Les chantiers du BTP fonctionnant toujours en mode dégradé, le gouvernement vient de mandater un préfet chargé d'établir une méthode opérationnelle ainsi qu'un plan de redémarrage pour le secteur. Or, "les surcoûts impactent fortement la reprise", alertent les présidents de la Fédération française du bâtiment (FFB) Jacques Chanut et Patrick Liébus de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB).Port de charges lourdes, proximité, superposition des tâches... autant de mouvements qui restent délicat à effectuer dans le bâtiment et les travaux publics, en cette période de confinement. Malgré la publication il y a un mois d'un guide des bonnes pratiques co-construit par les syndicats, le patronat et le gouvernement, les chantiers du BTP fonctionnent toujours en mode dégradé.
Face à ce constat, le 24 avril dernier, les six ministres et secrétaires d'Etat concernés - Economie et Finances, Cohésion des territoires, Transition écologique et solidaire, Travail - ont chargé le préfet Philippe Mahé de se mettre au chevet des professionnels concernés.
Une méthode opérationnelle et un plan de redémarrage
Dans sa lettre de mission, que La Tribune a pu récupérer, il est lui demandé un "rapport de synthèse qui récapitule l'ensemble des propositions qui puissent constituer une méthode opérationnelle que les acteurs de la filière s'approprient avec l'unique objectif de la reprise rapide des chantiers ainsi qu'un plan de redémarrage retenant et articulant tout ou partie de ces propositions (...)".
Dix jours après l'envoi de ce courrier, "ça repart doucement", témoigne le président de la Fédération française du bâtiment (FFB). "Je prévois que 90% des entreprises auront repris d'ici à la fin du mois avec un taux de 60% à 70% d'activité" contre 30% aujourd'hui, confie Jacques Chanut à La Tribune.
Problème: "Ça coince encore sur les chantiers des particuliers", ajoute le patron de la FFB. Ce que confirme le président de la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB). Avec la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), ils avaient demandé, le 17 mars dernier, un "arrêt provisoire" des chantiers le temps de "s'organiser".
"Oui, le contexte est compliqué pour travailler chez les particuliers, nos clients ont besoin d'être rassurés.Certains d'entre eux refusent, d'autres reportent ou annulent par peur de manque de moyens financiers ou par volonté d'épargner dans les mois à venir", relève Patrick Liébus. "Combien de temps cela va-t-il durer ces stop-and-go ? Aura-t-on suffisamment de travail dans la durée ? Aujourd'hui je ne suis pas en mesure de l'évaluer."