Au moment de la suppression de la redevance audiovisuelle décidée par le président de la République, tous les connaisseurs du secteur, mais surtout l'intégralité des défenseurs de la démocratie, avaient dénoncé le risque important que cette mesure démagogique faisait courir non seulement au financement du service public de l'audiovisuel, mais surtout à son indépendance. Aujourd'hui la baisse drastique du budget de l'audiovisuel public vient malheureusement avérer nos craintes.
Il ne s'agissait pas seulement de défendre et de protéger les chaînes de radio et de télévision, ainsi que l'Institut national de l'audiovisuel. À travers l'audiovisuel public, c'est bien la liberté d'informer et d'être informé, pilier de toute société démocratique, qui est désormais fragilisée en France.
Si les médias privés ont toute leur place dans nos sociétés libres, leur présence ne peut cependant suffire, car sans audiovisuel public indépendant et puissant, il n'y a pas de diversité d'accès à l'information, à la création, et à la diffusion. Remettre le financement du cinéma par exemple exclusivement entre les mains des chaînes privées est une lourde perte pour la diversité des œuvres proposées. Ne pas avoir un audiovisuel public qui finance, comme le font France Culture, France Télévisions ou Arte, des émissions qui n'ont pas de rentabilité financière, qui n'attirent pas de publicité ou qui dérangent certains pouvoirs économiques ou politiques, est vital.