À six jours de la Journée mondiale de l'océan, le 8 juin, nous publions cet appel à la mobilisation, signé du directeur de l'Institut océanographique de Monaco. L'océan est essentiel à la survie de l'humanité. Sans son active participation à l'organisme Terre, nous ne serions pas là pour en parler ! Or ce que l'on a pris pendant des siècles pour un acquis se révèle d'une grande fragilité. Indifférence, négligence, surexploitation, avidité... La liste des inconséquences humaines est longue. Aujourd'hui, l'océan est abîmé.
Il est temps de se retrousser les manches. Durant des décennies, l'océan a été le grand
absent des échanges diplomatiques. Il a peu à peu gagné sa place dans les débats internationaux. En témoignent deux récentes victoires. La première concerne l'accord sur la protection de la biodiversité et de la haute mer (BBNJ) - soit environ les deux tiers de l'océan - adopté en septembre dernier aux Nations unies. La principauté de Monaco a été le premier État européen à le ratifier, et il est certain que de nombreux pays le feront prochainement. La seconde victoire concerne l'accord de la COP15 biodiversité, qui prévoit, entre autres, une protection de 30 % de la biodiversité sur terre et aussi en mer d'ici à 2030. Cela exige que 30 % de la surface de l'océan soit transformée en aires marines protégées ou fasse l'objet de mesures de conservation. Correctement déployées, ces initiatives peuvent assurer une protection très efficace du milieu marin.