Le problème n'était pas inconnu, mais il était jusqu'ici éclipsé par des taux d'emprunts historiquement bas depuis la crise sanitaire sur le marché immobilier.
Depuis la remontée des taux de près de 1% engagée depuis le début d'année, se profile à nouveau un obstacle auquel on ne pensait plus sur le marché de la construction neuve : celui du taux d'usure, qui "correspond au taux maximum légal que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer lorsqu'ils accordent un crédit", soit 2,60% sur les crédits inférieurs à une durée de 20 ans et 2,57% sur les crédits supérieurs à cette échéance.
Il est fixé habituellement tous les trois mois par la Banque de France, à la lumière d'une enquête réalisée auprès des établissements de crédit et sociétés de financement.
« Nous attendons les chiffres définitifs de fin août, mais on peut déjà dire que sur les huit premiers mois de l'année, le niveau de réservations enregistré fin juin s'affiche en recul de 10% par rapport à 2021, qui était déjà une mauvaise année compte-tenu de la crise Covid », note Philippe Layec, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) de la région lyonnaise.
Pour autant, le constat pourrait se nuancer quelque peu sur les trois prochains mois, avec une faible reprise d'activité qui se profile. Avec, une réalité un peu différente en fonction des périmètres observés : par exemple, la ville de Lyon devrait connaître un rebond encourageant des mises en vente, après un score 2021 très bas de 600 réservations annuelles (doit trois fois moins qu'en 2016-2017).
A l'inverse, des secteurs comme celui de Villeurbanne souffrent d'une chute importante du nombre de projets mis à la commercialisation, alors que le Grand Lyon pourrait quant à lui faire montre d'une forme de stabilité sur les volumes commercialisés.