Une détérioration de notre système social ?

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, une détérioration de notre système social ?

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« Depuis la mise en place de l'euro, la France consacre de moins en moins de moyen à son système de protection sociale » : c'est faux ! « Depuis la mise en place de l'euro, la performance du système de protection sociale s'est détériorée et le bilan est médiocre » : c'est vraie, en grande partie.

La France, pays largement socialisé malgré l'euro

C'est un fait la France reste championne du monde de la dépense sociale. Les transferts sociaux publics c'est-à-dire l'ensemble des prestations en espèce (santé, vieillesse-survie, famille, emploi, logement, pauvreté-exclusion sociale) que touchent les individus, ainsi que les prestations en nature (remboursement de soins, aide au logement, etc.) atteignent 32,1% du PIB contre moins de 28% en 1999. Le bond est spectaculaire, les dépenses sociales ont progressé de près de 47% en euros constants depuis l'introduction de la monnaie unique, contre +25% pour le PIB. C'est près de deux fois plus. Rapporté au nombre d'habitants, le montant reçu est passé, sur la même période, en euros constants, de 7.773 à 10.310 soit une hausse de 33%.

Ces mouvements sont en partie liés aux évolutions de la population française, le poste vieillesse-survie qui comprend principalement le versement des pensions de retraite (de base et complémentaires) est ainsi passé de 12% du PIB à près de 15% sous l'impact des départs des classes d'âge nombreuses des baby-boomers et de l'allongement de la durée de vie des retraités. Idem, le vieillissement de la population à un impact sur les dépenses de santé. Mais il en demeure pas moins que même les autres postes sont aussi en hausse. La France figure donc toujours bien 20 ans après l'introduction de l'euro dans le club des pays les plus socialisés au monde et finalement jamais l'effort de la Nation n'a été aussi important.

De piètres résultats

Mais pour quels résultats ? En matière de conditions monétaires, la tendance naturelle à la baisse du taux de pauvreté s'est interrompue au milieu des années 2000 et il est aujourd'hui équivalent à celui de 1999. Quant aux inégalités de revenus mesurées par le coefficient de Gini, elles sont en hausse depuis 2010

A cela s'ajoute une grande zone de disfonctionnement social, le marché du travail. Il y a d'abord la trappe que constitue le chômage et qui souligne l'inefficacité des dispositifs d'accompagnement, de prospection des emplois, de formation et de reconversion. C'est tout cet ensemble qui est en échec en France où pour des dépenses comparables à celles de l'Europe du Nord les résultats demeurent très en deçà. La raison est simple : la politique sociale qui prévaut ici est passive. Son volet actif, réparateur, est sous équipé. Pôle emploi est saturé humainement parlant. Les outils numériques de prospection et d'appariement des offres et des demandes mis à disposition des chômeurs sont sous-développés. Le maquis du système de formation s'avère insuffisamment fléché vers les chômeurs et inefficace en matière de reconversion.

La qualité du système de santé peut être appréhendée par l'espérance de vie. En forte hausse ces dernières décennies, elle est bloquée du côté des femmes depuis 2009 à un peu moins de 86 ans et stagne chez les hommes depuis 5 ans à 79,5 années. La mortalité infantile est un autre indicateur de l'efficacité du système de santé. L'orientation à la baisse qui était une tendance forte s'est inversée.

Il est finalement une donnée hors radar des économistes, qui nous permet de prendre la mesure, de façon certes plus diffuse mais aussi plus englobante, des difficultés croissantes d'inclusion sociale. C'est le nombre de prisonniers. Sa montée est symptomatique de la mise en échec de notre modèle social et le taux de détention, c'est-à-dire le nombre d'incarcérés par rapport à la population est à un pic.
Bref, jamais la déconnexion entre les efforts demandés à tous et les résultats n'a été aussi importante. Le début des années 2000 marque une cassure. Comme si notre appareillage social, à défaut de régresser, n'était plus à la hauteur de la mise en tension du corps social. C'est en enjeu qu'on ne peut esquiver, faute de quoi, c'est la porte ouverte à toutes les démagogies.

 >> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique

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Commentaires
a écrit le 31/05/2019 à 12:03 :
Il y a une solution à tout ça :
M.Macron choisit des «  experts- sociaux/ financiers » et lance une grande campagne d’Audit au sein de tous les hôpitaux , antennes de sécurité sociale , CAF, Carsat, centre des impôts , pôle emploi
et au bout de 6 mois : proposer des des réformes qui ont pour but de rendre ces structures : efficaces , meilleure gestion financière et cohérentes dans le partage sociale en France .

Voire comment font ces structures pour fonctionner et aider le publique.

Une Audit de «  masse » est la solution pour «  corriger » les problèmes.
a écrit le 31/05/2019 à 10:59 :
En France, nous survivons sur nos acquis depuis notre entré dans cet administration hors sol qu'est l'UE de Bruxelles.
Celle-ci n'a d'autre but que d'uniformiser la zone sous sa tutelle!
Les "progressistes" nous font régresser!
a écrit le 31/05/2019 à 10:07 :
il y a quelques jours Xerfi disait que les Français se portaient mieux que les autres.

meilleure fécondité des pays développés. 4e meilleure espérance de vie (OMS). les retraités français sont parmi les moins pauvres avec les Danois et Néerlandais (OCDE). ils sont parmi ceux qui sont en meilleure santé avec Japonais, Suisses et Singapouriens (This country has the healthiest retirees in the world, MarketWatch, 14/03/2019). système de santé le plus performant au monde sur les morts évitables (Eurostat ; Commonwealth Fund, 09/2011).
taux de pauvreté parmi les plus bas des pays développés et a baissé en 2017 (Eurostat ; OCDE). classe moyenne solide à 66% de la population contre 50% aux US (France Stratégie, 02/2016 ; Pew Research Center, 04/2017). la fréquentation des cinémas est bien plus élevée en France qu'au UK et en Allemagne (observatoire européen de l'audiovisuel ; Wikipedia).
France 3e aux Euroskills 2016/2018 et 7e des Worldskills 2017. très bons classements en innovation/R&D (Clarivate ; Reuters ; Deloitte Tech Fast). nombre d'apprentis en forte hausse en 2018. la France tend à remplacer des jobs moyennement qualifiés par des jobs plus qualifiés, alors que c'est l'inverse au UK (Financial Times, 01/2015). bon système d'éducation, quoi.
etc...

au final, la France est le pays le plus équilibré. le dernier modèle debout.
Réponse de le 31/05/2019 à 11:57 :
Assez d'accord avec vous. Il y a certainemet des marges de progrès pour augmenter l'efficacité mais, globalement, notre système fonctionne et n'est pas si mal équilibré. Rarement premier, toujours bien placé : c'est la clé d'une bonne performance globale sur le long terme, car la performance pour la performance est coûteuse.
a écrit le 31/05/2019 à 9:36 :
Le tout social n'est pas une solution, car il encourage la natalité, donc la pauvreté à se reproduire. La bonne solution, c'est le malthusianisme, lui seul peut lutter contre la surnatalité.
a écrit le 31/05/2019 à 9:18 :
"Il est finalement une donnée hors radar des économistes, qui nous permet de prendre la mesure, de façon certes plus diffuse mais aussi plus englobante, des difficultés croissantes d'inclusion sociale. C'est le nombre de prisonniers. "

Excellent !

Par contre il y a une réelle détérioration des prestations sociales oui c'est évident, on connait tous les énormes conséquences de dents mal soignées pour la santé et donc au final la productivité d'un individu hors c'est l'un des soins les moins bien remboursés.

Ceci aussi prouve également que nos responsables politiques et économiques se sont totalement perdus du fait de leur cupidité.

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