Turbomeca, modèle français de l’usine du futur

Nicolas César, à Bordeaux - Objectif Aquitaine

Nicolas César, à Bordeaux - Objectif Aquitaine
L'usine de Turbomeca, à Bordes, (Pyrénées-Atlantiques), à une dizaine de kilomètres de Pau, est le berceau du leader mon-dial des turbines d'hélicoptère.
Une usine ultra-performante, qui n'aurait peut-être pas vu le jour ici sans l'aide des collectivités locales. Mais, l'enjeu était de taille. Il s'agissait de maintenir cette filiale de Safran et plus de 2.500 emplois dans le Béarn.
En outre, les locaux n'étaient même plus aux normes d'hygiène et de sécu-rité. Autre problème de taille, cela entraînait un cloisonnement entre les services.
« Il aura fallu un certain nombre d'années pour que cette usine émerge », rappelle François Pellerin, le directeur du site à l'époque, qui pilote aujourd'hui le projet «Usine du futur» pour le conseil régional d'Aquitaine. La réflexion a été entamée au début des années 2000.
Mais sa construction, à 800 mètres du site historique, a débuté au printemps 2007 et a été achevée en septembre 2009. Symboliquement, elle porte le nom Joseph Szydlowski, fondateur de Turbomeca.
Mais, il faut dire que l'entreprise fabrique à Bordes au moins 600 des 1000 moteurs conçus chaque année par le groupe dans le monde.
Les collectivités régionales ont largement contribué à l'effort financier pour reconstruire l'usine: 11 millions de la région Aquitaine et 4 millions du conseil général des Pyrénées-Atlantiques.
Par ailleurs, 38 millions d'euros de subventions publiques ont été investis sur les bâtiments annexes de la zone industrielle, Aeropolis, avec un centre de formation interentreprises, un hôtel d'entreprise pour sous-traitants, un restaurant interentreprises, une crèche intercommunale...
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Le challenge était de taille. Il a fallu construire cette usine de 42.000 m, déplacer plus d'un millier de personnes et 450 machines, sans avoir d'incidence sur la production de Turbomeca et « sans retard pour les clients », souligne Laurent Mazoué.
À cet effet, une équipe spéciale a été missionnée pour organiser au quotidien le mouvement des machines dans l'usine. Plusieurs scénarios ont été imaginés afin de prévoir l'indisponibilité de celles-ci et anticiper le stock supplémentaire à produire.
Mais, le défi en valait largement la peine. Ce site high-tech et la nouvelle approche organisationnelle ont permis des gains de productivité de 50%
Parallèlement, 25 millions d'euros ont été investis en trois ans dans de nouvelles machines pour davantage gagner en productivité.
Au final, le résultat parle de lui-même:
Selon lui, le cycle de production peut être encore abaissé de 30%, tout en améliorant continuellement la qualité.
À cet égard, le lean management, inspiré de Toyota, a été mis en place. Il s'agit d'impliquer l'ensemble des opérateurs dans le contrôle visuel des pièces, de traiter les anomalies au plus près et de les détecter au plus vite. Mais aussi d'écouter les propositions des salariés pour résoudre des problèmes et «libérer» des énergies.
Tout ceci a permis de maintenir les effectifs à 2600 personnes. L'usine a retrouvé un second souffle. Cette année, 50 cadres et 50 non-cadres ont été recrutés.
Aujourd'hui, l'expérience de Turbomeca à Bordes fait donc figure de modèle au sein du groupe Safran. Les mêmes méthodes ont été utilisées pour le transfert en 2011 du site de Mézières-sur-Seine vers Buchelay, toujours dans les Yvelines.
Désormais, c'est un site voisin, Turbomeca à Tarnos, dans les Landes, qui se prépare à ce grand changement
Nicolas César, à Bordeaux - Objectif Aquitaine