« Pour moi, c'est non ! », prévient le candidat socialiste Guillaume Garot, député de Mayenne, qui revendique d'avoir été le seul parlementaire à s'être opposé, en 2018, à l'adoption de la loi permettant l'ouverture à la concurrence des lignes TER à l'horizon 2023. « Ce qui me permet de dire aujourd'hui, que si nous sommes élus, nous stopperons le processus », affirme-t-il, droit dans ses bottes. Face à lui, entre autres, François de Rugy, candidat LREM, ex-ministre de l'Écologie et donc des transports, ex-président de l'Assemblée nationale qui se targue d'avoir été de ceux qui ont promu la loi sur la réforme du système ferroviaire, notamment l'ouverture à la concurrence des TER. Ambiance. S'il a lieu, car le sujet est, malgré tout, peu visible dans la campagne, le débat pourrait être animé.
Voulu par l'Union européenne, ce « processus » est, comme dans plusieurs régions françaises, en marche dans les Pays de la Loire. A la suite d'un appel à manifestation d'intérêt lancé en avril 2019, à l'attention des opérateurs de transport collectif, la majorité actuelle (LR) projette, si elle est toujours là, de lancer un premier appel d'offres en septembre prochain. Les candidats pourraient y répondre courant 2022 pour un démarrage en 2024, après une période de transition. « Cette consultation nous a permis de définir les lots de lignes, de sonder les conditions de gestion et d'application des opérateurs, et de définir le cahier des charges de l'appel d'offres européen », explique Roch Brancour, vice-président du Conseil régional et Président de la commission Transports, mobilité, infrastructures. Le premier lot concerne la ligne de tram-train entre Nantes et Chateaubriand (44) et les lignes Angers-Nantes - Cholet-Nantes et les dessertes vers la Vendée (Saint-Gilles, Les Sables d'Olonne...), soit environ 30% du réseau régional, qui devrait être entièrement concerné à l'horizon 2032. On est loin des 15% envisagés en 2015 par Bruno Retailleau, ex-président de la Région qui souhaitait, alors, expérimenter les chemins de la concurrence sur le territoire.