« Monsieur le président, parlez-nous ! » (par Hassen Hammou, fondateur du collectif « Trop jeune pour mourir »)
Hassen Hammou
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© LTD / PATRICIA HUCHOT-BOISSIER/ABC/ANDIA.FR
Hassen Hammou
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© LTD / PATRICIA HUCHOT-BOISSIER/ABC/ANDIA.FR
Monsieur Le Président, trente jours sont passés depuis votre visite surprise dans notre ville de Marseille. Ici, nous vivons cette accalmie des assassinats avec la peur au ventre. Avec votre gouvernement, n'abandonnez pas les familles des victimes et notre jeunesse.
Place nette ne doit pas devenir place vide, faites revenir la vie du quotidien. Rendez de l'espoir aux plus jeunes. Si aujourd'hui l'action politique ne passionne plus - ici, on n'y croit plus depuis longtemps -, les fausses promesses, les déplacements des ministres ont été perçus comme des actions superficielles ou des tentatives de relations publiques plutôt que comme des efforts concrets pour résoudre les problèmes réels auxquels sont confrontés les jeunes. Pourtant, nous croyons encore que l'action politique sincère peu l'emporter. En vous écrivant, je m'adresse sans doute à un passionné de Marseille. Vous êtes le président au plus grand nombre de déplacements dans notre ville, vous connaissez bien ses déséquilibres.
À lire également
Ici, il s'agit de faire renaître l'espoir dans les yeux de la jeunesse marseillaise, après tant de vies perdues. Au quartier, nous vivons chaque fusillade comme la dernière, pour ne pas penser au sort fatal du prochain gamin qui va finir au sol, abattu comme un rien, ou que l'on va retrouver carbonisé dans le coffre d'une voiture ou au pied d'un immeuble. Dans notre ville, plus qu'ailleurs en France, la fortune illicite se paie au prix fort. Ici, l'horloge du destin broie les rêves de grandes fortunes des jeunes vies paumées et nourrit les rancunes.
Hassen Hammou