Grèves + Covid 19  : un cocktail amer pour le port du Havre

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(Crédits : iStock)
Les mouvements de grèves de la fin et de début d'année avaient déjà brutalement affecté le trafic du premier port français. Malgré les efforts consentis par les autorités portuaires pour regagner la confiance des armateurs, la crise du coronavirus douche les espoirs d'une relance rapide.

« On tombe de Charybde en Scylla, c'est la double peine », soupire un logisticien havrais, la mine sombre. Jamais en effet le premier port français pour le trafic des conteneurs n'avait eu à affronter un tel coup de tabac. La communauté portuaire espérait pourtant avoir mangé son pain noir après les dizaines d'escales annulées en décembre et janvier pour cause de grèves. En février, Baptiste Maurand, directeur du port du Havre, débloquait six millions d'euros pour indemniser les armements impactés par quinze journées « Port mort ». Il parlait alors d'un « choc de relance ». Deux mois après, de relance il n'est plus question mais le choc est là.

Les arrivées au compte-goutte en provenance de Chine

Si, depuis la mise en place du confinement, l'activité s'est réorganisée sur les terminaux et dans les entrepôts, l'effet Covid plombe les résultats. Dans la filière reine des conteneurs, la plus concurrentielle, le trafic a dévissé de près d'un quart au premier trimestre. Les « boîtes » en provenance de Chine, qui représentent plus de la moitié des échanges en temps ordinaire, arrivent au compte-goutte. Et en dépit de la reprise de la production dans l'Empire du milieu, les prochains mois s'annoncent sombres, pronostique Catherine Rivoallon, la préfiguratrice chargée par Edouard Philippe de fusionner les grands ports de la vallée de Seine (Paris, Rouen, Le Havre). « Le printemps est traditionnellement une période haute mais, les chargeurs ont décalé leurs commandes. Je m'attends donc à une grosse diminution des volumes de conteneurs au moins en mai et juin d'autant que les niveaux de stocks restent hauts », prévoit-elle.

Le rebond par la fusion

Dans ce climat très incertain, nombreux sont les opérateurs portuaires qui voient dans le processus de rapprochement des trois ports un moyen de rebondir après la crise. Théoriquement prévu le 1er janvier 2021, le projet vise à les doter d'une et d'une seule direction et d'une stratégie commerciale unifiée avec pour ambition de regagner les parts de marchés perdues depuis les années 1990 au profit d'Anvers -par où transitent plus de 50 % des marchandises destinées au bassin de consommation francilien ( !). Il y a urgence. A l'heure de la reprise, les concurrents d'Europe du Nord n'attendront pas que leurs homologues français se remettent en mouvement pour consolider leurs positions. « A ce moment là, il nous faudra jouer collectif et positionner l'axe Seine comme un apporteur de solutions clés en main. Nos commerciaux devront être en capacité de travailler l'ingénierie logistique d'un bout à l'autre de la Seine », insiste Catherine Rivoallon.

Reste à voir si le rapprochement, ralenti par le coronavirus du propre aveu de la préfiguratrice, pourra être mené à son terme dans les temps. « Je souhaite que le calendrier soit maintenu mais la décision n'est pas de mon ressort », rappelle t-elle. Un message à Edouard Philippe qui n'en a plus dit mot depuis le lancement de sa campagne pour les municipales. Au Havre où l'activité du port est nourricière et occupe 30.000 salariés, on espère qu'il s'exprimera rapidement.

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Commentaires
a écrit le 16/04/2020 à 11:02 :
Ce qui aurait été intelligent de la part des grévistes du port du Havre, ç’aurait été d'attendre le confinement pour faire grève. Ils s'y sont pris trop tôt.
Bien entendu, ils ne pouvaient pas savoir avant, qu'ils vont dire.
a écrit le 16/04/2020 à 9:09 :
C'est le moment de virer certains grévistes !
a écrit le 16/04/2020 à 1:27 :
La C.G.T Communiste a tué les Ports du Havre et de Marseille :
des nains au profit de Rotterdam.

Et a tué, et tue tant d'entreprises : sa seule raison d'exister
a écrit le 15/04/2020 à 20:51 :
En temps de guerre on peut décréter la loi martiale contre les grévistes, si ils se rendent coupables directement ou indirectement de morts d'hommes !
idem pour le président lui-même et certains de ses ministres . . .
a écrit le 15/04/2020 à 14:58 :
La CGT a déja fait coulé pas mal de boites ( SNCM, Pretalis, SNCF, .. ) et tant d'autres qui sont partis a l'étranger, fatigués de se battre pour créer des emplois avec un syndicat qui a un objectif politique , rétablir la dictature du peuple.
Au niveau industriel, tous nos autres voisins font mieux car ils n'ont pas ce boulet. Les salariés savent qu'ils doivent sauver leur emploi et donc leur entreprise mais pas la CGT.
Le mieux qui puisse arriver est de vendre ce port a un chinois du PCC qui commencera par virer ce syndicat.
Réponse de le 15/04/2020 à 15:21 :
En effet CGT=pauvreté pour tous et délocalisation à l'étranger
Réponse de le 15/04/2020 à 16:52 :
40 ans de hauts avec une cgt responsable. La jeune génération cgt vient de casser dunkerque et fos les salariés qui ont suivit vont pleurer
a écrit le 15/04/2020 à 14:28 :
Je trouve que ça tombe bien car de toutes manières nous ne trouverons pas de sitôt de remède contre la CGT. L'opportunité c'est l'économie que va faire le contribuable à ne pas avoir à verser d'aide aux grévistes qui ont choisi un arrêt délibéré du travail. Je trouve ça bien. Pour une fois qu'ils se tirent une balle dans le pied, le les blâmons pas.
a écrit le 15/04/2020 à 12:01 :
Cela s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis...certains syndicats n'ont même pas conscience qu'ils sont en train de démanteler l'activité portuaire et d’entraîner des milliers d'ouvriers vers le chômage. Cette manie bien française de tirer sur tout ce qui bouge des syndicats va profiter aux ports d'Europe du nord.
a écrit le 15/04/2020 à 12:00 :
Le captainerie du port et les syndicats ils ont bien bloque depuis des ans tout les initiatives concurrentielles non francais dans ce port.
Les scandales de corruption n'entrent jamais dans les medias.
Maintenant ces hypocrites pleurent.
a écrit le 15/04/2020 à 11:25 :
La Chine va faire payer au prix fort certaines reflexions sur sa gestion de la pandemie intra-muros.
L'auteur ignore t-il donc la geo politique ?
Les parts de marche qui transitent par le Nord de l'europe se feront par consequent de plus en plus par Rotherdam, Anvers, voire Hambourg.
Philippe ne pourra rien faire ni changer.
Plus personne n'ecoute la France.
Réponse de le 15/04/2020 à 12:47 :
@ matins ;

Les transits par les ports du Nord se font déjà , par contre je verrai bien une réindustrialisation dans la vieille Europe....affaire à suivre ?
Réponse de le 17/04/2020 à 8:04 :
@ Roro.
Une re-implantation d'une industrie coute cher. Tres cher meme.
Vu l'etat des finances du pays France autant croire au pere Noel.
Les voisins allemands, hollandais et autres sont deja dans les starting blocks alors qu'en France on regarde Netflix....
Quant aux investisseurs potentiels, avant qu'ils se decident a revenir, il faudra au prealable qu'ils se refassent apres le choc eco qui s'annonce.
Vous etes cuits, sauf une revolution qui pourrait tout remettre en question, ne revons pas.....

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