Pastoralisme "connecté" : pour prévenir les attaques de loups, la startup Keepio pré-industrialise son collier GPS
Zoé Favre d'Anne
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La startup Keepio, qui se veut comme "un gardien de troupeaux" avec son collier GPS, a lancé une campagne de précommande qui lui a déjà permis de mener l'industrialisation de 300 colliers.
Il est une question qui alimente l'inquiétude des éleveurs en montagne : comment gérer les attaques de loups ? En Auvergne Rhône-Alpes, qui se pose aussi comme la région française qui héberge près de la moitié de la population totale des loups, une startup, Keepio, a développé un collier GPS qui veut aider les bergers à surveiller leurs troupeaux. Une manière de répondre à un besoin issu du monde rural, et qui participe aussi à accompagner des modes d'élevages plus extensifs.
La région Auvergne Rhône-Alpes "accueille 50% des loups présents en France", selon l'association France Nature Environnement, soit "approximativement entre 155 et 205 loups en tout", complètent les données du Réseau pastoral.
Un nombre de canidés qui peut sembler relativement bas à l'échelle d'une aussi grande région, mais qui suffit à faire des ravages dans les troupeaux.
En Auvergne Rhône-Alpes, en 2020, les loups ont déjà fait 3.971 victimes dont 3.638 ovins, principalement en Savoie et en Isère, selon la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement.
C'est pour répondre à cette problématique directement issue du milieu rural, qui suscite une levée de boucliers de la part des éleveurs ayant choisi des modes d'élevage naturels en alpage, que se sont mobilisés Jonathan Bard et Sébastien Lhortolat.
Les deux créateurs de Keepio se sont réunis sur une idée : développer un collier pour chiens et brebis équipé d'un GPS et d'un piège photo qui aide les bergers à surveiller leurs troupeaux et à gérer la prédation.
"Ce produit répond au besoin de l'éleveur de surveiller son troupeau et de vérifier que tout se passe bien. D'habitude, il va voir directement sur place, tandis que notre collier lui permet d'être rassuré. En permettant de voir ce que qui n'est pas visible, on participe également à réduire le stress des éleveurs et à être moins dans le fantasme du prédateur".
Car en cas d'attaque, Keepio se propose d'analyser la situation à l'aide des données recueillies pour déterminer où étaient les chiens et les brebis, ce qui s'est passé et ce qu'on aurait pu améliorer. Elle pourrait même, dans un second temps, aller jusqu'à alimenter une intelligence artificielle.
Les deux cofondateurs de Keepio se sont rencontrés lors d'une open innovation organisée par la French Tech, en 2018. La problématique du loup avec les ovins leur avait été présentée par Nicolas, un berger qui venait de perdre 28 brebis.
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Ils ont ensuite du partir de zéro pour imaginer une solution. "Ça a démarré comme ça, sans connaître l'élevage, la prédation, le pastoralisme, les brebis...", se souvient Jonathan Bard.