BCE : les raisons d’envisager un activisme monétaire sont minces

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Jusqu'à présent, l'activité économique et la confiance du secteur privé ont plutôt bien résisté au sein de la zone euro.
Jusqu'à présent, l'activité économique et la confiance du secteur privé ont plutôt bien résisté au sein de la zone euro. (Crédits : DR)
Les gouverneurs de la BCE doivent se réunir jeudi. Pour de nombreux analystes, l'expansion du programme de rachat d'actifs ne fait aucun doute... Par Elga Bartsch, chef économiste Europe de Morgan Stanley.

Le Conseil des gouverneurs de la BCE tiendra cette semaine sa réunion régulière de politique monétaire. Les anticipations des marchés financiers quant à la politique monétaire à suivre se sont drastiquement intensifiées à l'approche de cette réunion. Pendant sa conférence de presse de septembre, la BCE elle-même a mis en avant les risques potentiels à moyen terme du côté de l'inflation et souligné qu'elle s'apprêtait à agir s'ils se concrétisaient. Voilà pourquoi les marchés financiers considèrent aujourd'hui comme relativement probable l'expansion du programme d'achats d'actifs de la BCE après la réunion de cette semaine.

Une baisse de l'inflation sans effet

Selon nous, ces prévisions vont probablement beaucoup trop loin. D'abord, le Conseil des gouverneurs voudra attendre les projections macroéconomiques de l'Eurosystème en décembre. Celles-ci, habituellement compilées par des experts de la BCE et des banques centrales nationales, établiront le véritable effet du ralentissement économique des marchés émergents, du repli des cours des matières premières et du raffermissement de l'euro sur les perspectives d'inflation à moyen terme.

Jusqu'à présent, l'activité économique et la confiance du secteur privé ont plutôt bien résisté au sein de la zone euro. La baisse des prix du pétrole semble continuer à dynamiser le pouvoir d'achat des consommateurs et les marges bénéficiaires des entreprises. Par ailleurs, on constate pour l'instant peu d'effet de ricochet de la cascade de baisse de l'inflation globale, notamment sur les hausses de salaires. Ces contre-effets secondaires semblent moins probables aujourd'hui qu'il y a un an à la lumière de la reprise continue et de l'utilisation croissante des ressources.

Hausse des taux d'intérêt de la Fed ?

Cependant, le regain de hausse du taux de change de l'euro sera probablement un sujet de préoccupation à l'ordre du jour pour la BCE. Ce raffermissement montre que les marchés n'attendent plus de hausse des taux d'intérêt de la part de la Réserve fédérale cette année. L'hypothèse nous semble pourtant toujours possible pour décembre.

En outre, le secteur industriel chinois semble se stabiliser. Il pourrait déjà connaître une réaccélération d'ici la fin de l'année et contribuer ainsi à moins d'instabilité du côté des marchés émergents. À notre sens, il n'est donc pas certain non plus que les préoccupations exprimées par la BCE en septembre se concrétisent.

Par ailleurs, le Conseil des gouverneurs devrait évoquer en détails les mesures de politique monétaire à prendre sous réserve que la BCE arrive à la conclusion qu'elle doit intensifier sa politique de relance. Nous pensons que l'abaissement du taux de dépôt et l'accroissement du rythme des achats mensuels seraient probablement des solutions plus efficaces que le prolongement du programme plus en avant en 2017. Il pourrait aussi s'avérer plus facile au sein du Conseil des gouverneurs de s'accorder sur une enveloppe de mesures que sur la prolongation jusqu'à l'été 2017.

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Commentaires
a écrit le 22/10/2015 à 19:46 :
La planche à billets (QE ....) n'iront pas jusqu'au ciel soyez en sûrs, très bientôt le big Krach obligataire mettra fin à l'idéologie néolibérale qui n'a rien à voir avec le libéralisme....
Les assurances vies partiront en fumées (elles sont adossées au dettes souveraines..) d'où viendra la petite éteincelle qui fera exploser les délires bancaires ? Et ce jjour là les états ne pourront plus éponger les dettes des banques, la route de la servitude néolibérale prendra fin et le retour à l'économie réelle sera violent avec une fermeture immédiate des "paradis fiscaux , on va rire !!!! écoutez Delamarche sur BFM ou youtube pour comprendre....
a écrit le 22/10/2015 à 9:24 :
Quels apprentis sorciers de la finance! Quand comprendront-ils que la croissance ne se décrete pas et qu'elle ne peut pas monter jusqu'au ciel.

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