L'immigration est l'un des sujets qui préoccupent le plus les Français. À chaque fait divers, quand un clandestin où un étranger sous OQTF s'en prend à l'un des nôtres, un sentiment de colère submerge le pays. À en croire le sondage Odoxa publié par Le Figaro le 14 septembre, 81 % des Français réclament des quotas migratoires, 75 % la tenue d'un référendum, 73 % le traitement de la demande d'asile dans un pays tiers et 72 % la suppression de l'AME (aide médicale d'État) au profit de l'AMU (aide médicale d'urgence).
C'est dire combien les inquiétudes sont partagées et la volonté populaire puissante. À avoir gardé trop longtemps les yeux fermés, à n'avoir pas décidé d'agir avec résolution, l'impression d'impuissance des pouvoirs publics s'est largement diffusée. Doublement préjudiciable, à la population tout entière frappée d'insécurité culturelle et aux immigrés eux-mêmes, trop nombreux pour être convenablement assimilés, ce tabou irrésolu fait le lit de tous les extrémismes qui prospèrent sur les vraies questions et les fausses réponses.