Les triporteurs Nihola rejoignent le pôle «mobilités douces» de Notus Technologies

Douze ans après sa création en France, le fabricant de triporteurs Nihola vient de céder 75% de son capital à Notus Technologies. Suite à l’acquisition du distributeur Amsterdam Air en 2018, la holding d’investissement de Geoffroy Roux de Bézieux, Président du Medef, étoffe ainsi son pôle « mobilités douces » avec l’ambition de devenir le leader français du vélo cargo et du triporteur.
6.000 vélos cargos et triporteurs auraient été vendus l’an dernier en France contre 38.000 en Allemagne, où le marché enregistre une croissance de 40% à 45% par an.
6.000 vélos cargos et triporteurs auraient été vendus l’an dernier en France contre 38.000 en Allemagne, où le marché enregistre une croissance de 40% à 45% par an. (Crédits : Reuters)

« L'ambition est clairement de travailler sur les synergies d'Amsterdam air et de Nihola pour devenir le leader français du triporteur et du vélo-cargo en France », indique François Joseph Bouyer, directeur général d'Amsterdam Air, distributeur de vélos hollandais, triporteurs et vélos cargos, repris il y a trois ans par le fonds d'investissement Notus Technologies, fondé par le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. L'investisseur vient cette fois de prendre 75% du capital de Nihola France, une structure fondée il y a douze ans par Agathe de Sacy et Aymeric Dargnies, à Couëron, en Loire-Atlantique. Le duo avait alors négocié une licence de fabrication et de distribution sur le marché français avec la marque danoise Nihola. « Il aura fallu attendre huit ans pour atteindre l'équilibre financier », explique Aymeric Darnies, l'un des deux fondateurs qui demeurent actionnaires de l'entité française. Après avoir essuyé les plâtres de ce nouveau mode de déplacement en France, Nihola ressentait depuis trois ans « la nécessité de changer de braquet pour accompagner la croissance du marché ».

En douze ans, l'atelier de Couëron (quatre salariés) a sorti près de deux mille unités pour des commerçants, des particuliers et des collectivités (Monbicloo à Nantes, Métrovélo à Grenoble, Véligo en Ille de France...). Une centaine de villes (Lille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg...) ont opté pour ce mode de transport pour leur logistique ou la propreté. « Contrairement à un triporteur classique, la caisse centrale ne bouge pas lors d'un virage, ce qui offre une souplesse de conduite exceptionnelle », défend Agathe de Sacy qui conserve son rôle de directrice associée de Nihola France, dont la production sera transférée en janvier à Montaigu, en Vendée, où Amsterdam Air est venu s'installer, il y a un an, pour anticiper la croissance du « pôle mobilités » de Notus Technologies.

 Une alternative à l'automobile

 « Nous sommes des adeptes de la mobilité douce au quotidien », justifie Frédéric Walter, directeur général du fond d'investissement, 35 ans et cycliste « tout temps » qui se défend de faire du greenwashing. « C'est une question de conviction. C'est pourquoi Notus Technologies investit dans My Greengo, qui permet à des sociétés de mettre en place un système de consigne pour remplacer les contenants jetables et dans Greenly, qui propose d'estimer son impact carbone selon l'analyse des flux de son compte bancaire. Sur la mobilité, nous sommes convaincus que le triporteur peut être une alternative à l'automobile dans les centres-villes engorgés, répondre au besoin du dernier kilomètre pour les livraisons, et aller dans le sens des exigences des plans « climat » déployés par les métropoles».

Signe de cette tendance, le pure player Amsterdam Air, jusque là concentré sur la distribution (B to C), réalise 40% de son chiffre d'affaires avec les triporteurs et biporteurs et 60% sur les vélos hollandais. «C'est un marché qui connait des croissances à deux chiffres depuis trois à quatre ans », atteste François Joseph Bouyer.

« Sur ce marché, il fallait devenir fabricant », précise Frédéric Walter qui, en recherche d'acquisitions, a croisé la route de Nihola France sur le salon des Maires. « Ils sont très complémentaires, sont positionnés sur les grands comptes publics quand nous, nous nous adressons au particulier, sont 100% made in France et géographiquement proche de notre usine de Montaigu. Bref, ils cochaient toutes les cases. C'était l'occasion de remonter la chaine de valeurs en rassemblant toutes les compétences sur un même site pour développer le marché en France et devenir un vrai leader du vélo-cargo et du triporteur auprès des familles, des professionnels et des collectivités.» Trois marchés cibles pour la holding Cargos et Compagnies créée pour piloter et faire émerger des synergies (R&D, production, commercialisation, marketing...) de ces deux entités, encouragées par le potentiel de ce nouveau mode de déplacement. « Nous sommes encore sur un marché de niche », reconnait François-Joseph Bouyer, directeur général de Cargos et compagnie. A elles deux, Amsterdam Air et Nihola représenteraient un chiffre d'affaires annuel de 5 millions d'euros. Selon des statistiques encore très parcellaires, il se serait vendu 6.000 vélos cargos et triporteurs l'an dernier en France contre 38.000 en Allemagne, où le marché enregistre une croissance de 40% à 45% par an.

Un réseau à l'image des concessionnaires "auto" du 21e siècle

 « L'objectif c'est de nous développer soit par l'acquisition de compétences complémentaires soit sur fonds propres pour étoffer la R&D et monter un petit bureau d'études. Contrairement au vélo, c'est un métier naissant où peu de brevets ont été déposés», ajoute Frédéric Walter. Déjà, sur son site de 2000 m² à Montaigu, Amsterdam Air prévoit de lancer la fabrication de son propre cadre au cours du deuxième trimestre 2021 et non plus de se limiter à la customisation d'engins importés sous marque blanche. Un premier tour de roue pour aller vers la constitution d'une gamme complète. Référencée par la centrale d'achats publics UGAP, Nihola va aussi permettre à Cargos et Compagnie de se renforcer auprès des collectivités, actrices de la location de vélos cargos et triporteurs pour le grand public. Elles constituent un indéniable banc d'essais pour les usagers et une vitrine pour ces marques. « Bien souvent, après avoir loué et testé un modèle, un particulier rachète le même », observe Frédéric Walter.

 Présent sur le Web et à travers deux show-rooms à Paris et Montaigu, Cargos et compagnie réfléchit à la création d'un réseau de show-room physique en France. Le groupe est en quête d'espaces commerciaux de 100 à 200 m² pour permettre des présentations, des essais voire des réparations. « L'idée est de monter un réseau à l'image des concessions automobile où les usagers peuvent venir essayer les modèles, choisir les options, le design... Ils recevront le modèle choisi chez eux quelques semaines plus tard. »

Un premier espace pourrait naitre dès l'automne 2021 en région parisienne. Le réseau pourrait être amené à s'étendre à Lille, Bordeaux, Nantes, Lyon... là où l'accès aux centres urbains est compliqué, mais aussi dans des villes de banlieue, dotées de maisons et zones pavillonnaires où il est aisé de se garer. Déjà, un revendeur suisse se serait positionné pour une distribution exclusive. L'international ? «La question est de savoir si on exporte un savoir-faire de distribution ou de fabrication... », réfléchit le directeur général de Notus Technologie. Le goût de l'écologie n'est pas incompatible avec le business.

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Commentaire 1
à écrit le 11/12/2020 à 15:56
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Je pense que c'est sacrément intelligent et en plus naissant au bon moment, bravo à eux mais la comparaison, aliénante, permanente, usante, avec l'Allemagne reste par contre stupide et dans tous les domaines, nous sommes deux peuples complètement dif...

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