Notre stratégie Blockchain pour la France

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Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O.
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O. (Crédits : DR)
OPINION. "La France doit se donner les moyens d'être pionnière en matière de Blockchain" estiment dans cette tribune le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, et le secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Cédric O. Ils dévoilent la feuille de route de l'Etat qui "doit jouer un rôle d'accompagnateur et de facilitateur."

Certains prétendent que la blockchain va bouleverser nos économies et marginaliser l'action publique. D'autres dénoncent une illusion technologique ou un phénomène de mode. L'avenir le dira. La blockchain et les autres technologies de registre distribué ont en tout cas le potentiel d'une innovation de rupture. La France doit se donner les moyens d'être pionnière en la matière.

La blockchain peut être une rupture technologique parce qu'elle porte une promesse : celle de décentraliser la confiance, de passer d'un modèle de tiers de confiance unique à un modèle où la capacité de validation est partagée et mutuellement contrôlée par une multitude d'utilisateurs.

En ce sens, la blockchain est l'incarnation d'une aspiration politique forte de l'époque contemporaine : celle d'une autorité moins concentrée, mieux répartie, mobilisant davantage l'initiative des citoyens et des parties prenantes.

Les usages de la blockchain sont d'ores et déjà prometteurs. Elle permet à des investisseurs, particuliers ou entreprises, d'acheter ou de vendre des actifs financiers en confiance, sans passer par des intermédiaires. Dans l'industrie agro-alimentaire ou la grande distribution, la blockchain offre une solution de traçabilité des produits parfaitement sécurisée, permettant d'éviter la fraude et d'apporter une information plus riche au consommateur. Dans le domaine de l'énergie, elle permettra le suivi de la production d'énergie solaire à l'échelle locale.

La semaine de la blockchain, que nous avons inauguré avec la Paris Blockchain Conference au ministère de l'Economie et des Finances, démontre le potentiel de l'écosystème français. Nous avons des startups de la blockchain qui bientôt deviendront des licornes. Nous avons des centres de recherche et des universités d'excellence pour former nos ingénieurs et nos développeurs aux technologies blockchain. Nous avons des grands groupes, qui expérimentent la blockchain dans leurs services et qui sont prêts à diffuser leurs innovations dans leur secteur.

Autant d'atouts majeurs pour réussir une conquête technologique à l'échelle de notre économie. Cette conquête suppose toutefois un environnement favorable. Parce que nous ne pouvons pas passer à côté d'un bouleversement technologique qui pourrait être décisif pour l'économie du XXIème siècle, nous proposons une stratégie blockchain pour la France.

Une question de souveraineté

L'Etat doit jouer un rôle d'accompagnateur et de facilitateur, en introduisant un cadre juridique apportant sécurité et confiance aux acteurs. Il doit permettre aux entreprises d'expérimenter, de développer leurs services sans imposer de contraintes inutiles.

Des étapes majeures ont été franchies. Nous avons été la première nation européenne à définir le concept de technologie de registre distribué dans le code monétaire et financier. Nous avons, dans la foulée, permis l'utilisation de la blockchain sur de nombreux d'instruments financiers représentants 2 000 milliards d'euros d'actifs. En adoptant le projet de loi PACTE, nous avons créé un cadre inédit garantissant la sécurité des émissions de jetons et de l'activité des intermédiaires en actifs numériques. Ce cadre permettra à la blockchain de devenir un maillon central du financement de
notre économie.

Nous devons à présent permettre à tous les secteurs de notre économie, notamment l'industrie, de se fédérer autour des cas d'usage les plus prometteurs. La technologie blockchain peut impulser des transformations structurantes dans l'industrie alimentaire, l'énergie ou le bâtiment. Elle peut offrir de nouveaux services aux consommateurs. Nous proposons donc d'intégrer ce nouveau levier d'innovation dans l'activité des filières industrielles.

Il faut ensuite continuer à soutenir les pépites de la blockchain, celles qui font l'innovation, celles qui peuvent être nos champions, de se financer et de se développer en France. Nous mobiliserons toute la force de frappe de notre « French Tech » et des financements publics dédiés aux innovations de rupture pour permettre leur essor. Nous lançons à cet effet un concours d'innovation auquel les projets blockchain seront éligibles.

Nous devrons regarder sans naïveté les enjeux de cette technologie, encore en cours de maturation. Elle soulève des questions de sécurité et de gouvernance. Certains protocoles, énergivores, sont incompatibles avec un développement économique soutenable. La blockchain pose enfin une question de souveraineté, parce qu'une mainmise technologique par un petit nombre d'acteurs disposant d'importantes capacités de calcul et de financement ne peut totalement être écartée et que les protocoles conçus par d'autres aujourd'hui peuvent devenir les standards de demain.

Nous prendrons ces défis à bras le corps. L'enjeu est majeur : assurer que les projets les plus innovants et les plus sérieux pourront s'épanouir en France et prendre leur essor, dans un cadre compatible avec nos valeurs et nos standards, au bénéfice de notre économie et de notre société.

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Commentaires
a écrit le 15/04/2019 à 14:04 :
le potentiel de l'ecosysteme francais, tout le monde le connait, c'est DAILYMOTION !
vous croyez vraiment que des gens vont developper des boites et investir temps et argent pour que des hollande/montebourg viennent couler ca en rigolant, au nom du socialisme patriotique reenchante?
demandez a melenchon de developper ca, il en a les moyens lui!
dans le meilleur des cas, il y aura un peu de R&D via le CIR, et sinon rien du tout
la france recolte ce qu'elle a seme
a écrit le 15/04/2019 à 13:09 :
Stratégie fiscale = impôt zéro, stratégie énergétique = solaire thermique pour faire du froid, chaleur fatale et moteur Stirling! Et tout ce petit monde paiera la TVA chez les commerçants!

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