En ces temps difficiles où le gouvernement cherche à la fois à réduire les dépenses et à engranger des recettes, il est indispensable d'examiner sans a priori moral ou politique un domaine d'où la rationalité et la sérénité sont malheureusement absentes, la plupart du temps. Améliorer la santé tout en trouvant des recettes est pourtant la voie à suivre, pour peu qu'on abandonne les effets de manche et les discours tribunitiens.
Les drogues licites (tabac, alcool) génèrent des coûts sociaux considérables (156 milliards par an pour le tabac, 102 milliards pour l'alcool) et des dommages pour la santé qui n'effraient pas assez, car nous y sommes accoutumés (75 000 et 41 000 morts par an, respectivement). La hausse des prix de ces produits est recommandée par l'OMS. Un relèvement de la fiscalité comportementale est aussi soutenu par les économistes. Un récent rapport de l'Institut Montaigne invite à agir dans ce sens sur les produits trop sucrés, pour lutter contre l'obésité.
S'agissant du tabac, une telle évolution reste aujourd'hui contrecarrée par le lobby du secteur, et en premier lieu celui des buralistes, dont les revenus ont triplé en quinze ans, et qui ont pourtant reçu 4 milliards de subventions diverses depuis deux décennies. Elle est également contestée par le puissant secteur économique de l'alcool, qui met en avant la difficulté des petits viticulteurs sans évoquer les profits de multinationales florissantes (Pernod Ricard, LVMH...).