LA TRIBUNE - Spécialisé historiquement dans les réseaux électriques, Schneider Electric développe depuis plusieurs années des solutions de pilotage énergétique qui ont pris un tout autre sens depuis la crise énergétique que traverse l'Europe. Aujourd'hui, quand on parle de la cible de réduire, pour toute entreprise, sa consommation énergétique de 10% afin de préserver les réseaux électriques cet hiver : est-ce un objectif ambitieux par rapport à ce qu'on est capable de faire aujourd'hui, rien qu'en utilisant le levier du pilotage énergétique ?
ESTHER FINIDORI - Je pense que le -10% en l'espace de deux ans est une cible tout à fait atteignable en moyenne. Pour prendre l'exemple de Schneider Electric, nous nous sommes déjà engagés à livrer des économies d'énergie sur nos sites depuis de nombreuses années.
Nous avons réussi à économiser 13%, 10% et 10% annuellement, et cela, trois fois de suite en utilisant le levier du pilotage, tout en sachant que bien souvent, plus on cherche à réaliser des économies successives, et plus elles sont difficiles à obtenir. Mais notre propre histoire démontre aussi que lorsqu'on commence à compter et à rechercher des gisements d'économies d'énergie, on les trouve.
Il faut cependant faire la différence entre la notion de pilotage et celle de l'effacement ?
Il existe en effet un peu de confusion aujourd'hui entre ces deux termes : le pilotage est en réalité la capacité de contrôler et mesurer ses propres consommations, et représente en quelque sorte le niveau un de l'action que l'on peut mener. Le niveau deux étant ensuite de pouvoir agir, soit de manière automatisée avec des routines automatiques, soit à travers une décision de l'opérateur qui acte à distance, de couper, allumer, réduire ou augmenter une intensité...
L'effacement consiste plutôt, quant à lui, à mettre le pilotage au service d'une action ponctuelle, afin de réduire encore davantage ses consommations. Il s'agit en réalité plutôt de les décaler, en utilisant de manière ponctuelle la capacité de pilotage afin d'aider le réseau à réduire sa quantité d'énergie consommée, sur une courte période (on parle souvent d'une plage horaire de deux heures en moyenne).