Les classes moyennes, grandes oubliées du logement

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Il y a quelques semaines, une étude Elabe pour le groupe Alila révélait que six locataires sur dix dépensent un tiers ou plus de leur budget pour leur loyer.
Il y a quelques semaines, une étude Elabe pour le groupe Alila révélait que six locataires sur dix dépensent un tiers ou plus de leur budget pour leur loyer. (Crédits : iStock)
OPINION. Ces dernières années, pour faire face aux difficultés de logement des classes moyennes dans les agglomérations, des outils aussi prometteurs qu'innovants ont vu le jour. C'est l'exemple du logement intermédiaire, destiné aux ménages pour lesquels le marché privé est trop cher, mais qui ont des revenus trop élevés pour prétendre à un logement social. Une solution encore trop peu exploitée. Agissons donc pour construire plus de logements intermédiaires et permettre à toutes les familles de vivre dans un logement de qualité. Par Hervé Legros, PDG et fondateur du groupe Alila.

C'était il y un an. Dans les territoires, délaissés par tous, un mouvement spontané sans précédent de contestation se levait contre la hausse des prix du carburant et la vie chère. La colère des classes moyennes est celle des Français qui ne s'en sortent plus et qui sont venus l'exprimer avec fracas dans les rues de Paris et dans les métropoles régionales où le coût du logement n'a de cesse d'augmenter.

Mais on ne peut pas évoquer la crise du pouvoir d'achat en France sans s'intéresser à la question centrale - mais trop souvent oubliée - du logement. Pour des millions de Français, accédants ou locataires, la hausse ininterrompue du coût du logement est une plaie ouverte qui pénalise trop fortement le budget familial. Il y a quelques semaines, une étude Elabe pour le groupe Alila révélait que six locataires sur dix dépensent un tiers ou plus de leur budget pour leur loyer. Qui peut trouver ce chiffre raisonnable ? Car dans le même temps nous ne pouvons compter sur un éventuel choc d'offre qui viendrait tirer les prix à la baisse. Depuis deux ans, la tendance générale des chiffres de la construction est en berne, que ce soit en matière de mise en chantier, de construction effective, ou de délivrance de permis.

Outils prometteurs

Ces dernières années pourtant, pour faire face aux difficultés de logement des classes moyennes dans les agglomérations, des outils aussi prometteurs qu'innovants ont vu le jour. En 2014, le logement intermédiaire était créé, destiné aux ménages pour lesquels le marché privé est trop cher, mais qui ont des revenus trop élevés pour prétendre à un logement social. Des objectifs ambitieux avaient d'ailleurs été fixés, de l'ordre de 80.000 constructions par an, et des structures dédiées avaient été mises en place avec des personnalités qui ont fait bouger les lignes à l'instar de Benoist Apparu chez In'li, filiale du groupe Action Logement ou encore CDC Habitat, la filiale de Caisse des dépôts et consignations.

Lire aussi : Logement social et intermédiaire: Action Logement interpelle Bercy

Cinq années se sont depuis écoulées et nous attendons encore que cette ambition forte se concrétise pleinement sur le terrain. Pour l'heure, sur dix logements sociaux construits, un seul est un logement intermédiaire. Dans des dizaines d'agglomérations, les millions de Français des classes moyennes ne peuvent, hélas, pas s'en contenter. Benoist Apparu lui-même concède que "le commun des mortels ne sait pas que ça existe".

Comment stimuler la production de logements intermédiaires ?

L'année dernière, la loi Elan a fixé des objectifs de construction de logements intermédiaires dans les métropoles. C'est un premier pas que nous saluons... mais malheureusement, ces objectifs demeurent facultatifs.

C'est parce que nous restons au milieu du gué et que nous manquons de détermination que les simples incitations ne fonctionnent pas et ne feront pas décoller la production. Qu'attendons-nous pour tirer profit de nos expériences passées en la matière et de ce que l'abbé Pierre qualifiait « d'honneur de la France », la loi SRU, qui en dépit des débats, enregistre un bilan globalement positif au service notamment de la mixité.

Sur le même principe, je propose de mettre en place des mécanismes d'incitation pour atteindre 20% de logements intermédiaires dans les futurs programmes lancés dans nos métropoles. Concrètement, sur les 5.500 logements construits en 2018 dans la métropole rennaise, 1.100 logements intermédiaires verraient ainsi le jour. Autrement dit, un logement à un prix accessible dans la métropole pour près de 3.000 rennais des classes moyennes.

Agissons maintenant avec détermination pour desserrer la pression qu'exerce le logement sur le budget des classes moyennes. Agissons pour construire plus de logements intermédiaires et permettre à toutes les familles de vivre dans un logement de qualité.

Agissons pour le logement pour tous.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2020 à 9:38 :
Le problème de ce secteur : ce sont les prix sans limites et sans contrôles :
1) indexer tous les prix de ventes immobiliers neufs ou anciens pour que les acheteurs ne perdent pas en cas de revente

2) indexer les tarifs des syndics par années ( exemple de prix pour une résidence avec 10 logements avec ascenseur ) prix payé par un propriétaire par année en honoraires ( juste honoraire ) 1800 euros !! Prix d’une taxe foncière d’une maison individuelle à 2 étages !!

Il est important de «  cadrer » ces honoraires la !!

3)interdire aux HLM d’acheter sur un lot de 20 habitations plus de 4 logements sociales , car ça fait baisser la valeur des «  résidence «  et ça spolie les acquis des gens qui ont épargner pendant 20 à 30 ans.

4)quand il y a la mention résidence : interdiction d’utiliser les produits bas de gamme ramener des pays de l’Est et vendu au prix fort en France ( chaudière, robinetterie, main d’œuvre qui n’arrivent pas à respecter cahier de charges ....)des fenêtres et volets non homologués en France ...

Il faut une régulation des prix , des produits et stopper les «  abus «  dans ce secteur d’activité
Il n’y a aucun contrôle surtout quand il y a des gens qui ont des pouvoirs dans la région qui sont derrière ce business fructueux pour eux , l’état ferme les yeux sur tout ça .
a écrit le 21/02/2020 à 8:29 :
Non M. Legros ,

Ça se passe pas comme vous le dites :
Chacun devrait prendre ses responsabilités !
Grâce aux gouvernements successifs en France , les habitations d’HLM où sont stockées des personnes à revenus minimums sans emploi ( plus de 20%) ces immeubles vendus par les HLM à des secteurs privés , certains laissés à l’abondent en attendant la mort de ces personnes ( immeubles de seniors)
Les HLM s’ouvre une nouvelle vie avec leur partenariat avec les promoteurs, laissant leurs responsabilités ils deviennent des investir à «  bas prix » pour permettre à des familles nombreuses d’accéder à un logement ( un salaire par foyer ) pendant que d’autres investisseurs ( les artisans ) investissent dans du nouveau et font payer ce logement par la «  location «  ( couple avec deux salaires ) et au passage de fisc, les syndics d’immeubles, se font plein de fric sur le dos de ces propriétaires.

Voilà la marge c’est pour les promoteurs et leurs complices de partenaires.

L’ancien réseau : une agence immobilière de proximité est plus rassurant que des gens comme vous .

Comment voulez vous qu’avec une traite de 800 euros des seniors peuvent prendre un logement décent ( sortir des griffes des HLM) pour payer au minimum un loyer de 700 euros ...

La problématique c’est ça , arrêter des «  concepts «  logement pour tous car dans votre bouche : ça «  sonne faux »!!
a écrit le 20/02/2020 à 17:21 :
chacun cherche des imbeciles pour payer l'addition
le logement est bcp trop cher, a cause des normes, et des 25% de logements sociaux obligatoires vendus a titre quasi gratuis aux bailleurs sociaux et refactures plein pot aux 75% d'imbeciles qui payent
cela dit y aurait pas ca, les promotteurs se mettraient quand meme ca dans la poche, pour faire bonne mesure, en expliquant que y a pas assez de foncier, que tout coute plus cher, etc
Réponse de le 21/02/2020 à 8:00 :
Les promoteurs sont soutenus ( surtout dans la région ) par toutes les politiques de la ville , par le banquier et notaire de ce banquier et son avocat , c’est tout un réseau.
Les victimes sont les acheteurs , auprès des promoteurs, le conseil si vous pouvez acheter via des agences et de l’ancien , éviter le nouveau car vous perdrez trop d’argent .
a écrit le 20/02/2020 à 16:40 :
Elles sont oubliées du logement nos classes moyennes mais pas des technocrates de Bercy qui concentrent les impôts sur cette catégorie de population.
a écrit le 20/02/2020 à 16:26 :
"Les classes moyennes, grandes oubliées du logement"

Mais parce que ce n'est pas le cas pour le classes pauvres? les chômeurs, les précaires les étudiants?

Du coup le logement est une rente pour les posseseurs fonciers, et pour ceux qui disposent des capitaux. La spéculation explose et le centralisme du pays dit beaucoup.

Ensuite payer des loyers qui sont l'équilavent d'un salaire minimum pour avoir deux pièces, oui si l'on regarde les prix, mais aussi les coûts de vivre par exemple a paris!

Entre 30 et 40% de plus pour tout.

Du coup tout cela est surtout l'idée que l'on ne parle pas de qui est gagnant dans cette affaire puisque plus il y aura de demande sans offre et plus donc la pression sur le prix sera.

Et dans un pays ou tout le monde veut être rentier, ceci explique cela!

Et je vous passe la discrimination a l'accès qui ajoute un peu de poivre aux yeux!
a écrit le 20/02/2020 à 16:18 :
J ai toujours du mal quand un promoteur parle. On sent tout de suite qu il veut surtout plus de CA pour lui (pas un mal sauf quand c est sur le dos du contribuable).
Signalons quand meme le changement de ton. il y a encore 2-3 ans, chaque fois que l immobilier montait on avait "super le m2 a encore pris 20 %". Maintenant on commence a voir que c est tres toxique (enfin pas pour tout le monde. les boomers peuvent vendre a prix d or et faire une belle plus value. les agents immo et notaires ont des commissions plus plantureuses car paye au %)

Si on veut que l immobilier redevienne abordable, c est assez simple. Il faut arreter de le subventionner (PTZ, Pinel mais aussi APL) et limiter les credits (max 15 ans et 1/3 des revenus). Ca va calmer de suite le marché. Apres on peut reflechir pour eviter d entasser les gens sur quelques grandes villes et que le reste devienne desertique mais c est du long terme (autrement dit pas payant electoralement)
a écrit le 20/02/2020 à 16:03 :
Il est important de construire des logements de taille réduite. Pourquoi ? Parce qu'ainsi, ils sont accessibles au plus grand nombre, et qu'également, ils découragent les familles d'avoir trop d'enfants. Bref, tout le contraire de ce qu'on a fait avec les HLM depuis 50 ans, avec les résultats que l'on connait.
a écrit le 20/02/2020 à 16:01 :
La seule chose à faire, pour tout le monde, c'est de faire exploser cette satané bulle spéculative qui empoisonne le pouvoir d'achat et la croissance économique.

Mais pour cela il faut s'opposer aux délires de la finance or notre UE a été construite par elle, pour elle.

Impasse.

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