Le jeu, nouvel outil de développement stratégique ?

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(Crédits : DR)
Le jeu permet de faire évoluer les salariés, en sortant du schéma classique du travail. Il peut même servir à recruter. Par Alexia Diez Soto, directrice générale, Arcane

Partons d'un postulat général : pour repenser l'économie, il faut dynamiser la croissance et donc augmenter la productivité. Mais si la productivité est permise par des salariés motivés, ces derniers ne montrent leur totale efficacité que quand ils sont heureux et fiers de leur travail. Comment alors favoriser le bien-être en entreprise ? Et si on donnait à chacun la possibilité d'aimer son travail et son entreprise ?

 Plus la qualification augmente, plus le management s'accroît

Si la hiérarchie pyramidale a permis le développement des entreprises françaises pendant les 30 Glorieuses, elle est devenue étouffante. Le niveau d'étude des travailleurs a augmenté et leur perception du travail a changé. Les salariés de la génération Y diversifient leurs expériences pour évoluer plus rapidement. Mais paradoxalement, plus la qualification augmente, plus le management s'accroît. Et avec lui la pression, le sentiment d'infantilisation et plus grave le désengagement.

Sortir du schéma classique du travail

Pourtant le salarié reste le plus grand atout de son entreprise s'il adhère à ses valeurs. Quelle est alors la clé de la transformation ? Et si pour être heureux, il fallait sortir du schéma classique du travail. Et si l'entreprise se prenait moins au sérieux. Et si finalement on pouvait apprendre, travailler et gagner de l'argent en s'amusant.

On parle de plus en plus de gaming, MOOC, serious game. Ces nouveaux outils managériaux mêlent le collaboratif, le digital et surtout l'expérience ludique pour accompagner les salariés. Les animations urbaines attirent également les curieux : chasse au trésor, murder party, escape room... Mais ces activités offrent des perspectives encore sous-exploitées de développement stratégique.

 La pyramide de l'entreprise aplanie

Dans un jeu, le niveau hiérarchique, l'âge, l'expérience et les relations ne comptent plus. La pyramide de l'entreprise se voit aplanie et s'opère alors une transversalité inattendue au sein de l'entreprise. Plus encore, dans un projet ludique, chacun des salarié engage sa propre responsabilité dans la tâche qu'il s'est lui-même confiée. La confiance se révèle entre les joueurs et fait naître l'effort collectif. La créativité s'exprime plus librement. Au fil du temps, les joueurs n'exécutent plus simplement leur mission, ils vont plus loin et conjuguent leurs savoir-faire pour atteindre un objectif commun. Le jeu devient un véritable révélateur de talent et de leadership.

 Y compris pendant les entretiens d'embauche

Sur cette base, comment ne pas imaginer toutes les formes d'exploitation du jeu en entreprise ? Il pourrait servir pendant les entretiens d'embauche, pour tester le candidat sur sa personnalité, sur son sens de la logique ou sur sa capacité à travailler en équipe plus que sur des diplômes ou des expériences antérieures. L'habituelle séance de brainstorming autour d'un table pourrait devenir vivante, prendre la forme d'un jeu de rôle pour faciliter l'immersion des participants et laisser s'exprimer les idées...

En 2015, la communication sera ludique ou ne sera pas. Et si l'entreprise veut amorcer le tournant des nouvelles générations, elle aussi devra passer le cap.

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Commentaires
a écrit le 20/04/2015 à 16:09 :
Et la reconnaissance...
a écrit le 16/04/2015 à 8:57 :
Je suis convaincue que tout ça est pertinent ! Depuis toujours !
J'aimerais tellement que ce soit vrai mais les pratiques, notamment en matière de recrutement, et spécifiquement de la part des cabinets, sont irrémédiablement ancrées dans un classicisme déprimant et dans une rigueur inutile : pour décrocher un job, on regarde votre expérience, uniquement cela, rien d'autre.
a écrit le 15/04/2015 à 14:56 :
Voilà 15 ans que je travaille pour un Vrai Artisan en Métiers d'Art; nous fabriquons des Puzzles Géographiques en bois, France, Europe, Afrique, Etats Unis, Asie, Monde
Pendant 23 ans, j'ai fait de "l'enseignement personnalisé" et j'ai fait "apprendre en s'amusant, s'amuser en apprenant"
C'est clair que ca marche et donne des résultats plus qu'excellents mais ...
Ca choque les consciences alors que cela permet d'agir plus efficacement
a écrit le 15/04/2015 à 14:16 :
Une dame qui est encore dans la belle au bois dormant, très pauvre sur la psychologie humaine. Le seul ressort pour que le salarié donne de lui-même c'est la confiance...
a écrit le 15/04/2015 à 12:44 :
Pourquoi ce ne serait valable que pour la génération y (disons les jeunes)?
On peut apprendre et jouer à tout âge (ex : les wii aux résidents des maisons de retraite sont un franc succès) ! Par ailleurs, j'ai toujours appris en m'amusant, j'ai plus de 50 ans, et j'ai un parcours professionnel qui fait que mon métier, celui que j'ai choisi, est un challenge quotidien et un plaisir de presque tous les jours. Mais il est vrai aussi que ce n'est pas le discours général de ma boîte. Il faut trouver du plaisir à apprendre, à progresser, quel que soit notre âge. Et on progresse bien plus vite dans ces conditions.

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