Les dix conseils de maître Yoda aux Jedi entrepreneurs

[Jedi entrepreneurs 1/2] Les entrepreneurs sont-ils des Jedi ? De jeunes entrepreneurs ont été confrontés aux sages maximes de maître Yoda, à l'occasion de la sortie du prochain opus de Star Wars. Des conseils qui s'avèrent souvent applicables dans la vie des startuppers. Par Martin Descours, fondateur de youmindit.

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Sur une idée de Martin Descours, entrepreneur, créateur des MIND TESTS, animations de teambuilding créatif. Crédit photo : Christophe Apatie (sauf mention). Postproduction : My Client is Rich, agence de communication digitale.
Sur une idée de Martin Descours, entrepreneur, créateur des MIND TESTS, animations de teambuilding créatif. Crédit photo : Christophe Apatie (sauf mention). Postproduction : My Client is Rich, agence de communication digitale. (Crédits : DR)

1. « Difficile à voir. Toujours en mouvement est l'avenir »

OUI, à 100 %. Unanimité des entrepreneurs avec ce conseil de Yoda. « L'entrepreneur ne cherche pas vraiment à deviner ou à voir l'avenir, il cherche plutôt à l'influencer » nous dit Nicolas d'Audiffret de A Little Market. « L'entrepreneur n'a qu'une obsession, c'est que sa vision du futur se réalise », ajoute Geoffroy Guigou, pendant qu'Agnès Alazard-Rool constate même que « l'avenir, mais aussi le présent, sont mouvants. L'environnement se transforme mais s'accélère aussi tous les jours ! »

Geoffroy Guigou

Geoffroy Guigou, cofondateur de Prêt d'Union

2. «  Le côté obscur de la Force, redouter tu dois »

OUI, à 70 %. Les entrepreneurs assimilent Côté obscur de la force et ligne rouge dans la gestion et la croissance de leur entreprise. Ils reconnaissent que la tentation peut être forte, de prendre des décisions border, mais ils réalisent qu'il vaut mieux ne pas franchir la ligne rouge, car « les mauvais calculs toujours tu paieras ! »

Marie Vorgan, du Numa, rappelle ainsi « dans sa ténacité et son ambition, un entrepreneur pourrait être séduit par le hors-piste ; mais le projet collectif le rappellera à faire les meilleurs choix », alors qu'Éric Alessandri, de Wizaplace, pose la question fondamentale du succès entre ceux qui choisissent le côté lumineux de la Force et ceux qui sont tentés par le côté obscur : « Il y a clairement les entrepreneurs roublards, les filous (blackhat SEO, growthhacking bien limite) qui marchent sur un fil, mais il y a aussi ceux qui ont une vraie éthique, une vraie morale et qui arrivent à rester du bon côté de la Force. Après, lesquels atteignent le plus souvent le succès... ».

Sarah Azan

Sarah Azan, cofondatrice de Babbler

3. « Fais-le ou ne le fais pas. Il n'y a pas d'essai »

NON, à 70 %. Cette phrase n'est pas du tout adaptée aux entrepreneurs, selon nos 20 apprentis. Mais ce chiffre vient essentiellement sanctionner la deuxième partie de la phrase : « NON. Justement, l'entrepreneur essaie en permanence ! Comme dirait Zuckerberg, move fast and break things » nous dit Maxime Barbier, cofondateur de Minute Buzz, repris en chœur par Sarah Azan, cofondatrice de Babbler : « NON, essayer est le propre de l'entrepreneur ; si on n'essaye pas on ne gagne jamais ». En réalité le verbe « tester », gravé dans l'esprit des entrepreneurs est toujours lié avec le verbe « faire ».

Tester n'est pas« regarder pour voir », tester c'est faire, en incluant la possibilité de l'échec. David Lebée le résume ainsi « OUI, il faut faire, il n'y a pas de période de test, pas de place pour l'hésitation ». Si on devait choisir un seul verbe pour représenter les entrepreneurs, ce serait le verbe faire. Et un adverbe ? Vite. À Frédéric Granotier, fondateur de Lucibel de conclure : « OUI, "Faire" c'est toujours essayer. Nous n'avons pas le temps de nous prendre la tête sur des réflexions métaphysiques. »

Eric Alessandri

Eric Alessandri, fondateur de Wizaplace

4. « Je ne peux rien lui apprendre, cet enfant n'a aucune patience. Trop de colère en lui, comme son père. il n'est pas prêt »

OUI, à 45 %. Et c'est normal : « L'entrepreneuriat est un savant mélange de patience et d'impatience » nous dit David Lebée, « Un bon entrepreneur est agressivement patient. De la patience, apprendre il doit. De l'agressivité, bénéficier il doit », ajoute Charles-Edouard Bouée, président de Roland Berger. Autre précision apportée par Nicolas d'Audiffret : « Être colérique peut s'avérer un très bon moteur pour faire et pour apprendre », mais attention, c'est aussi un élément qui risque de « nous faire se retrouver seul », selon les propres mots de Frédéric Granotier. Au final les entrepreneurs sont peut-être des JEDI à deux têtes :  souvent par deux. Leurs caractères se complètent, comme le confie Michel dans une phrase énigmatique : « Moi, je suis sage et paisible. Augustin peut être moins... »

Maxime Barbier

Maxime Barbier, cofondateur de MinuteBuzz

5. « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine...  mène à la souffrance »

OUI, à 50 %. Avis partagés, sabre au centre pour les entrepreneurs qui s'interrogent surtout sur les bienfaits et les méfaits de la peur.

« Même pas peur » nous disent Michel et Augustin. « Il existe une peur positive qui pousse les entrepreneurs à aller au-delà de leurs limites » analyse Geoffroy Guigou, tandis que les jeunes padawan Aleksandra Mandic et Claire Blangez proposent d'ajouter à la peur, naturelle selon elles, une surdose d'optimisme : « Notre société est bâtie sur la peur, mais ça change. Optimiste je suis ».

Et si l'on considère que le temps est l'empereur qui domine les startups, la peur devient presque accessoire : « Pas le temps d'avoir peur sinon ça n'avance jamais » clament Hélène Mérillon, fondatrice de Youboox, et Arbia Smiti, fondatrice de Carnet de Mode.

Nicolas d'Audiffret

Nicolas d'Audiffret, cofondateur de A Little Market

6. « À vos intuitions, vous fier il faut »

OUI, à 95 % des entrepreneurs, qui se reconnaissent dans leur capacité d'intuition pour prendre la bonne décision, ou pour sentir le mouvement de leur marché. À leur talent d'observateur s'ajoute une vraie capacité analytique. Car si le chiffre n'atteint pas les 100 % de OUI, c'est parce que, comme le souligne Nicolas d'Audiffret, « c'est bien de très vite valider ses intuitions d'entrepreneur auprès de son marché - parce qu'il arrive que ses intuitions soient complètement à côté de la plaque ».

L'intuition est en effet une Force de l'entrepreneur qu'il doit apprendre à maîtriser, car elle pourrait lui coûter très cher, notamment dans le recrutement. Hélène Mérillon l'affirme : « OUI, il faut se fier à ses intuitions, surtout dans le recrutement !» ; mais il faudra mettre en place des processus de validation par la suite, au cas où l'on se serait trompé ! Pour un refus dans le cadre d'un recrutement, le conseil d'Éric Alessandri n'a pas de prix : « Si tu as l'intuition que tu ne dois pas recruter quelqu'un, tu ne sauras jamais pourquoi si tu ne le recrutes pas ; mais sois sûr que tu comprendras vite après l'avoir recruté, et cela risque de te coûter cher. »

Michel et Augustin

Michel et Augustin, cofondateurs de Michel et Augustin

7. «  La taille importe peu, regarde-moi, est-ce que par la taille tu peux me juger».

OUI, 75 %. Pour Sarah Azan, de Babbler, la réponse est radicale : « Il n'y a pas de petites entreprises, il n'y a que des grandes idées qu'il faut savoir mener jusqu'au bout !»

Et si Claire Blanguez de Skippair nous interroge - « les grandes entreprises n'ont elles-pas été petites un jour ? » -, en écho à Frédéric Granotier  - « Ma petite entreprise peut devenir grande » -, Yoda a raison. La taille importe peu car les objectifs des entrepreneurs divergent tous.

Certains veulent changer le monde : « Il faut voir grand ! Le succès attire le succès ; pour prendre un exemple concret : impossible d'attirer des talents si on ne leur offre pas la vision de très grandes choses » nous dit Geoffroy Guigou -, pendant que d'autres veulent simplement changer leur vie - « Être entrepreneur, c'est avant tout l'envie d'avoir de l'impact sur sa vie » - nous confie Agnès Alazard-Rool, pendant que Marie Vorgan est encore plus subtile en affirmant que « l'entrepreneur ne crée que de grandes Entreprises, que ce soit une association, une TPE, une PME, une ETI ou un grand groupe ;-)  » [ndlr : smiley dans le texte].

« Ne jugez pas un entrepreneur par sa taille, mais par ce qu'il a fait !... et par son résultat...», affirme Anne-Laure Constanza, fondatrice d'Envie de Fraise. Elle ajoute, comme un mot de fin : « La vraie Force, c'est la rentabilité. Yoda est petit mais énormément de Force il a ! »

Hélène Merillon

Hélène Merillon, fondatrice Youboox

8. « Toujours par deux, ils vont. Ni plus, ni moins. Le maître et son apprenti »

OUI, à 90 %, pour des entrepreneurs qui ont surtout envisagé le duo préconisé par Yoda comme un duo d'associés. « Deux, c'est mieux ! Plus de fun, plus de confiance en soi, plus de compétences, plus  de réseau » affirment les trublions du goût, pendant que Frédéric Granotier nuance « c'est plus sympa à deux, mais on peut commencer seul » et qu'Éric Alessandri de surenchérir « Pourquoi se limiter à deux ? » Mais si les bénéfices de l'association font peu débat, Maître Yoda faisait aussi référence dans ce conseil à la nécessité pour les entrepreneurs d'avoir un mentor. Même Einstein - dont les yeux ont servi de modèle pour ceux de Yoda (« Avoir un regard intelligent tu auras ») -, avait un mentor qu'il voyait très régulièrement. Et c'est Aleksandra Mandic qui le souligne : « OUI, on a besoin de mentor, de cofondateur, d'équipe ».

Aleksandra Mandic

Aleksandra Mandic, cofondatrice de Kwalito

9. « Un grand guerrier  ? Personne par la guerre ne devient grand. »

OUI et NON, à 50 %. Les entrepreneurs sont partagés sur ce conseil, mais pour une question sémantique uniquement, avec un conseil qui fait écho au côté obscur de la Force. Le terme de combat est préféré à celui de guerre, et le guerrier est validé au sens noble du terme : « Au moins jusqu'à la preuve de l'existence d'un business model crédible, l'entrepreneur est un guerrier... » nous disent Michel et Augustin; « l'entrepreneur doit être le premier au front quand il faut se battre », enchaîne Agnès Alazard-Rool.

Et si jamais il doit partir au combat, le choix des armes ne sera pas celui d'un guerrier traditionnel, répond Sarah Azan : « La persévérance et la confiance sont les meilleures armes des entrepreneurs ». Bien entendu, dans notre société il serait étrange de penser qu'aucune entreprise ne part en guerre, ainsi que le résume Éric Alessandri : « Un entrepreneur qui réussit respecte ses concurrents, même s'il y a bien quelques contre-exemples qui jouent directement aux méchants (Uber ?) ; le temps nous dira s'ils ont fait le bon choix. »

Charles Edouard Bouée - Marie Vorgan Le Barzic

Charles Edouard Bouée et Marie Vorgan Le Barzic, NUMA

10. « Un Jedi doit avoir l'engagement le plus profond, l'esprit le plus sérieux »

OUI, à 100 % - mais qui aurait osé dire non ? Pour répondre favorablement à ce conseil, les entrepreneurs mettent en avant les attentes de leurs équipes : « S'assurer d'embarquer tout le monde sur la bonne voie » pour Sarah Azan ; la confiance de leurs partenaires, « l'une des premières attentes des clients, fournisseurs et des actionnaires » pour Michel et Augustin ; et enfin affirmer la responsabilité de l'entrepreneur par rapport à la société : « Passé une certaine taille, il a un rôle social qui lui confère des responsabilités autres que celles du business » nous dit Arbia Smiti.

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Commentaire 1
à écrit le 16/12/2015 à 22:46
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il ne manque plus que gattaz et son sabre laser rouge...

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