L'institution est unique en France, elle est le fruit de l'histoire armurière de Saint-Etienne. Créée en 1782 sur ordonnance royale, le Banc National d'Epreuve (BNE) est aujourd'hui géré par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon Métropole Saint-Etienne Roanne, sous tutelle du ministère de l'Intérieur. Avec 38 salariés pour un chiffre d'affaires de 2,93 millions d'euros en 2023, il a la charge de tester l'intégralité des armes à feu à usage civil fabriquées en France ainsi que celles importées par les pays européens et dédouanées en France. Soit 60.000 armes éprouvées environ en 2023 pour le compte de fabricants français et étrangers.
Les armes militaires suivent elles d'autres circuits d'homologation, le BNE n'est donc pas au premier rang de l'accélération internationale de la production d'armes destinées à l'Ukraine. En revanche, l'organisme stéphanois pourrait bien, dans les prochains mois, jouer un rôle significatif dans la réorganisation de la BITD (Base Industrielle et Technologique de Défense) qu'Emmanuel Macron et son ministre des Armées, Sébastien Lecornu, disent vouloir mener au pas de charge.
En effet, parmi les prérogatives exclusives du Banc National d'Épreuve figure l'homologation des (rares) munitions fabriquées en France pour les armes de petit calibre. La filière est aujourd'hui disloquée sur le territoire national mais dans un contexte géopolitique instable menaçant les approvisionnements français, l'Etat planche sur la recréation d'une filière nationale de munitions pour les armes de petit calibre.