Santé : Metrodoloris ambitionne de faire fortune dans la douleur

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La start-up a mis au point des algorithmes mathématiques capables d’identifier en quoi la forme d’un électrocardiogramme indique la présence ou non d’une douleur. © Frederik Astier
La start-up a mis au point des algorithmes mathématiques capables d’identifier en quoi la forme d’un électrocardiogramme indique la présence ou non d’une douleur. © Frederik Astier (Crédits : FREDERIK ASTIER)
Après avoir commercialisé un premier moniteur qui mesure la douleur ressentie par les personnes anesthésiées, la jeune entreprise prépare le lancement d’un modèle adapté aux nouveaux nés et en étudie un autre pour la souffrance fœtale. Une levée de fonds de plus de 1 million d’euros est en cours.

Metrodoloris a été créée en juin 2011 dans le but d'industrialiser un moniteur expérimental capable d'afficher sur un écran la douleur ressentie par les personnes endormies. La start-up en a vendu aujourd'hui plus de 200 auprès d'anesthésistes et de médecins, dans 26 pays. Tous des leaders d'opinion choisis comme prescripteurs de cette nouvelle technologie de mesure qui permet de mieux quantifier l'injection des médicaments antidouleurs. Ainsi, les patients ne risquent plus de souffrir en cas d'anesthésie insuffisante et, à l'inverse, ils ne sont plus exposés aux conséquences d'éventuels surdosages qui, parfois, peuvent entraîner une hypersensibilité à la douleur ainsi que des risques d'addiction jusqu'à trois ans après le réveil.

« Nous visons le million d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et tablons sur 30 millions d'euros d'ici 2020 », avance Fabien Pagniez, fondateur de Metrodoloris. L'entreprise comptera alors 27 salariés. Ils sont dix aujourd'hui. L'objectif est ambitieux mais pas irréalisable : le marché visé représenterait plus d'un milliard d'euros dans le monde par an.

 

Un moniteur pour les besoins des vétérinaires en janvier 2014

 

L'originalité de cette technologie repose sur sa capacité à identifier en quoi la forme d'un électrocardiogramme indique la présence ou non d'une douleur. « Plus un patient est confortable, plus les infimes variations de la courbe sont importantes entre chaque pic de battement cardiaque, et inversement », explique Fabien Pagniez. Ce principe est connu depuis 1960. Mais il aura fallu 23 années de recherche à un laboratoire de Lille labellisé Inserm pour trouver les algorithmes mathématiques permettant de réaliser une solution fiable et simple d'utilisation.

Metrodoloris prépare la commercialisation d'un modèle adapté aux nouveaux nés et lancera en janvier 2014 un moniteur pour les besoins des vétérinaires. Suivront une solution pour les femmes enceintes destinée à surveiller les douleurs ressenties par le fœtus. Une césarienne sur deux est déclenchée en raison d'un risque de souffrance fœtale. Le moniteur de Metrodolis pourrait en réduire le nombre. Pour l'heure, l'entreprise recherche 1,1 million d'euros pour consolider ses fonds propres. Fabien Pagniez se dit confiant.

 

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Commentaires
a écrit le 21/08/2013 à 15:03 :
ça m'intéresserait bien de savoir ce qu'on ibflige à des êtres vivants juste pour rentrer dans unmaillot sur la plage...
a écrit le 20/08/2013 à 15:20 :
La France, souvent absente des équipement médicaux est particulièrement en progression ces 3 dernières années avec des inventions à prix réduits hyper performants. Une furia française qui inquiète beaucoup bien que son chiffre ne soit pas encore conséquent. Un bon secteur (parmi les 66 de l'économie globale) dont on ne va pas manquer de parler abondamment. C'est en effets nous qui payons via la sécurité sociale les débordements inacceptables qui ont encore cours malheureusement.

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