Renforcer l'euro, repenser l'Europe
Maxime Maury et Jean-François Verdié

Photo d'illustration
FRANCOIS LENOIR
Maxime Maury et Jean-François Verdié

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FRANCOIS LENOIR
Par ailleurs, l'Union bancaire n'est pas achevée (assurance des dépôts incomplète) et il n'y a toujours pas d'Union de financement de l'investissement et de l'innovation avec émission de titres de dette et d'épargne communs. Pas de mutualisation significative des dettes publiques non plus.
Voici, en dépit d'une utilisation internationale importante de l'euro, la véritable faiblesse de la monnaie européenne par rapport au dollar. Son marché n'a pas la profondeur ni la liquidité des titres en dollars.
Enfin la monnaie unique n'est toujours pas adossée à une fiscalité commune ni à des régimes sociaux partagés.
C'est dans ce contexte de fragilité constitutive que cinq événements récents viennent reposer la question de la pérennité de l'euro :
Les risques de cette situation, à la veille d'une possible récession mondiale, suggèrent deux chantiers aussi difficiles qu'urgents pour renforcer l'euro :
L'ensemble plaide en faveur d'une évolution plus fédérale de l'Europe, mais le mot est frappé en France d'un tabou et d'une profonde incompréhension.
Les mesures annoncées par la BCE récemment reprennent celles lancées par Mario Draghi en 2012. Si les taux d'intérêt divergeaient sans raisons légitimes, la BCE interviendrait pour racheter des titres de dettes mais à condition que le pays aidé respecte les règles européennes.
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Cela pose deux problèmes opérationnels :
La refondation du Pacte de stabilité européen, abandonné en 2020, a été reportée en 2023. Cette procrastination découle de la difficulté à accorder les pays du nord et ceux du sud.
Le président français et l'ancien président du Conseil italien ont suggéré de concert que les dépenses d'investissement soient exclues des critères budgétaires (le plafond des 3% de déficit sur PIB).
Il faut maintenant concilier dans une synthèse intelligente trois exigences contradictoires :
La meilleure façon de faire serait de confier à l'échelon européen la fixation et le financement de l'effort d'investissement de tous. Et de rétablir pour les dépenses courantes les critères de Maastricht (déficit courant, déficit structurel, endettement).
Parallèlement, pour soutenir l'effort d'investissement commun, la dette Covid qui est inscrite à hauteur des 3/4 dans les comptes de la BCE serait rachetée par le Mécanisme Européen de Stabilité créé en 2012, mutualisée et amortie sur 30 ans.
Ce serait l'embryon d'une Union fédérale.
Le cercle de l'euro est proche de celui de l'Union européenne (27 pays) dont les membres ont tous vocation à rejoindre tôt ou tard l'Union monétaire. La règle paralysante de l'unanimité doit céder désormais à une règle de la majorité qualifiée.
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(*) Dr Maxime Maury, Officier des Palmes académiques, Professeur affilié à TBS Education, Ancien Directeur régional de la Banque de France et Dr. Jean-François Verdie, Professor - Economics and Finance, Associate Dean for Executive Education, Head of MSc Banking and international finance, TBS Education.
Maxime Maury et Jean-François Verdié