagne et de 30% en France) ; le taux de propriétaires ne faisant évidemment que croître à mesure que l'on s'élève dans les tranches de revenus - les pays du sud sont donc une cible privilégiée en Zone Euro pour débloquer du capital immobilier vers la consommation.

On doit donc retenir que le spectre des revenus couvert par la propriété immobilière est large, et même parfois très large, en Europe et dans le monde.
Dernier enseignement  : c'est encore dans les pays du sud, c'est-à-dire dans ceux les plus touchés par la crise, que la propriété immobilière constitue une part majeure du patrimoine total des ménages : le taux d'immobilier dans le patrimoine total est de plus de 70% en Espagne, de 70% en Grèce, de plus de 60% au Portugal, de 60% en Italie (par comparaison, le taux est à 37% en Allemagne et 48% en France) ; et cette part relative est évidemment d'autant plus forte que l'on descend dans l'échelle des revenus (car le patrimoine purement financier y est de moins en moins important). Si donc, dans l'Europe du sud, il existe pour les ménages une épargne à laquelle songer et sur laquelle aujourd'hui tirer pour modérer les effets de la crise, c'est bien celle majoritairement bloquée dans leur immobilier.

Encore faut-il, pour la mobiliser, que ces ménages ne soient pas arrêtés par la loi inhibante du tout ou rien qui fait que, pour l'instant, en matière immobilière soit on conserve tout, soit on liquide tout, sans qu'il paraisse y avoir moyen de seulement prélever sur son capital en n'en monétisant qu'une petite part.
Mais revenons aux échelles de grandeur qui sont ici en jeu. Elles sont considérables, à la fois par la multiplicité des acteurs et par la valeur cumulée.
Le nombre de ménages propriétaires (résidence principale, résidence secondaire, immobilier de rapport, immobilier professionnel détenu en direct par les ménages) peut être estimé, en montants arrondis, à plus de 150 millions de propriétaires pour l'ensemble de l'Union Européenne, dont 100 millions de propriétaires pour la seule Zone Euro, et 19 millions pour la France ; à plus de 80 millions de propriétaires aux Etats-Unis ; à plus de 30 millions au Japon ; à plus de 400 millions en Chine.

Une masse de 650 millions de ménages

Où l'on voit qu'actionner un mécanisme de relance fonctionnant par le canal des ménages propriétaires, s'il venait à être appliqué aux quatre principales économies mondiales que sont les Etats-Unis, le Japon, la Chine et l'Union Européenne, ce serait potentiellement s'adresser à une masse de plus de 650 millions de ménages, qui sont autant d'unités de consommation.
Il est intéressant de rapprocher le nombre de ces acteurs avec celui des entreprises, ciblées dans les politiques classiques de relance par l'investissement : même en y incluant les plus microscopiques entreprises, le nombre des ménages propriétaires est six fois plus important que le nombre d'entreprises, en France, mais aussi pour l'ensemble de la Zone Euro ; la différence d'ordre de grandeur, de six pour un, est la même au Japon ; et elle est au moins de cette amplitude aux Etats-Unis (elle y est même de 14 pour 1 si l'on s'en tient aux seules entreprises non agricoles...). En somme, la diffusion d'une action économique par le canal des ménages propriétaires irrigue un réseau d'acteurs six fois plus étendu qu'en passant par le canal des entreprises .

23.000 milliards d'euros de richesse immobilière dans la zone euro!

La valeur du capital immobilier détenu par les ménages en France est évaluée par l'INSEE à près de 6.900 milliards d'euros fin 2014.
A l'échelle de la Zone Euro, en croisant les données de l'enquête BCE déjà mentionnée (HFCS 2013) avec des calculs complémentaires effectués à partir de cette enquête par la Banque de France (Bulletin de la Banque de France n°192, 2ème trimestre 2013), on peut estimer le capital immobilier possédé par les ménages à 23.000 milliards d'euros, et même à 26.000 milliards si l'on y ajoute l'immobilier professionnel détenu personnellement par eux. Extrapolant ces chiffres à l'ensemble des 28 pays de l'Union Européenne, on peut avancer un montant dont l'ordre de grandeur est de 35.000 milliards d'euros.

100.000 milliards d'euros pour les quatre plus grandes économies de la planète

Pour l'ensemble des quatre principales économies de la planète que sont l'Union Européenne, les Etats-Unis, le Japon et la Chine qui représentent à elles seules les deux tiers du Pib mondial, la masse du capital immobilier détenu par les ménages se situe à une échelle de grandeur qui est de l'ordre de 100.000 milliards d'euros.
Ce montant donne une idée, sinon l'exacte mesure, de l'ampleur de la masse financière prête à entrer dans le champ d'une action économique qui passerait par l'immobilier des ménages.
On voit, pour finir, que trouver un mécanisme qui agirait par ce canal permettrait de jouer sur un nombre d'acteurs et un volume monétaire absolument considérables ; mais aussi d'irriguer une part beaucoup plus étendue du tissu économique que par la voie de l'investissement et de toucher un large spectre de revenus ; enfin, pour ce qui est de l'Europe, de viser particulièrement les pays du sud, les plus affectés par la crise.

Un nouveau mécanisme de financement de la relance

J'ai, il y a quatre ans, exposé dans La Tribune un mécanisme de cette nature. "Les choses les plus importantes sont généralement simples, elles le sont si on veut qu'elles le soient" écrit Jean Monnet dans ses Mémoires : j'en propose aujourd'hui une variante simplifiée à l'extrême. Qui est celle-ci :
Sur décision de la Banque Centrale, et pendant une durée (six mois, un an, plus...) qui ne relève que d'elle, tout ménage propriétaire d'un bien immobilier, quelle qu'en soit la nature (résidence principale, résidence secondaire, immobilier de rapport, immobilier professionnel détenu en direct), se voit offrir la possibilité de souscrire avec la Banque Centrale un contrat, monté de la façon suivante :
Le ménage propriétaire du bien se présente devant l'autorité habituelle chargée dans son pays de certifier les actes immobiliers, c'est à dire à même de vérifier l'identité du propriétaire, sa capacité juridique, et, plus que tout, la réalité de sa propriété sur le bien, et les éventuelles restrictions qui peuvent la grever.
En France, ce sera le notaire ; comme ce le sera, en règle générale, dans les pays de "droit continental" (dits de civil law) : Allemagne, Italie..., et aussi, depuis une période assez récente, la Chine . Quel que soit le pays, cette autorité nécessairement existe, qui est présente au moment des actes immobiliers et qui vérifie, authentifie, certifie - qui donne sûreté à l'acte.
Le ménage demande à voir virer sur son compte une somme en cash, qui ne pourra cependant pas excéder un certain plafond de la valeur de son bien, plafond qui aura été publiquement fixé par la Banque Centrale.
Pour que le mécanisme fonctionne correctement, c'est à dire sans risque (comme on le verra plus loin), ce plafond sera nécessairement modeste : 5% de la valeur du bien, peut-être 8% ; 10% paraît un maximum ; 15% serait une limite extrême. Et sous respect de ce plafond, le ménage pourra librement demander le pourcentage de cash qui lui semble le bon : possiblement 5% de la valeur de son bien, mais seulement 3% ou plutôt 7% selon sa volonté, si le seuil maximum a par exemple été fixé à 8% par la Banque Centrale.

La valeur du bien est purement déclarative : elle est celle indiquée par le propriétaire du bien. L'exactitude dans cette évaluation, on le verra, n'est pas essentielle, à condition bien sûr qu'elle reste dans une plage raisonnable. C'est pourquoi l'autorité, notaire ou son équivalent, devant laquelle le propriétaire se sera rendu, devra effectuer, avant d'accepter signature du contrat, une "vérification de vraisemblance" - sans plus : il ne s'agit pas d'une expertise - en fonction de la connaissance qu'il a, comme professionnel et praticien quotidien, de la chose immobilière et du marché local.
Le contrat indique donc qu'identité et propriété ont été vérifiées ; que ledit propriétaire demande et verra créditée sur son compte par la Banque Centrale une somme explicite (tant d'euros, tant de yens, tant de yuans...), représentant un pourcentage donné de la valeur qu'il indique être celle de son bien, et qui respecte en cela le plafond édicté par la Banque Centrale.

Une somme restituée lors de la prochaine mutation

Et le contrat ajoute - c'est le noeud du mécanisme - que la somme ainsi reçue sera restituée à la Banque Centrale avec une totale automaticité, sans nécessité d'aucune formalité ultérieure : par prélèvement direct sur le prix de la prochaine mutation qui affectera le bien, quelle que soit la nature de celle-ci, vente, donation, succession (en cas de mutation partielle, par exemple donation de nue-propriété, ce prélèvement en retour sera fait à proportion de la part de propriété concernée).
En pratique, le système fonctionnera de la façon suivante : l'autorité devant laquelle aura été signé le contrat saisira le teneur du registre national qui existe dans chaque pays et qui fiche, collationne et concentre l'ensemble des données juridiques relatives à chaque bien immobilier (en France, ce sera le Fichier Immobilier, dont le teneur est le Service de Publicité Foncière), et lui demandera d'y inscrire l'existence d'une certaine somme restituable de droit à la Banque Centrale. Lors de la première mutation survenant après la signature du contrat, l'autorité, à la lecture du registre immobilier qu'elle aura nécessairement consulté pour rendre sûre la mutation, constatera l'existence d'un tel droit ; alors, par pouvoir découlant du contrat et à sa seule initiative, elle prélèvera directement sur le prix de la mutation le montant à restituer et, sans autre formalité, en opérera le virement sur le compte de la Banque Centrale.

Retrouver un peu d'aisance

Ainsi, tout ménage propriétaire aura pu s'il le souhaite, en ces temps de difficultés financières, trouver un peu d'aisance (a personal quantitative easing...), c'est à dire tirer un peu sur son épargne immobilière en monnayant tout de suite une fraction de son bien sans avoir à le vendre.
La Banque Centrale, quant à elle, aura mis, au plus vite, au plus près, du cash à disposition d'une myriade de ménages, disséminés sur tout le territoire et représentant une large classe de revenus, cela sans risque pour son bilan puisque la monnaie ainsi créée lui sera retournée à coup sûr, à échéance non connue mais certaine, au fur et à mesure des mutations futures ; la monnaie revenue se trouvera ipso facto détruite, mettant fin graduellement, sans à-coup ni chaos, à la séquence anti-déflationniste du Households Easing et faisant revenir le bilan de la Banque Centrale en douceur à sa taille d'avant-crise.
Tel est le dispositif dans sa substance.

Trois précisions nécessaires

Trois précisions doivent lui être apportées.
La première concerne les ménages. Pour éviter tout effet d'aubaine excessif qui verrait les propriétaires se borner à récupérer de l'argent frais pour le placer tranquillement en attendant de le restituer à la Banque Centrale bien des années plus tard en une monnaie éventuellement dépréciée (ce qui d'ailleurs, on le notera au passage, n'affecterait en rien, étant donné sa nature particulière, le bilan de la Banque Centrale), et pour l'inciter au contraire à le consommer, ce qui est le but premier de ce dispositif, il sera nécessaire de prévoir une indexation de la somme à restituer, ce qui évapore l'intérêt de la voir placée ; le mieux étant en l'occurrence de se référer à un indice général des prix de l'immobilier, tel qu'on en trouve dans chaque pays. La mention de cet indice au contrat permettra au notaire, lors de la mutation future, de calculer la valeur du montant à prélever (comme il le fait, par  exemple, aujourd'hui en France pour un calcul de plus-value).
Cette indexation a deux autres mérites. Elle permet d'écarter le procès d'une inégalité que le dispositif créerait à l'égard de ceux qui ne possèdent rien. De ce point de vue, l'indexation sur le prix de l'immobilier confère au dispositif sa neutralité : il n'offre pas aux propriétaires un avantage exorbitant ; il se contente de leur faire une avance partielle sur la mutation future d'un bien dont ils sont, ni plus ni moins et qu'on juge cela injuste ou non, tout simplement propriétaires, et à la récupérer plus tard, actualisée de l'évolution spécifique des prix.

Enfin, l'indexation prémunit le propriétaire contre une chute de la valeur de son bien, si cette chute, du moins, provient d'une baisse générale du marché de l'immobilier ; car elle sera alors traduite dans l'indice, et le propriétaire se retrouvera restituer une somme elle-même réduite, et qui représentera donc à peu près toujours la même proportion de la valeur de son bien, quelle qu'en ait été l'évolution.
Mais on objectera que dans ce cas précis, celui d'une baisse générale des prix de l'immobilier, la Banque Centrale sera perdante puisqu'elle ne récupèrera qu'une part amoindrie de la somme qu'elle aura avancée. Ce risque existe ; mais il est fortement limité.

D'une part, on peut arguer que, du moins en Zone Euro, les bulles immobilières ont été très largement purgées par huit années de crise ; si risque il y a, il est passé, ou n'est que résiduel.
D'autre part, et c'est là l'essentiel, tout bien immobilier étant par définition localisé, la Banque Centrale, qui est totalement libre de son action, peut à tout moment exclure de ses contrats telle ou telle zone qu'elle juge en proie à une bulle et donc lourde d'un risque qui lui semble patent, que cette zone soit un pays entier, mais aussi bien un espace plus restreint : telle région, tel "bassin immobilier", voire même telle ville... le mécanisme, par sa simplicité, autorise aisément une telle précision.
Enfin, même si cela n'est pas souhaitable pour ne pas l'alourdir et ne pas diminuer son attractivité à l'égard des ménages, il est envisageable de prévoir au contrat un cliquet à la baisse, c'est à dire qu'à partir d'un certain niveau de baisse généralisée de l'indice, par exemple -15%, l'indexation ne joue plus et que la somme à restituer demeure, quoi qu'il advienne, bloquée à ce plancher.
S'il existe donc un risque pour la Banque Centrale, il est faible et gérable.

HELP, un système d'avance sur une future mutation

HELP peut donc se décrire simplement comme un système d'avance partielle sur mutation future mis en oeuvre par la Banque Centrale (certains pourraient n'y voir qu'une variété de prêt hypothécaire ; la différence de fond c'est évidemment que dans un prêt hypothécaire le propriétaire entre dans la menace de voir son bien vendu, mal, par voie judiciaire et après saisie, en cas d'insolvabilité ; alors qu'ici il attend calmement la vente ou mutation naturelle de son bien, sans pression de quiconque, pour y prélever, à l'heure dite, comme convenu, ce qu'il faut pour rendre la part du prix de vente qu'il a reçue d'avance.). Et dans ce mécanisme, la Banque Centrale est en fait triplement garantie de récupérer son avance.
D'une part - et avant tout - par l'automaticité de la restitution, assurée dans le cadre d'un contrat et par un opérateur tiers ayant autorité, en l'espèce le notaire (ou son équivalent).
D'autre part, par la modestie de l'avance proportionnellement à la valeur du bien qui en est la référence : la cantonner à 8%, ou 10%, ou 15% de sa valeur assure la Banque Centrale qu'il y aura toujours matière à prélever le montant de la restitution lors de la mutation, quand bien même la valeur individuelle du bien (en dehors d'une baisse généralisée de l'immobilier) se serait, pour une raison ou une autre, effondrée.
Enfin, la sûreté est réelle : elle s'appuie sur un bien dont le propriétaire est le premier intéressé à ce que sa valeur individuelle à travers le temps soit préservée sinon augmentée, et, en tout état de cause, si la mutation à venir est une vente, à ce que celle-ci intervienne au meilleur prix pour lui - état de fait qui accroît encore les chances que la restitution à venir, même indexée sur un indice général, se fasse sans difficulté.

Dernière précision, sur le fait que la valeur du bien n'est guère que celle indiquée par le propriétaire : la "vérification de vraisemblance", succincte mais professionnelle, faite par le notaire ou son équivalent est là pour qu'on soit prémuni contre une escroquerie éventuelle (évaluation délirante puis insolvabilité sur le bien au moment de restituer l'avance) ; mais, dans cette plage de vraisemblance, l'exactitude de l'évaluation faite par le propriétaire est sans réelle importance. Car la restitution de l'avance se fait non pas en proportion de la valeur du bien, mais en valeur nominale (indexée sur l'évolution d'un indice général des prix immobiliers) : une erreur dans un sens ou dans l'autre ne permet que de faire bouger vers le haut ou le bas le plafond de l'avance à laquelle le propriétaire a accès, mais ne change rien au montant qu'il devra restituer. Et même en cas de surévaluation qui aurait échappé à la vérification de vraisemblance, le plafond édicté par la Banque Centrale est suffisamment bas pour qu'elle soit assurée de trouver à l'heure des comptes tout l'espace suffisant pour récupérer son avance.

Tous gagnants

Avec HELP, les ménages sont gagnants ; l'économie est gagnante ; la politique monétaire est gagnante.
Les ménages sont gagnants: les ménages trouvent dans leur épargne immobilière, jusqu'alors constituée d'un seul bloc impossible à seulement écorner, le moyen de tirer une ressource, immédiate, aisée à obtenir, pour une consommation que les difficultés de l'heure freinaient, quand elles ne l'empêchaient pas, ou simplement la rendaient hésitante (les dynamiques économiques peuvent ne tenir qu'à des déplacements faibles mais qui entraînent des effets de bascule).
L'argent frais que ce dispositif est susceptible d'apporter aux ménages est fonction du plafond qu'aura édicté la Banque Centrale (8%, 10%, 15% ?) et de la valeur de leur bien. Mais si l'on se réfère à celles couramment rencontrées en Europe, on voit que le montant recueilli se situera en général dans une gamme qui est de l'ordre de quelques dizaines de milliers d'euros, typiquement une somme comprise entre 10.000 et 50.000 euros par propriétaire qui recourrait à ce dispositif.

Ce quantum est bien adapté à un certain type de dépenses que sont le gros équipement (ameublement, voiture, chaudière...) et l'aménagement du logement (création d'ascenseur en copropriété, par exemple...). Plus encore, dans la mesure où le prélèvement futur se fera directement sur le prix de la vente, il y a là une incitation naturelle à consacrer cet apport d'argent frais à son habitat : réfection, restauration, et particulièrement sans doute, travaux d'amélioration d'énergie.
Car pouvoir s'autoriser, via ce mécanisme, un tel type de dépenses, c'est aussi espérer accroître la valeur de son logement (mieux équipé, modernisé, plus performant) et rendre ainsi proportionnellement plus faible le montant qui sera prélevé, un jour, sur son prix de vente. C'est en somme faire un bon calcul et gagner sur les deux tableaux : effectuer des travaux tout de suite ; et vendre mieux plus tard, avec un prélèvement comparativement réduit.
Enfin, ce qui n'est pas le plus désagréable, ce financement se fait sans couteau sous la gorge pour les ménages, sans échéances à craindre, sans revenus à épouiller, sans banquier à convaincre, ni à alimenter en commissions et frais.

HELP devrait pouvoir intéresser particulièrement deux catégories de ménages : les jeunes couples fortement consommateurs car en phase d'équipement (voiture nouvelle, ameublement et extension de la maison pour une famille qui s'agrandit), et dont les revenus courants sont peut-être mobilisés par l'achat en cours de leur logement ; et les personnes âgées sans enfants, et donc sans héritiers directs, à une période de leur vie où il faut rénover un habitat, qui a pris avec le temps de la valeur mais a vieilli avec soi, et l'aménager pour ne pas avoir à le quitter, cela à un moment où les revenus ont parfois été sérieusement amoindris.
Ce mécanisme a pour les ménages un dernier avantage, et qui n'est pas le moindre. Il est accessible dès l'instant où l'on est propriétaire. Rien ne s'oppose donc à ce qu'il soit utilisé dès l'acte d'achat, au moment même de la signature, en mettant à profit de précisément se trouver devant son notaire (et, pour le coup, il n'y aura pas d'approximation sur la valeur du bien...) : HELP peut donc permettre d'abaisser le prix immédiat d'entrée dans l'achat (sous réserve certes d'un prélèvement qui se produira plus tard lors de la revente) à concurrence du plafond institué par la Banque Centrale, et qui pourrait atteindre jusqu'à 10 à 15% du prix de l'acquisition. Ainsi, ce mécanisme, non content d'accroître la consommation, notamment celle orientée vers le logement, pourrait en sus faciliter l'achat immobilier, et donc avoir un effet réel de soutien du marché de l'immobilier et, pour ce qui est du neuf, de celui de la construction.

L'économie, elle aussi, est gagnante

S'adressant potentiellement à des millions de ménages, disséminés sur tout le territoire, et prenant chacun des micro-décisions qui, si elles sont orientées vers l'aménagement de l'habitat pour les sommes indiquées, activent une myriade d'artisans ou de petites entreprises locales, HELP a sur l'économie un vaste effet d'irrigation.
Mais c'est par sa puissance de feu, assez inégalable, qu'HELP retient l'attention. Si l'on se réfère aux montants (indiqués en début de cet article) du capital global stocké dans l'immobilier des ménages, on voit qu'il suffirait de parvenir à en réintroduire 1% seulement dans le circuit de l'économie pour avoir un effet de relance d'un montant de 70 milliards d'euros pour la France (soit presque le double de l'effet estimé de la chute du pétrole sur la demande) ; de 230 milliards pour la Zone Euro ; et de 350 milliards pour l'ensemble de l'Union Européenne ; soit un effet compris entre 2,5 et 3,5 points de PIB, selon l'échelle géographique à laquelle on se réfère. (Redistiller dans l'économie "active" 1% du capital figé dans l'immobilier, c'est certes imaginer que 10% des ménages propriétaires recourent à ce dispositif et pour un montant de 10% de la valeur de leur bien ; c'est peut-être, ou peut-être pas ? une estimation ambitieuse - mais ce pourrait être, pourquoi pas ? un objectif des Banques Centrales).

Et si l'on concevait de pousser juste un cran plus loin, et de libérer jusqu'à 1,5% de l'immobilier des ménages (soit 15% des ménages monnayant 10% de leur immobilier, ou 10% en monnayant 15%), alors les montants remis dans le circuit seraient de plus de 100 milliards d'euros pour la France ; de 375 milliards d'euros pour la Zone Euro, soit largement plus que le Plan Juncker (dont l'accouchement est celui que l'on sait) ; et de 525 milliards pour l'ensemble de l'Union Européenne...
La puissance de relance serait de même ampleur dans les autres pays : pour 1% d'immobilier libéré, ce serait aux Etats-Unis 280 milliards de $ remis dans le circuit, soit un effet de soutien de 1,5% du Pib. Au Japon : pour 1% d'immobilier libéré, un soutien de plus de 2% du Pib (490 trillions de yens). Et, semble-t-il, bien plus pour la Chine : pour 1% d'immobilier relâché dans l'économie, un possible effet de relance de 3% du Pib (200 trillions de yuans) en ne comptant que les districts urbains, et peut-être pas loin de 4% du Pib pour la Chine en sa totalité.
Et que dire de l'impact sur l'économie mondiale, si entre ces pays ces actions étaient simultanées ? Et que d'autres nations (Brésil, Russie...), copiant sur l'épaule du voisin, se joignaient aux quatre acteurs majeurs...

Une relance sans dépense publique

Par HELP, donc, existe le moyen de relances massives ; mais en sus - remarque évidemment essentielle, cruciale - obtenues sans qu'il soit besoin de griller le premier centime de dépense publique ou de diminution d'impôt ; c'est à dire en laissant totalement indemnes les budgets des Etats, sans nécessité d'un emprunt d'aucune sorte, ni le plus petit alourdissement des dettes publiques : en somme, et pour le dire vite, une relance, aussi massive soit-elle, sans coût.
Et l'on ajoutera, ce qui n'est pas son moindre intérêt, que, tout entière fondée sur un acte aussi simple et direct que le contrat, elle ne suppose le passage devant aucun Parlement, la discussion ni le vote d'aucune loi, et qu'elle peut être lancée sans entraves, à tout moment, quand bon semble, sans délai.
Difficile de trouver plus de commodités à une politique de relance. Political Easing.
Arrivés là, certains déploreront sans doute qu'il s'agisse d'une relance par la consommation, arguant des risques qu'une politique de cette nature fait peser sur la balance commerciale. Peut-être y a-t-il moyen de mettre un peu de baume sur leur prévention par la grâce de deux arguments. Le premier est qu'au regard d'une relance par l'investissement, couramment réputée vertueuse, il est honnête de se poser la question du contenu en importations respectivement de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises. Un rapport du Sénat (n°169 de janvier 2009), excellemment documenté  y répond : ce contenu est, en France, deux fois et demi plus élevé... pour l'investissement que pour la consommation. Les valeurs indiquées du contenu en importations sont respectivement de 14% pour la consommation des ménages et de... 36% pour l'investissement des entreprises (pétrole, machines-outils, électronique...) : si ces pourcentages sont certainement à prendre avec prudence, leur rapport de grandeur, en revanche, ne laisse pas de doute ; et donne à réfléchir sur les effets comparés, au regard de la balance commerciale, d'une relance par la consommation des ménages, généralement honnie, et d'une relance par l'investissement des entreprises, régulièrement applaudie.

A quoi s'ajoute un deuxième argument consolant : ceux qui chantent les vertus d'une relance par l'investissement s'en tiennent d'ordinaire là, sans piper plus loin mot de son effet "de second tour", qui en réalité n'est autre chose qu'une relance... par la consommation : car qui dit quel usage sera fait des rémunérations qu'aura distribuées la réalisation des investissements ? qu'est-ce qui interdit que l'ingénieur recruté pour ce faire n'en profite avec ses nouveaux fonds pour changer de smartphone ? ou que la manœuvre de base n'use de son salaire accru pour s'offrir une paire de jogging asiatique ?
Entre importations incluses et consommations de second tour, il est peut-être présomptueux de soutenir que la relance par l'investissement est la seule acceptable.
Au total donc, par HELP une relance possible, massive, à fort pouvoir d'irrigation, sans rien d'argent public, aisée à mettre en oeuvre, et dont les effets supposés délétères sur les balances commerciales sont certainement à relativiser.

La politique monétaire gagnante

Enfin, la politique monétaire est elle-même gagnante D'abord et avant tout, parce qu'elle est une politique monétaire qui descend enfin au coeur de l'économie, jusqu'en ses capillaires : la Banque Centrale ne peut être plus présente à la base, auprès de millions de ménages, passant avec chacun en direct un contrat.
Bien que massive, c'est une politique qui ne fonctionne pas à l'aveugle, au jugé, par une sorte de pilonnage de saturation comme le font les QE : par définition, l'argent va à chacun de ceux qui le demandent ; qui donc en ont l'usage ; et l'usage maintenant.
Et s'ils rendent ainsi liquide une petite part de leur immobilier, ce n'est certainement pas pour à nouveau la thésauriser : l'équivalence ricardienne ne jouera pas ; ils la consommeront ; et l'action monétaire ne fera pas long feu.

Mais gagnante, cette politique monétaire l'est aussi par bien d'autres aspects : gagnante, parce qu'elle procède sans intermédiaires, laissant de côté les banques : nul écran qui l'occulte, la complique, la retarde ; c'est une politique marquée par la rapidité d'action et la rapidité d'effet.
Gagnante encore, car c'est une politique facile à mettre en oeuvre : il s'agit de bâtir un contrat, le plus simple possible, qui contienne essentiellement trois clauses - le plafonnement du cash en fonction de la valeur du bien ; son indexation sur un indice de prix immobiliers ; et, plus que tout, l'automaticité de son retour à la Banque, par prélèvement à la première mutation. Et, pour le reste, de déléguer au notaire ou son équivalent, sans devoir soi-même s'y impliquer, la responsabilité de vérifier la propriété du bien et la vraisemblance de son prix.
Le contrat le plus simple, délibérément le plus simple... j'ai rappelé, en exergue de ma présentation, les mots de Jean Monnet selon lesquels les choses les plus importantes sont généralement simples - et "le sont si on veut qu'elles le soient".
C'est aussi une politique monétaire en réalité peu risquée - j'ai développé ce point plus haut : bulles immobilières purgées, du moins en Zone Euro ; nombre élevé de biens, répartissant les risques, et faible engagement monétaire sur chacun (5%, 10%, 15%) ; enfin, intérêt des ménages à prendre soin, pour eux mêmes, de leur bien, à le valoriser, et à le mettre en état qu'il soit, le jour venu, vendu au meilleur prix.

Il y a donc des titres en face de la monnaie, car le contrat vaut titre, et, pour les Banques Centrales, titres de grande qualité : adossés à des biens ; contrôlés par notaires ; peu dévalorisables ; automatiquement et intégralement réversibles en monnaie à la première mutation.
Et comme déjà dit, c'est une politique qui s'amortit toute seule, par extinction graduelle de la monnaie créée au gré des mutations naturelles qui conduisent au retour des avances, d'elles-mêmes, sur virement des notaires, automatique, de droit, et sans autre démarche. (Retour sans doute plus rapide qu'on ne l'imagine, puisque, pour s'en tenir à la France, il y a 700.000 à 800.000 mutations immobilières par an, et que, à condition de prendre en sus des ventes l'ensemble des mutations, un bien tourne en moyenne tous les dix ou onze ans.)

Enfin, c'est une politique totalement modulable, totalement maîtrisable : les biens étant localisés, la Banque Centrale peut exclure les zones, y compris les plus petites, qui lui semblent à risque ; elle est libre d'adapter son plafond (5%, 10%, 15%), comme bon lui semble, dans l'espace (tel pays à 5%, tel autre à 10%) et le temps (commencer par tester ici un plafond de 5%, et puis le rehausser ; ou bien, si le succès est plus grand que souhaité, redescendre là le taux de 10% à 5%...) ; enfin, il lui est, de la même façon, souverainement loisible de l'initier ou bien de l'interrompre, ici ou là, partout ou dans telle zone, et quand elle veut.
Et, en l'interrompant, elle ne crée pas d'effet de sevrage. Car c'est une politique monétaire sans volatilité : les fonds se retrouvent, en petites quantités (micro quantitative easing...), entre les mains de millions de ménages, qui prennent des décisions autonomes, indépendantes les unes des autres, sans risque d'aucun mouvement moutonnier, et ne peuvent former ces agrégats grégaires allant d'un même élan se déporter soudain ici plutôt que là.

Aucun danger pour l'économie mondiale

Car l'un des avantages du HELP, et qui n'est pas le moindre, c'est de laisser totalement sur la touche la finance, qui peut continuer sans dommage son manège finanço-financier, loin du monde terrien de la consommation et de la production. Aussi, cette politique ne crée aucun danger pour l'économie mondiale : elle ne dérègle pas le sens ni la valeur indicatrice des taux d'intérêt, et ne perturbe pas de son seul fait les taux de change ; et avec elle, aucun risque de bulle. Janet Yellen et les banquiers des BRICS peuvent retrouver un sommeil apaisé.
Et de plus, elle se tient totalement éloignée d'un quelconque financement - prohibé - de la dette publique ; au lieu qu'elle ne flirte avec elle comme le fait le QE, grâce auquel, par une casuistique qui ne trompe personne (surtout pas les Allemands), les Banques Centrales laissent aux banques, honorables hommes de paille de la dette, le soin d'acheter de l'emprunt des États sachant que, chaque mois par dizaines de milliards, elle est là pour la leur racheter en seconde main.

Pour le résumer vertement, HELP est une politique qui ne produit pas, l'insolence me soit pardonnée ! de gonflette financière par l'injection d'anabolisant monétaire ; mais qui remet en exercice ce vrai muscle de l'économie qu'est la consommation.

Une Drone money, ou le côté acceptable de l'Helicopter money

Hélicoptère... l'idée, et l'image, sont dues à feu l'influent Milton Friedman, et figurent dans son célèbre article de 1969 "The optimum quantity of money" : "Let us suppose now that one day a helicopter flies over this community and drops..." ... l'Helicopter money, dans sa variante la plus onirique, feint de croire que des flopées d'escadrilles pourraient lâcher en vrac sur les foules ébahies des palanquées de petites ou moyennes coupures, afin de relancer la consommation au moyen des billets dont chacun aurait pu s'emparer (à ce seul énoncé, on comprend que ce n'est pas demain la veille qu'aura lieu, sur les accents ou non de la Chevauchée des Walkyries, ce monétaire Apocalypse Now).
Certains pourtant, et qui ne sont pas de joyeux plaisantins, l'évoquent, et imaginent parfois la Banque Centrale envoyant sur le compte de chaque citoyen, gratuitement, par pouvoir immanent du créateur monétaire suprême, un petit quelque chose qui serait à dépenser. Cela montre à quel point de désarroi sont parvenus les économistes, et les autorités qu'ils conseillent, perdus entre l'impossibilité budgétaire des relances par l'emprunt et l'ensablement de l'effet des QE.
On trouve parmi eux Patrick Artus, qui, dans un article intitulé "Ce qui marcherait dans la Zone Euro est impossible : c'est "l'helicopter money", concluait en ces termes en décembre dernier : "Les canaux de transmission du Quantative Easing (taux de change, taux d'intérêt, prix des actifs) se révèlent très peu efficaces pour stimuler l'activité ou redresser l'inflation. Il faudrait donc passer d'un soutien indirect à un soutien direct de la demande. La seule solution est «l'helicopter money»: ne plus créer de la monnaie en échange de l'achat d'actifs mais la distribuer en direct aux ménages pour qu'ils la dépensent. Il est clair que la BCE n'utilisera jamais l'helicopter money."

Ou encore Martin Wolf, chief economics commentator du Financial Times, qui écrivait le 23 février : "Les seuls acteurs restants sont les Banques Centrales. Elles pourraient s'attribuer le pouvoir d'envoyer de l'argent à chaque adulte. Est-ce que cela ajouterait à la demande ? Absolument." Et, last but not least, jusqu'à Mario Draghi qui, interrogé sur le sujet lors de sa dernière conférence de presse, le 10 mars dernier, répond : "It's a very interesting concept" (et il est rare qu'un banquier central, qui constitutivement abhorre tout excès, use d'un mot aussi échevelé que "très").
Il est vrai qu'il existe une version moins sauvage de l'Helicopter money. Elle consiste à coupler politique monétaire et politique budgétaire, et à faire financer directement des réductions d'impôts ou des dépenses publiques - en clair un supplément de déficit - sans recours à l'emprunt mais directement avec de la monnaie créée à cette fin par la Banque Centrale ; certains n'hésitant pas à dire que l'indépendance des Banques Centrales, qui normalement dresse un infranchissable interdit devant un tel couplage, ne signifie pour autant pas absence de concertation... (quitte à trouver des détours tortueux permettant in fine de maquiller la manoeuvre en de l'achat fantomatique de titres).

Sans contrepartie...

Mais que ce soit dans sa version d'arroseuse générale, tournée vers les ménages, ou de collaboratrice attitrée - ou plutôt a-titrée - des déficits publics, l'Helicopter money reste une émission de monnaie sans contrepartie, ce qui crée une triple prohibition : morale - gain d'argent sans justification - ; légale - les statuts des Banques Centrales l'interdisent - ; et, plus que tout, financière - l'Helicopter money porte fatalement atteinte au bilan de la Banque puisqu'aucun actif ne répond à la monnaie créée, et par là elle sape directement la confiance que lui portent les acteurs économiques, qui est le fondement même de la monnaie et qui la légitime.
Le mécanisme que je propose échappe à ces trois condamnations. HELP n'est pas de la création de monnaie sans contrepartie : HELP est une avance adossée sur un bien existant, une sûreté réelle, contrôlée par notaire ; avance dont la restitution se produira à la première mutation, de façon certaine, par contrat, automatiquement, via un prélèvement assuré par une autorité tierce. Rien qui porte atteinte à un aspect moral, légal, ou financier.
Ainsi, HELP pourrait être, dans les batailles pour la relance engagées en Europe, au Japon, et ailleurs, dans cette planétaire Re-Start Wars..., le côté acceptable de l'Helicopter money. Helicopter money la plus pure en ce qu'elle descend sans intermédiaire de la Banque Centrale jusque sur les comptes en banque des ménages, mais non-Helicopter money dans la mesure où elle fonctionne avec une vraie contrepartie, HELP en est une déclinaison nouvelle, visant l'immobilier endormi des ménages, plus ciblée sans doute mais qui demeure à grand rayon d'action et à effet massif.
C'est pourquoi je propose de la porter sur les fonts baptismaux sous le nom de Drone money, pour : money Dropped Right Onto Napping Estate (ou : monnaie larguée pile sur la pierre qui roupille).Y aura-t-il une Banque Centrale pour la mettre en vol ?

Paix des braves entre Keynes et Friedman

Petite excursion, pour finir, sur des terres théoriques : dans la mesure où HELP est tout entier construit autour de l'idée de contrat (le propriétaire est libre de signer ou pas), il est un mécanisme d'essence libérale, qui aurait eu la faveur de Friedman ; mais initié et conduit par une autorité publique, la Banque Centrale, qui vient troubler volontairement le jeu des forces économiques pour tenter de les débloquer, il est d'un esprit que n'aurait pas renié Keynes.
De la même façon, HELP vise à accroître la demande globale, jusque là anémique, adressée à l'économie, ce qui sonne familier à l'oreille keynésienne ; mais ce mécanisme ne fait que devancer la conversion d'un bien en sa part monétaire, conversion qui se serait de toutes façons produite, et qui en se faisant, par prélèvement lors de la mutation, réduira à nouveau la quantité de monnaie : stabilité de celle-ci sur la longue période, voilà qui doit réjouir l'adepte friedmanien.
De même encore, si le ménage, armé de sa raison, anticipe qu'il devra restituer, lors de la mutation, l'avance qui lui est faite, alors il n'a pas d'illusion monétaire et se trouve dans l'esprit du revenu permanent, que Friedman tient pour vrai ; mais il a fait lui-même, en signant le contrat, montre qu'il avait appétit de consommer tout de suite pour autant qu'on lui en donne les moyens - ce que veut de lui Keynes.
HELP ou la Drone Money serait un mécanisme friedmano-keynésien ? Bel oxymore ! Ou bien dépassement de l'opposition entre Keynes et Friedman ? et réconciliation, pour le mieux, des deux clans qui se toisent chez les économistes et les banquiers centraux.

BCE : Banque des Citoyens Européens

Mais parmi toutes les raisons de lancer HELP et mettre en vol la Drone money, il en est une que je n'ai pas citée. A mes yeux, elle n'est pas la moindre. Elle déborde le cadre de l'économie. Elle est profondément, et, je pense, noblement politique.
Elle touche à l'Europe, au ressenti intime qu'en ont ses citoyens, à la façon dont elle est vécue concrètement par eux et dont ils pourraient nouer avec elle un lien immédiat et factuel : la politique que je propose, dans laquelle chacun (ou presque) peut passer un contrat personnel avec la BCE, par sa facilité d'emploi, par sa façon d'agir compréhensible, est à même de faire naître une relation de familiarité entre une myriade de citoyens européens et la Banque Centrale, descendue de son ésotérique empyrée pour prendre place dans leur réalité et leur rendre la vie plus aisée.
Qui sait si ce lien neuf, direct, ne saurait redonner de sa sève à une Europe en dessèchement hivernal, en rassissement vital, mais qui soudain devenue proche, présente au quotidien, au plus concret des gens, enfin, retrouverait la verdeur de ceux qui eurent assez de printemps en eux pour espérer en elle et la lancer dans le bal de l'Histoire.
Il me prend d'en rêver. I want my Monnet back.

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Commentaires
a écrit le 26/04/2016 à 14:08 :
Pas bête, mais avec certaines mesures radicales pour réguler le tout :
- que ce soit limité à un seul bien par propriétaire, pour éviter que nos chers rentiers multipropriétaires retirent des tonnes de cash pour, surprise, acheter d'autres biens immo.
- que ce soit totalement indisponible pendant les 5 premières années du crédit, pour éviter que nos chers rentiers multipropriétaires augmentent tous de 15% leurs prix de vente, comme ils font au moindre dispositif qui augmente artificiellement le prix que peuvent payer les acheteurs. Et encore, pas sûr qu'une limite à 5 ans soit suffisante.
a écrit le 26/04/2016 à 10:19 :
Cette proposition est inutilement compliquée.
Le soleil et la pluie valent bien des milliards d'euros, c'est pas pour ça que la BCE va émettre de la monnaie dessus...
Autant donner l'argent directement aux gens sans contrepartie, c'est plus simple et égalitaire.

En plus on fait de la BCE un acheteur massif de patrimoine immobilier, rien ne dit que les prix actuels sont valables. La BCE va se retrouver avec des actifs dont elle ne veut pas, car potentiellement sans valeur. Il n'y a qu'à voir le prix des maisons à Détroit : 100000 dollars avant la crise, 1000 dollars maintenant.
a écrit le 25/04/2016 à 22:23 :
Enfin du bon sens et le courage pour avancer des mesures simples que nos technocrates récusent justement parce qu'elles ne sont pas assez complexes
Mr abeille ministre de l'économie !!
a écrit le 25/04/2016 à 14:48 :
sauf que ce type d'idée est totalement inégalitaire et serait attaquée juridiquement.ensuite le taux de propriété augmente avec l'âge hors la consommation diminue en vieillissant et cet argent risque de finir en épargne risquée...
le problème de consommation est avant tout un problème de pyramide des âges.
des jeunes en cdd ou au chomage ne peuvent pas consommer frenetiquement comme à cet âge de la vie alors que leurs aînés beaucoup plus nombreux en taux qu'il y a 50 ou 100 ans continuent d'épargner après leur retraite.le probleme est donc une repartition de la richesse.
a écrit le 25/04/2016 à 14:11 :
La plupart des gens qui empruntent pour acheter leurs résidences principales n'ont qu'un seul but: rembourser cet emprunt et n'avoir plus de dettes, ce qui améliorera leur pouvoir d'achat; on voit mal quelqu'un gager ce qu'il considère son assurance pour des lendemains qui déchantent (être inexpulsable) pour de la consommation courante.. Il faut cesser de penser que les problèmes actuels (chômage notamment) vont être réglés par une augmentation de la consommation (de plus en plus, historiquement, de produits importés)...
a écrit le 25/04/2016 à 12:49 :
Donc j'achète une maison avec 10 % de rabais, accorder par le prêt 'HELP' à déduire de mon prêt bancaire, cela va faire des surprimes sur les prix immobilier. Pour ceux qui voudront retirer leur argent de leur maison sans la mettre en vente devront payer un intérêt de cet argent emprunter à la revente, c'est ou l'intérêt ???
a écrit le 25/04/2016 à 10:21 :
ça me fait craindre une conséquence similaire à celle du CICE , à savoir une tentation de l'Etat de récupérer une partie de ce cash en impôt ou taxe nouvelle affectée , et une hausse des prix des travaux de construction en neuf et rénovation .
je pense plus productif pour une relance de consommation , une restauration préalable de la confiance dans la capacité de l'Etat et Collectivités publiques à réduire durablement leurs dépenses de fonctionnement et la mise en oeuvre de réductions d'impôts et prélèvements sociaux obligatoires par rapport à leurs niveaux actuels .
en fait , il faudrait un miracle républicain !
a écrit le 25/04/2016 à 10:03 :
au fou !! on a une bulle immobiliere et ce monsieur veut la faire gonfler encore plus !
Ce projet est completement vicie car
1) preter de l argent aux proprietaires implique de preter plus aux plus riches de la societes (ceux qui ont le smoyens d avoir plusieurs logemnest par ex). la personne qui n a pas de propriete est exclue

2) on va inciter encore plus de gens a acheter de l immobilier (au lieu par ex de depenser cet aregent ou d investir dans l industrie) car vous pouvez avoir cet argent gratuit ...
a écrit le 25/04/2016 à 9:35 :
Le système décrit est sans intérêt. Il ne réduit en rien l'endettement des ménages, en ne réduisant en rien leurs remboursements. Il permet juste de consommer son capital. C'est l'équivalent d'une prime à la casse. Qui a envie de consommer son capital? Personne. Le seul intérêt serait pour que les personnes agées puissent se payer une maison de retraite. Si l'auteur est honnête intellectuellement et qu'il pense que le problème est lié à la demande, alors le levier sur lequel il faut agir est le salaire ou le revenu du travail. Hors, le salaire (ou le revenu du travail) est bridé par le libre échange. Il n'y a pas d'alternative à une remise en cause du libre échange si l'on veut relancer la consommation. Là, on entre dans des questions de partage des revenus que l'auteur ne veut pas aborder dans ses circonvolutions. Il nous parle un peu des méchants riches, etc..., mais est loin d'aller au bout du raisonnement véritable. La seule vrai solution est le rétablissement de barrières douanières, et la mise en concurrence de Paul avec Zhang + des droits de douanes. C'est ainsi qu'on enrichi Paul. Pas en demandant à Paul de liquider son patrimoine pour acheter une bagnole à Zhang. Cette solution est si évidente qu'il est bien entendu interdit de la proposer. Allez, bon TAFTA à l'auteur!
Réponse de le 26/04/2016 à 5:44 :
Merci Math pour votre intelligent commentaire, pourquoi la solution que vous proposez qui est très simple à mettre en place qui est aussi la plus logique n'est pas prise en compte par nos élites endormies, la Chine n'est pas une économie de marcher, selon le journal économique Blomberg de hier, alors en réponse à Guy Abeille au lieu de nous endormir avec vos longues élucubrations pourquoi ne vous posez pas les bonnes questions ?
a écrit le 25/04/2016 à 9:13 :
Enfin une proposition intéressante
a écrit le 25/04/2016 à 8:34 :
Il faut se méfier des statistiques: "70% des ménages sont propriétaires d'un bien immobilier" (Eurostat 2016). Tous ces biens sont-ils effectivement 100% payés, c'est à dire prêt remboursé ? J'en doute.
De l'argent, il y en a déjà beaucoup dans le système et je me permets de citer septic (24/4 18:50) "délire d'économiste" et "beaucoup de ménages sont gavés de biens qui leur donnent satisfaction". Ceux qui sont pleinement propriétaires de leur logement n'ont pas besoin de consommer plus.
Cordialement
a écrit le 25/04/2016 à 6:47 :
Chacun sait que l'economiste est par essence quelqu'un qui "suppute" Rien de plus.
Bref ce type est a enfermer et fissa.
a écrit le 25/04/2016 à 5:51 :
Bien d'accord avec les observations précédentes: si on veut louer, on utilise le système direct via internet. Si c'est plus important, le crédit viager hypothécaire. Ou le viager. Ou plusieurs autres choses, en fonction de la situation personnelle de chacun. Tous ces dispositifs supplémentaires imaginés par les économistes ne sont pas opérants, et ne le seront pas tant que la confiance ne sera pas revenue: confiance vis à vis de la BCE d'une part, des politiques internes d'autre part; à cette aune -là, les français cherchent tant que mal à se protéger des taux négatifs d'un côté, des impôts punitifs de l'autre. Bonne semaine.
a écrit le 24/04/2016 à 18:50 :
Encore un délire d'économiste qui ne comprends pas la réalité : démographie et peur de l'avenir. Consommer du cash maintenant ne résouds en rien les problèmes de retraite et de dépendances dans 20 ans, ni le déficit commercial de la France, ni le fait que beaucoup de ménage sont gavés de biens qui leur donnent satisfaction.
Réponse de le 25/04/2016 à 12:40 :
Sans prétendre pouvoir juger ce qu'affirme cet économiste, Il me semble que c'est vous qui êtes à côté de la plaque : la majeure partie des français ne sont pas gavés de biens, mais ont bel et bien du mal à joindre les 2 bouts...

En ce qui concerne la politique de l'offre, son échec est patent.
a écrit le 24/04/2016 à 18:06 :
Cela ressemble furieusement au crédit viager hypothécaire. Reste à comprendre pourquoi le Crédit Foncier de France, qui a été contraint d'en accepter le monopole, traîne les pieds pour le commercialiser.
a écrit le 24/04/2016 à 16:47 :
On ferait lieu de taxer ces masses immobilisées afin de pousser les rentiers a vendre et revenir a une valorisation de l immobilier raisonnable (prix au moins diviser par 2.5)

Cela conduira les loyers a baisse d un même facteur et libérera les finances des locataires qui vont dépenser plus
a écrit le 24/04/2016 à 13:49 :
Il serait temps que les plans de relance soient utiliser pour la consommation réelle des ménages qui en ont le plus besoin donc ceux qui sont les plus pauvres et qui ont des besoins élémentaires: se nourrir, se loger et se soigner... Les USA ont déja fait des plans de relance ''helicopter money'' de bien meilleures qualités que les Européens car ils ont aidés les pauvres a se nourrir avec les ''food stamps'' et a se soigner avec ''Obamacare''. Ils ont injecté des dizaines de milliards de dollards dans le circuit économique de ceux qui consomment pour vivre et qui ne spéculent pas. On voit d'ailleurs que la croissance aux Usa est beaucoup plus solide qu'ici. La gauche francaise est trop divisée a droite et trop germanophile pour réussir a aider les pauvres, c'est dommage.
a écrit le 24/04/2016 à 13:32 :
On n'a pas besoin d'une fausse idée brillante de plus, tous les gens doués du sens commun savent qu'on ne peut obtenir de résultats satisfaisants sans se donner du mal, sans efforts. De plus c'est profondément inégalitaire, les riches auraient encore plus et les non propriétaires rien.

Ce dont on a besoin c'est de revenus réguliers donc de gens qui savent créer des emplois ou les formes d'activités qui permettent de mettre à mal l'économie souterraine, en particulier celle de la drogue et qui soient compatibles avec la grande crise de l'emploi que nous vivons qui est dû à l'arrivée du "numérique" (je déteste ce mot).

Et aussi on a besoin de savoir comment faire évoluer les organisations qui sont toutes orientés vers le salariat comme principe de base (syndicats, assurances, mutuelles) , vers des organisations basées sur l'utilité sociale.
a écrit le 24/04/2016 à 13:22 :
Je trouve ça complètement inutile voir même dangereux ça me fait penser au subprimes.
Je n'assimile pas ça a du pouvoir d'achat.
Qui ? aujourd'hui serait capable de monnayer du cash contre une partie de son actif immobilier pour partir en vacances, ou payer les études de son enfants.
Quand il a été décidé de prêter de l'argent aux multinationales qui devait en retour embaucher et que le constat a été fait que celle-ci n'ont embauché personne, pourquoi ne leur demande ton pas de restituer cet argent.
Tout simplement.
Réponse de le 24/04/2016 à 19:24 :
C'est l'équivalence d'un PTZ remboursé lors de la revente et uniquement a la revente!
Réponse de le 24/04/2016 à 22:48 :
Qui ? dites vous...mais tout le monde.
La tentation du court terme ne résisterait pas à cette proposition.
Voici 30000 euros, et continuez à profiter de votre bien pour les 15, 20 ans qui viennent.
Peu de propriétaires ne céderont à cela.
Proposition indécente ?
a écrit le 24/04/2016 à 12:36 :
- qu'est-ce qui vous permet de dire qu'il n'y a plus de bulle immobilière ?
- Grèce : je ne sais pas à quel point c'est vrai, mais on dit que pas de cadastre valable
- Conséquence : gonflement du prix des logements. Le logement que je vends vaut 200,000 aujourd'hui. Mais la BCE en fera l'avance de 20,000 à l'acheteur par le système que vous décrivez. Donc je vais le vendre 220,000 => Bulle immobilière.

- A propos du bilan des banques (centrales et privées). Aujourd'hui, ces bilans sont basés sur des actifs qui sont des titres de dettes. Les dettes finissent par être sur-évaluées et 'bullées'. Quelle est la plus value de crédibilité par rapport à de la monnaie hélicoptère ? On peut faire semblant d'y croire un temps, jusqu'à ce que ça éclate et fasse pschit. C'est tout.

Il faut passer au 100 % monnaie, pour arrêter de baser la monnaie sur des bulles de crédits. Et se réapproprier la création monétaire, aujourd'hui aux mains des banques privées.
Évidemment, cela nécessite une vraie démocratie. C'est-à-dire basée sur le tirage au sort de l'exécutif, sur le tirage au sort du législatif, avec un contrôle fort (avant, pendant, et après) lui-même basé sur du tirage au sort.
Quitte à avoir une vision 'utopiste', autant aller au bout !

Cordialement
a écrit le 24/04/2016 à 11:41 :
Brillant article !!
a écrit le 24/04/2016 à 11:35 :
Idée très intéressante, démocratique, qui, si elle n'est pas reprise par la Banque Centrale Européenne le sera par des pays ayant repris leur souveraineté monétaire et leur frontière!
a écrit le 24/04/2016 à 11:30 :
Il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond dans le monde de la finance internationale pour arriver a savoir comment faire pour rendre un peu plus de croissance a notre planète . Le plus simple ne serait il pas d'augmenter les salaires ? Sans aller chercher midi a 14 H comme vous le faites.....

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