La première pépinière d'entreprises réservée aux femmes

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Le premier incubateur réservé aux femmes, Paris Pionnières, a été créé en 2005. Avec un taux de réussite de 80%, le succès a été rapide : une douzaine de villes en France et dans le monde ont suivi le mouvement. Cette fois, Paris Pionnières, lance la première pépinière d'entreprises pour femmes uniquement, dans le 11ème arrondissement. Et, là aussi, les demandes de créatrices d'entreprises affluent.

«Les femmes ont moins confiance en elles que les hommes. Elles sont souvent moins ambitieuses et ont tendance à démarrer leur entreprise avec moins de financements. Cela leur prend donc plus de temps qu'aux hommes pour atteindre le point d'équilibre. C'est pour cela que Paris Pionnières existe depuis 2005 », explique Sophie Meurisse, l'une des responsables du premier incubateur réservé aux femmes. Depuis quelques semaines le seul incubateur au féminin a donné naissance à la première pépinière d'entreprises réservée aux femmes. La petite structure grandit c'est pour cela également que Paris Pionnières a fait des petits un peu partout en France (Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes entre autres grandes villes), en Europe (Bruxelles, Luxembourg) et au Maghreb (Maroc et, bientôt, la Tunisie). Une quasi multinationale.
 

«Je voulais me lancer, mais j'étais seule»

 Paris Pionnières attire beaucoup de femmes souvent bardées de diplômes et avec une expérience professionnelle importante en entreprise. Jeanne Coffe, diplomée d'HEC, a travaillé dans une multinationale pendant 4 ans en Chine, à Londres et à Paris. Mais elle a absolument voulu intégrer un incubateur pour développer «mondéfilé.com» : un site astucieux qui regroupe des jeunes créateurs quasi inconnus. Les internautes choisissent les modèles, Mondéfilé.com les produit et les livre. Jeanne Coffe a intégré l'incubateur d'HEC en février 2011 et celui de Paris Pionnières 6 mois plus tard : « je voulais me lancer mais j'étais seule, explique t elle. Et je n'avais pas envie du tout d'être seule. L'incubateur a eu deux avantages. D'abord l' accompagnement pratique. HEC c'est très bien mais on est trop souvent dans le théorique. L'administratif du tribunal de commerce, on ne sait pas. Comment se faire référencer par Google, non plus. Ensuite, j'ai été entourée de créateurs avec le même besoin de discuter, d'échanger, d'évoluer. L'émulation est énorme». Aujourd'hui elle a 13m2 dans la pépinière, 3 personnes qui travaillent avec elles, une bonne presse et un chiffre d'affaires prometteur pour 2012.

  

«Les portes des banques s'ouvrent beaucoup plus facilement »

 Virginie Simon, fortement diplômée aussi (ingénieur en biotechnologies et docteur en nanotechnologies), rajoute deux autres avantages : la notoriété et le réseau de Paris Pionnières. « C'est plus facile, beaucoup plus facile d'aller voir une banque ou de lever des fonds avec le label Paris Pionnières. Le comité de sélection de l'incubateur ou la pépinière a des réprésentants d' Oséo, Total, HSBC, la Caisse des Dépots ou la MEDEF. Ça rassure les banques et leurs portes s'ouvrent beaucoup plus facilement ». Virginie Simon a créé en 2010 MyScienceWork, une plateforme de communication scientifique sur internet. Une centaine de millions d'articles scientifiques en open access servent de base à un réseau social de scientifiques. Et la force de ce réseau permet à MyScienceWork de démarcher les institutions (universités, fondations, grandes écoles, écoles d'ingénieur et de commerce, pôles de compétitivité...) pour leur créer des portails et leurs propres réseaux sociaux. Virginie Simon  était seule avec son associé il y a deux ans. Ils sont 7 aujourd'hui en CDI et viennent de lever des fonds (une jolie somme à 6 chiffres) et ils attaquent l'Europe. L'année dernière ils étaient en phase d'incubation, cette année ils sont dans la pépinière, dans un an ils devront être sortis des locaux de la rue du Chemin Vert à Paris et installés solidement. Pendant ces deux ans, ils ont été constamment suivis : Paris Pionnières est un des rares incubateurs à donner un référent attitré à chaque créatrice en plus de tous les consultants qui suivent les dossiers. Il ne les lâche jamais.

 

Un taux de réussite de 80%

« Aujourd'hui notre taux de réussite attire les créatrices, explique Sophie Meurisse.  Toujours le même problème de confiance des femmes. Mais plus notre taux de réussite grimpe, plus elles demandent à être accompagnées. Depuis 2005 nous avons traité à peu près 2 000 demandes de créatrices, 120 entreprises ont été créées : 80 ont suivi toute la période d'incubation et 40 ont vite volé de leurs problèmes ailes sans aller jusqu'au bout de l'année d'incubation. Notre taux de réussite : 80% ! » Ce taux de réussite très élevé à une cause évidente : les entreprises sont tellement accompagnées et préparées à affronter le marché qu'elles sont beaucoup plus solides que les autres.

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