Pour une Europe numérique

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(Crédits : DR)
Internet ne connaît pas de frontières ? Si, malheureusement, elles sont encore nombreuses, à la fois physiques, géographiques, sociales, financières ou règlementaires. Mais dans un monde de plus en plus connecté, de plus en plus ouvert, l'Union européenne, qui a dans ses gènes l'atténuation de l'effet frontière, est devenue l'échelon incontournable pour accompagner la révolution numérique. Par Anne Sander, députée européenne (LR, PPE, Fr), membre de la commission de l'industrie au Parlement européen.

Le 15 juin, l'abolition des frais d'itinérance est devenue une réalité. Amorcée il y a plus de dix ans, la baisse des surcoûts téléphoniques depuis l'étranger permet maintenant une connexion internet mobile partout en Europe.

Tous ceux qui ont franchi une frontière ont déjà reçu ce texto de leur opérateur leur indiquant les coûts prohibitifs de leurs prochains appels à l'étranger. Au sein de l'espace Schengen, ce message symbolisait le dernier « douanier numérique », dans une Europe de la libre circulation. Fébrilement, chacun vérifiait alors qu'il avait bien coupé les « données à l'étranger » de son smartphone et priait pour ne pas avoir à répondre à un appel urgent. Aujourd'hui, cette dernière sueur froide, ce dernier rite de passage, est aboli.

L'Europe numérique ne concerne pas uniquement les frais d'itinérance. Cette semaine, le Parlement européen a validé en commission Industrie la nouvelle initiative « Wifi pour l'Europe, » qui vise à financer, à hauteur de 120 000 millions d'euros, du wifi gratuit dans les lieux publiques comme les parcs ou les bibliothèques. Ce programme permettra de réduire la fracture numérique et sociale de ceux qui ne peuvent pas avoir accès à du haut débit ou à des services en ligne chez eux.

Moderniser les règles de concurrence entre opérateurs télécoms

Ces deux exemples sont les porte-drapeaux d'un politique numérique européenne concrète au service des citoyens. Enfin, derrière cette vitrine, une réforme structurelle d'envergure est en cours à Bruxelles, pour favoriser le déploiement de la fibre optique et de la 5G sur le continent.  Nous négocions actuellement la modernisation des règles de concurrence entre les opérateurs télécoms pour favoriser les investissements nécessaires dans les réseaux, estimés à 660 milliards d'euros, tout en subventionnant les infrastructures dans les zones moins denses. Les Fonds européens sont déjà mobilisés pour cela. En Alsace, le projet Rosace, qui raccordera 380 000 prises à l'horizon 2021, a bénéficié d'une aide européenne de 10 millions d'euros.

Cependant, la connectivité à internet n'est pas une fin en soi, elle est le préalable à la transformation numérique de notre économie et de notre société. Or, nous appelons maintenant l'Europe à se doter d'une véritable stratégie pour numériser son industrie et ses PME, pour accompagner la formation digitale des salariés et des personnes fragiles, pour éviter le dumping social ou règlementaire des nouvelles plateformes numériques, pour lutter contre les contenus illicite, les discours de haine et la cybercriminalité.

Ainsi, au-delà du symbole, la fin du roaming met en lumière l'avènement nécessaire d'une Europe du numérique.

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Anne Sander est députée européenne (LR, PPE, Fr), membre de la commission de l'industrie au Parlement européen.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2017 à 16:58 :
"l'Union européenne, qui a dans ses gènes l'atténuation de l'effet frontière,"

Oui oui bien sûr ,os dirigeants européens ne sont motivés que par ça c'est évident.

"L’Assemblée du Conseil de l’Europe veut démettre son président"

"Le sénateur valenciennois de 65 ans refuse depuis deux mois de démissionner en dépit des demandes en ce sens de tous les groupes politiques après un déplacement controversé en Syrie et les soupçons de corruption dont il fait l'objet." http://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN19I17D/l-assemblee-du-conseil-de-l-europe-veut-demettre-son-president.html

Vite un frexit.

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