Le fonds régional Cap Innov'Est prend goût aux biotechs

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Le 18 février, le troisième comité d'investissement d'Alsace Capital, la société de gestion de Cap Innov'Est, donnera son feu vert à quatre nouveaux projets de prise de participation, dont deux biotechs alsaciennes.
Le 18 février, le troisième comité d'investissement d'Alsace Capital, la société de gestion de Cap Innov'Est, donnera son feu vert à quatre nouveaux projets de prise de participation, dont deux biotechs alsaciennes. (Crédits : Décideurs en région)
Les start-up alsaciennes se taillent la part du lion dans ce fonds d'amorçage dédié au financement de l'innovation en Alsace, en Bourgogne et en Franche-Comté.

Banco pour les start-ups alsaciennes. Le fonds régional d'amorçage Cap Innov'Est, projet commun des régions Alsace, Bourgogne et Franche-Comté, a validé sept dossiers d'investissement depuis son lancement en 2014. Parmi les startup soutenues, cinq sont alsaciennes. Quatre entreprises (Bionext, Inoviem Scientific, Emosis, Infinite Vision Optics) sont issues de l'écosystème strasbourgeois des biotechnologies. Le 18 février, le troisième comité d'investissement d'Alsace Capital, la société de gestion de Cap Innov'Est, donnera son feu vert à quatre nouveaux projets de prise de participation, dont deux biotechs alsaciennes.

Jean-Lin Bergé, président d'Alsace Capital, confirme un démarrage en trombe :

« Le spectre des spécialistes alsaciens des biotechnologies et des technologies médicales donne les meilleurs dossiers. Si les dossiers du 18 février sont acceptés, nous aurons engagé 9 millions d'euros sur les 36 millions disponibles dans le fonds Cap Innov'Est ».

Destiné à accompagner les entreprises innovantes sur treize ans, avec des tickets moyens autour d'1 million d'euros, le fonds Cap Innov'Est apporte la brique manquante dans le financement des start-ups dans l'Est de la France. Le Fonds national d'amorçage est son premier contributeur avec 20 millions d'euros. Viennent ensuite les collectivités, la BNP, les caisses d'Epargne, Capital Investissement Franche-Comté et Safidi, filiale d'EDF. L'association avec deux régions voisines au sud de l'Alsace semble incohérente dans le contexte de la réforme territoriale, qui prévoit un rapprochement de l'Alsace avec la Lorraine et Champagne-Ardenne.


Carton plein sur les investissements

Elle apporte, en revanche, un sens à la fusion prévue entre la Franche-Comté et à la Bourgogne. A condition que ces dernières soumettent, à l'avenir, des dossiers compétitifs et à la hauteur de leur engagement financier (6 millions d'euros), supérieur à celui de l'Alsace (4,5 millions d'euros). « Nous avions des outils d'apport en fonds propres et des outils d'aide au retournement, mais rien dans cette phase en amont, très risquée, de l'amorçage », reconnaît Marie-Guite Dufay, présidente socialiste de la région Franche-Comté.

François Patriat, président (PS) du conseil régional de Bourgogne poursuit :

« Chacun a développé sa propre stratégie d'innovation et à l'international. La mise en commun des fonds nous permet d'atteindre la taille critique nécessaire pour accompagner les start-ups qui ont besoin de fonds propres »

A Besançon et à Dijon, on ne s'inquiète pas encore du retour sur investissement. « L'Alsace va faire un carton plein sur le programme Investissements d'Avenir », promet Pascal Werner, directeur au Commissariat général à l'investissement.

« Cette région possède un écosystème complet avec des laboratoires de recherche universitaire, la société d'accélération et de transfert de technologie Conectus, le pôle de compétitivité de la Biovalley et un institut hospitalo-universitaire tourné vers l'entreprise ».

Garder un avantage concurrentiel

Pour les start-ups concernées, l'existence d'un financement régional constitue un accélérateur de croissance sans équivalent. Inoviem Scientific, fondée en 2011, veut se concentrer sur l'amélioration des principes actifs des médicaments et sur la médecine personnalisée. L'entreprise vient de lever 500 000 euros auprès de Cap Innov'Est.

« L'objectif est de garder un avantage concurrentiel sur des technologies concurrentes développées en Allemagne et en Suisse », annonce Pierre Eftekhari, son président. Bionext, qui a mis au point et breveté des modèles de calculs qui permettent d'anticiper le mode de fonctionnement d'un candidat médicament, a levé 800 000 euros auprès de Cap Innov'Est.

« Notre modèle économique repose sur la vente de services en ligne, avec un paiement à l'acte ou par abonnement », explique Serge-Henri Albou, son président-directeur-général. Issue d'un croisement entre les technologies de l'information et les biotechnologies, alimentée par la génomique et le séquençage de l'ADN à grande échelle, la technologie de Bionext a attendu cinq ans avant d'atteindre son marché. L'entreprise (5 salariés), fondée en 2009 et tout juste sortie de l'incubateur strasbourgeois Semia, va s'installer cette année dans de nouveaux locaux pour voler, enfin, de ses propres ailes.

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