Nantes-Saint-Nazaire : la filière de la propulsion par le vent pourrait créer 15.000 emplois d’ici à 2030
Frédéric Thual
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CWS -Zephyr & Borée
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CWS -Zephyr & Borée
CWS
« Et maintenant, on passe à l'étape industrielle », savoure Bruno Toubiana, cofondateur et dirigeant de CWS (Computed Wing Sail), concepteur d'une voile-aile à profil épais, asymétrique, pliable en deux pour passer sous les ponts, pouvant s'inverser pour utiliser les vents de tribord ou bâbord, et adaptable à tous types de navires de commerce (porte-conteneur, roulier, tanker...), qu'ils soient neufs ou déjà en activité. Créée à Saint Maur des Fossés en 2016, la jeune entreprise installera sa première unité de production en septembre prochain à Saint-Nazaire dans l'enceinte de l'ex-terminal fruitier loué par le Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Un bâtiment de grande taille (10.000 m²), impossible à construire dans les temps impartis, où CWS projette de produire une aile par semaine. Après des tests en 2024, la production en série est programmée pour 2025 pour équiper une flotte d'une dizaine de porte-conteneurs que l'armateur lorientais Zéphyr&Borée va faire construire pour une coalition de chargeurs en vue de trajets maritimes sur la zone transatlantique. De vingt-cinq salariés aujourd'hui, l'effectif de CWS devrait compter cinquante personnes à la rentrée prochaine, et grimper à 200 à l'horizon 2025. Cette première industrialisation veut marquer l'arrivée à maturité et le changement d'échelle de la filière vélique, la propulsion à la voile. « Quand une première entreprise arrive, en général, d'autres s'installent... », estime Jérôme Guiziou, directeur du développement du port de Nantes-Saint-Nazaire, qui concède d'autres projets en cours d'examen et du foncier, devenu le nerf de la guerre, encore disponible. Le fabricant de l'aile de Kyte Airseas est en quête d'une unité de 7000 m² où pourraient être employés plus de 300 personnes. « Quelles qu'elles soient, Il y a de place pour toutes les technologies, mais le goulet d'étranglement, c'est la capacité de production » reconnaît le fondateur de CWS qui va investir plus de dix millions d'euros dans cette opération et engager une levée de fonds d'ici la fin de l'année pour accompagner son développement.
Frédéric Thual