Régionales : le second tour de tous les doutes

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(Crédits : DR)
Le résultat des régionales sonne comme un match nul qui ne se dit pas. Une chose est sûre, la France du refus électoral est toujours majoritaire. Par Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, CEO de ZENON7 Public Affairs et Président de j c g a

Comme une copie floue, inachevée, dominait un sentiment étrange hier soir après le verdict du second tour des élections régionales. Comme un match nul qui ne se dit pas et qui rassure presque tout le monde mais ne satisfait presque personne.
D'abord au nombre de Régions, voici la victoire sur le fil, quelques milliers de suffrages exprimés en Normandie, de l'alliance des Républicains, de l'UDI et du Modem qui l'emporte dans 7 territoires. Une victoire notamment couronnée par celle de Valérie Pécresse dans la Région symbole de l'Ile de France, celle du futur Grand Paris et par les Régions qui environnent les grandes métropoles de notre pays, Marseille et Lyon. Une victoire certes mais décevante, en particulier pour le leader des Républicains Nicolas Sarkozy.

Facile de décrire l'année 2016

Deux d'entre elles sont largement apportées en cadeau politique par l'incroyable boycott du PS du second tour en PACA et Nord Pas de Calais Picardie. Les Républicains et leurs alliés centristes rêvaient d'une vague sanctionnant lourdement dans les urnes le Président de la République et son gouvernement, un grand chelem fondateur qui n'est pas venu et qui laisse comme un goût amer et surtout ne clarifie en rien la stratégie des Républicains pour les grands rendez-vous de 2017. Nicolas Sarkozy a eu le mérite de décrire l'essentiel hier soir : la nécessité de l'union, au sein des Républicains et entre les forces de droite et du centre.

En réponse il a reçu des déclarations affirmées de candidatures à la Présidentielle, détaillée chez Alain Juppé, plus annoncée chez François Fillon ... un hommage ému au legs de Jacques Chirac par Valérie Pécresse et une critique ouverte de sa ligne politique de la part de Nathalie Kosciusko Morizet. Il est facile de prédire une année 2016 complexe pour Les Républicains qui vont vivre une Primaire préparatoire à l'élection présidentielle que l'on peut déjà annoncer sanglante.

Le PS limite la casse, sa stratégie annonce celle des législatives de 2017


Défaite surprise pour le PS et ses alliés qui limitent la casse tant attendue. Presqu'une victoire finalement, tant est puissant le mécontentement citoyen et totale la perte de confiance envers François Hollande et Manuel Valls et leur gouvernement. La gauche fait ainsi match nul dans les 10 triangulaires qui proposaient des seconds tour plein de suspense. Le PS a su mobiliser dans un contexte très défavorable, et notamment en choisissant de faire du FN son ennemi politique numéro 1.

C'est une stratégie qui annonce celle des législatives de 2017 dans des conditions similaires de triangulaires. C'est aussi une stratégie qui veut assurer un second tour de Présidentielle au futur candidat François Hollande contre la qualifiée d'office Marine Le Pen. Et là il faut se rappeler des résultats du premier tour qui disqualifie, pour l'instant, cette hypothèse.

 La France du refus électoral toujours majoritaire


Échec à la présidence pour le Front National qui ne parvient à s'imposer ni en format triangulaire, ni en format duel. Un résultat très éloigné des espoirs proposés par le premier tour qui faisaient du FN, le premier parti de France. Soyons clairs, tout semblait indiquer, la semaine dernière, que le FN aurait le plus grand mal à transformer son large leadership de premier tour en victoire électorale de second tour. Pour le FN il s'agit surtout de la poursuite d'un gagne terrain électoral en sièges et en légitimation politique au cœur de la stratégie de Marine Le Pen.

Ces régionales pleines d'élus viennent après des municipales et des départementales qui ont déjà boostées le nombre d'élus locaux. Reste que si l'on sait déjà, comme nous l'affirmons plus haut, que Marine Le Pen sera présente au second tour de la Présidentielle de 2017 et gagnera même le premier tour, à ce jour elle ne peut encore prétendre l'emporter au final. Et ces résultats jettent même un voile de doute sur la capacité du FN de réaliser une percée législative en 2017 dans la foulée des présidentielle. Il s'agit là pourtant de l'enjeu politique réaliste majeur du FN, entrer par la voie du scrutin majoritaire à l'Assemblée Nationale avant de transformer au Sénat ses performances locales.

Pas tout à fait un match nul hier soir mais presque et des enseignements qui produisent beaucoup d'incertitudes sinon de confusion pour les scrutins majeurs de 2017. Seule certitude : malgré un réel sursaut, la France du refus électoral est toujours majoritaire.

Jean Christophe Gallien
Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne
CEO de ZENON7 Public Affairs et Président de j c g a
Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 15/12/2015 à 8:49 :
Très bon article qui parle du sujet principal, les législative en 2017. Car Il est peu probable que Marine le Pen gagne la présidentielle si elle est présente au 2em tour (ce qui est fort probable actuellement). Mais dans la foulée le FN a toute les chances d'envoyer un nombre important de députés à l'assemblée (si on se rappelle que lors du premier tour des législatives, 45 départements ont mis le FN en tête, 31 le LR et 18 le PS !). Le PS a décider de ce désister systématiquement en cas de triangulaire favorable au FN, attitude suicidaire qui va le condamner. D'autant qu'il n'est pas dit que "tout sauf le FN" continu a faire recette surtout si les français considèrent que le pire a été éviter à la présidentielle. Dans l'assemblée les parties devront peut être faire des alliances "contre nature" pour avoir une majorité, alors LR et PS ou plus probablement LR et FN.
a écrit le 14/12/2015 à 17:16 :
Pour F.HOLLANDE jouer à une réélection style CHIRAC reste plus que dangereux, la seule chose qui peut influencer les votes, c'est une réduction massive du chômage ! La clé est là ! Le petit Nicolas qui ce qu'il faut faire après 5 ans d’inaction, est dès le départ hors jeux... tout sauf lui comme candidat ... une machine à perdre d'avance !
a écrit le 14/12/2015 à 17:01 :
Seule solution: Abolir le système à deux tours, bien Franchouillard et qui permet toutes les combines et magouilles !
a écrit le 14/12/2015 à 17:00 :
Ce que les français refusent c'est surtout le choix infernal pour 2017 Hollande, Marine Le Pen, Sarkozy!
Réponse de le 15/12/2015 à 8:17 :
gabuzo
peu de personnes ont la capacite de predire ce qui va se passer en france, et ailleurs..., d ici 2017.personnellement j ai idee qu un bruno le maire peut
s imposer sur la scene mediatique et poltique

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