Francazal : l'aviation d'affaires pourra cohabiter avec les studios de cinéma

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Youssef Sabeh, président de SNC Lavalin Aéroports / photo Rémi Benoit.
Youssef Sabeh, président de SNC Lavalin Aéroports / photo Rémi Benoit.
Alors que le gouvernement vient d'apporter son soutien au projet de studios de cinéma sur l'ancienne base militaire de Francazal, SNC Lavalin Aéroports, qui exploite une partie du site, poursuit son activité. Son président, Youssef Sabeh, fait le point sur les travaux entrepris, l'aviation d'affaires, l'appel d'offres de l'État pour le choix d'un exploitant pérenne de la plateforme.

Vous avez été désigné en décembre 2010 pour exploiter le site. Votre mission devait durer un an, reconductible deux fois avant qu'un appel d'offres ne décide de l'identité de l'exploitant pérenne. La 1re reconduction a-t-elle déjà eu lieu ?
L'arrêté d'occupation attribué à SNC Lavalin était effectivement d'une année, reconductible deux fois par période de six mois. Nous en sommes donc aujourd'hui à la première reconduction. Nous ne maîtrisons pas le calendrier de l'appel d'offres puisque celui-ci est lancé par l'État et que des réunions interministérielles doivent encore se dérouler pour finaliser le processus.
En répondant au premier appel d'offres en 2010, nous avons clairement démontré que nous avons cru en Francazal, en sa reconversion et en son potentiel. Aujourd'hui, nous en sommes doublement convaincus et SNC Lavalin se positionnera naturellement pour répondre à l'appel d'offres pour le choix de l'exploitant pérenne de la plateforme.

 Où en est la reconversion en aérogare d'aviation d'affaires ?
La première étape de la reconversion du bâtiment, dit « PC commandement » a été la reconstruction de la tour de contrôle afin de supprimer la tour mobile dans laquelle ont commencé nos opérations. La nouvelle tour a été mise en service en avril l'année passée. Nous avons ensuite débuté les démarches administratives pour obtenir le permis de construire, transformer le bâtiment en un Établissement recevant du public (ERP) puis entreprendre les travaux. Travailler sur un site encore « classé Défense » prend toujours plus de temps, les communes concernées n'ayant de surcroit pas de plans d'urbanisme sur cette partie. La réception du chantier a été faite le 26 mars, ce qui nous permettra d'ouvrir au public dans les prochains jours.

Combien d'entreprises sont installées sur site, totalisant combien d'emplois? D'autres sont-elles intéressées ?
Notre première année d'exploitation a été très positive sur bon nombre d'aspects. Nous avons implanté sur Francazal dix entités nouvelles et louons plus de 22.000 m2. Nous rencontrons toutes les semaines différents prospects professionnels de l'aéronautique afin d'initier de nouveaux projets. L'aéroport est opérationnel et entièrement au service de ses clients ; il dispose de carburant pour les avions et d'installations désormais adaptées.
Une fois l'approbation par les services de la Navigation aérienne des procédures adaptées aux vols aux instruments, Francazal aura de nouveaux atouts pour son développement futur. Le développement aéronautique et extra aéronautique est réel et prometteur ; il est significatif des potentialités du site.

L'enclavement du site ne vous inquiète pas ?
Francazal nous semble idéalement situé pour un développement conforme aux attentes. Le site est proche des principales agglomérations et les communes voisines disposent non loin d'un potentiel foncier disponible pour créer dès que nécessaire des logements. Pour le moyen terme, nous étudions déjà avec les collectivités, l'État et les communes voisines une desserte collective du site (tram, bus, métro...) mais aussi une nouvelle organisation des voiries d'accès ou de dessertes de l'aéroport. Le site n'ayant plus les contraintes de la Défense, plusieurs scénarii sont réalisables et amélioreront sensiblement la circulation. A plus long terme, il faudra bien entendu améliorer les accès de Francazal vers les voies rapides de contournement de Toulouse qui passent non loin du site. Tout cela est fort possible et profitera à l'ensemble du territoire.

Raleigh projette d'installer des studios de cinéma près de la zone aéroportuaire. Comment envisagez-vous ce projet ?
Le projet, très clairement, est tout à fait compatible avec la vocation aéroportuaire et aéro-industrielle du site. Le préfet de Midi-Pyrénées a très tôt rappelé la nécessité d'un projet compatible avec les contraintes aéroportuaires. Cette problématique a donc été intégrée par les porteurs du projet que nous suivons particulièrement. Il est évident que la réalisation des studios serait un formidable atout pour Francazal et pour l'ensemble de notre région et bien loin d'être un frein pour des projets de développement du site.

 

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En savoir plus :
- Le groupe canadien SNC Lavalin exploite huit plateformes en France dont les aéroports de Lourdes et de Tarbes. Il est présent à Francazal depuis un peu plus d'un an pour exploiter la piste et piloter la reconversion aéronautique du site.
- Selon le maire de Cugnaux, Philippe Guérin, la principale entreprise à s'être implantée sur Francazal, Air Atlantic Industries, pourrait passer de 80 à 160 emplois d'ici l'été. Actuellement, le site compterait une centaine d'emplois au total avec Air+ (exploitation d'hélicoptères), Saphir (Météo France) et le 1er Régiment du train  parachutiste. Le maire prévoit un total de 5000 à 6000 rotations par an pour la piste au maximum.
- Le collectif Francazal dénonce l'autorisation des vols de nuits sur l'aérodrome. "Ce changement capital de fonctionnement de l'aéroport est intervenu en catimini sur simple de?cision administrative, par modification des cartes et procédures de l'aéroport, le 5 avril 2012", selon un communiqué du collectif qui demande une réaction rapide des élus.

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