Les énergéticiens bientôt ubérisés ?

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Xerfi Canal présente l'analyse de Philippe Gattet, Precepta
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, les nouveaux défis des énergéticiens

Va-t-on demain souscrire un contrat d'électricité ou de gaz auprès d'Apple ou de Google ? C'est fort possible, car on assiste à un rapprochement inéluctable entre le monde du numérique et celui de l'énergie. Et ce rapprochement résulte de deux évolutions majeures :

  • Les évolutions réglementaires d'abord, qui introduisent davantage de concurrence sur l'amont et l'aval de la chaîne de valeur. Cela signifie qu'EDF et Engie ne sont plus incontournables et doivent composer avec une concurrence de plus en plus sévère.
  • Côté mutations technologiques, la diffusion des smartphones, des objets connectés ou encore des smart grids (ou réseaux de transport et de distribution d'énergie intelligents) s'accompagne  de l'arrivée de nouveaux acteurs dans l'énergie : entreprises de services numériques, géants de l'IT, opérateurs télécoms, ou encore équipementiers électriques ou électroniques.

Bref, ces deux facteurs transforment les usages côté clients, bouleversent le métier d'énergéticien.

Un jeu concurrentiel complexe

Alors on le comprend, les mutations réglementaires et technologiques exigent des acteurs traditionnels de l'énergie qu'ils repensent leurs modèles d'affaires. Dans cette étude, notre expert a identifié et analysé trois grandes priorités pour les énergéticiens :

  • Primo, développer un nouveau mix énergétique efficient, en cédant notamment les actifs non stratégiques pour regagner des marges d'investissement et se redéployer sur les énergies vertes notamment.
  • Secundo, se diversifier davantage dans les services en misant par exemple sur l'effacement ou les solutions d'efficacité énergétique. Car n'oublions pas que les services sont un moyen de se différencier tout en répondant à l'émergence de nouveaux besoins ou usages côté clients.
  • Tertio : producteurs et fournisseurs d'énergie doivent aussi acquérir de nouvelles compétences compte tenu de la transition numérique actuelle : un directeur digital, des data analysts ou encore un community manager. En parallèle, il leur faudra aussi modifier leur structure organisationnelle suivant une logique test and learn compte tenu du caractère mouvant de la transition numérique.

Et si les énergéticiens se faisaient ubériser ?

C'est en tout cas un risque qu'il faut prendre en compte. En effet, le mariage du numérique et de l'énergie, que j'évoquais au début, fait émerger de nouveaux modes de création de la valeur au sein de la filière énergétique. Deux tendances nous paraissent vraiment disruptives :

  • Sur le terrain de la relation client, les acteurs de l'énergie doivent d'ores et déjà contrer la menace de capture des données clients et de la valeur par les géants de l'IT Google et Apple.  Tous deux cherchent en effet à bâtir des écosystèmes d'affaires dans le domaine de la maison connectée, à l'image de ce qu'ils font dans la voiture connectée.
  • A plus long terme, il s'agit aussi d'intégrer le risque de démocratisation du rôle de producteur. Hé oui, les énergies renouvelables décentralisées et les progrès réalisés en matière de stockage de l'énergie laissent imaginer que n'importe qui pourrait à terme devenir un véritable producteur d'énergie autonome. Et ce risque est d'autant plus grand que se développent actuellement des plateformes numériques d'intermédiation, mettant en relation des producteurs d'énergie décentralisés et des clients.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

On le comprend, ce nouveau contexte exige dès à présent des énergéticiens des inflexions stratégiques fermes et résolues pour ne pas se faire évincer de ce nouveau jeu concurrentiel...

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