CBN, de la chemise de luxe aux masques en tissu

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CBN, qui a réalisé 20 millions d'euros de recettes en 2029, mobilise 12% de son personnel pour fabriquer gratuitement des masques sanitaires depuis une dizaine de jours.
CBN, qui a réalisé 20 millions d'euros de recettes en 2029, mobilise 12% de son personnel pour fabriquer gratuitement des masques sanitaires depuis une dizaine de jours. (Crédits : DR)
ECUEILLE (36). Depuis le 23 mars, Confection Boischaut Nord (CBN), chemisier de luxe notamment pour la marque japonaise Comme des garçons, produit plus de 6.000 masques de protection en tissu par semaine. Les demandes affluent de tout l'Hexagone.

6.922 masques fabriqués et livrés entre le 23 et le 28 mars, et 10.000 nouvelles commandes à honorer d'ici le 3 avril pour le fabricant de prêt-à-porter basé à Ecueillé dans l'Indre, à 50 kilomètres de Châteauroux. L'annonce sur sa page Facebook par Confection Boischaut Nord (CBN) de cette reconversion partielle de son activité s'est répandue comme une trainée de poudre. Y compris hors de la région Centre Val de Loire.

Ainsi une maternité des Hauts de France vient de recevoir plusieurs dizaines de masques en tissu made in Berry. La majorité de la production a été offerte à des Ephad de l'Indre, mais aussi aux Associations de service pour le maintien à domicile (Asmad) du département de l'Indre et Loire et du Loir et Cher, ainsi qu'à des sages-femmes. Les professions non-médicales en contact avec le public ne sont pas en reste. « Hôtesses de caisse, employés des transporteurs ou des pompes-funèbres, commerçants de bouche sont les grands oubliés face à la propagation du Covid 19, explique Richard Boireau, Pdg de CBN. Dans le contexte de risque sanitaire décuplé pour ces salariés, un groupe de travail a créé en urgence un prototype de masque en tissu avant d'en lancer la production ».

Chasubles pour pensionnaires d'Ephad

Confection Boischaut Nord mobilise ainsi depuis dix jours six de ses 49 salariés sur cette nouvelle ligne de production. A la clé, un produit de moindre performance que les masques non-tissés type FFP2, mais néanmoins efficace. « Pénurie oblige, nous permettons au moins aux utilisateurs de se protéger avec un bon niveau de qualité. Nos masques sont formés de trois épaisseurs, coton, ouate et polyester, et, surtout, sont lavables », poursuit le dirigeant qui estime jusqu'à présent ses coûts de matière première et de machine à 12.000 euros. L'initiative de Confection Boischaut Nord semble par ailleurs faire flores. Ainsi le fabricant à façon de chemises de luxe vient d'être contacté par une maison de retraite de l'Indre. La demande urgente de l'Ephad porte cette fois sur des chasubles de protection en coton pour ses pensionnaires.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2020 à 12:02 :
Chez moi dans le Gers, l'APMR (association qui s'occupe des personnes âgées) de Vic-Fézensac se fournit en masque en tissu auprès de couturières locales. Parmi elles, certaines auto-entrepreneuses ont de très faibles revenus. L'APMR ne rémunère pas ces couturières sous le prétexte que... c'est leur participation à l'effort collectif ! Quid de celles-ci ? quand l'épidémie sera passée les parents des personnes âgées feront-elles un geste financier ?! les autorités honoreront-elles ces couturières ?! Lecteurs, contactez l'APMR où la mairie de Vic-Fézensac pour exiger qu'elle paie les masques dont elle bénéficie.

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