Soldes sur le pétrole !
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Dans le krach des marchés financiers en début de semaine, le pétrole occupe une place particulière. Le cours du Brent, déjà en baisse avant l'épidémie du coronavirus, accuse une dégringolade de plus de 52 % entre son dernier pic, le 7 janvier, et les jours passés, baissant de quelque 70 dollars à 33 dollars.
C'est une mauvaise nouvelle pour les pays producteurs qui voient fondre leurs revenus. De quoi les rendre extrêmement nerveux. Ainsi l'accord de réduction de l'offre pour maintenir un niveau minimum des cours qui liait l'Opep et d'autres pays producteurs depuis 2016 a volé en éclats après le refus de Moscou de le reconduire, préférant laisser jouer l'offre et la demande. Moins dépendante de l'or noir que l'Arabie saoudite (pour qui le pétrole pèse quelque 90 % de ses revenus), la Russie a une économie plus diversifiée et peut compter sur ses exportations de gaz naturel, dont les cours depuis leur dernier plus haut de novembre 2019 se sont dépréciés (- 29 %) mais moins que ceux de l'or noir.

En rétorsion, l'Arabie saoudite a décidé d'inonder le marché pour gagner des parts de marché à tout prix, sans se préoccuper des autres membres du cartel. Le royaume a indiqué vouloir pomper au maximum de ses capacités, soit au-dessus de 12 millions de barils par jour (mbj) contre 9,9 mbj aujourd'hui, tout en pratiquant un rabais immédiat des prix de son brut à ses clients. Cela devrait fragiliser certains pays comme la Libye, le Venezuela, l'Iran, ou l'Algérie et pousser de nombreux producteurs américains à suspendre leur production sinon à mettre la clé sous la porte pour les plus endettés avec des cours du baril passant sous leur coût de production.