Uranium : 2025, une année décisive pour Orano dans l'Amérique de Trump
Emma Rodot
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Une course contre la montre s'est enclenchée il y a deux ans sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme). Le groupe Orano, qui y convertit et enrichit l'uranium neuf pour fabriquer les combustibles nucléaires, a lancé un projet d'extension de son usine d'enrichissement, George Besse II.
L'objectif : augmenter de 30% la capacité de production d'uranium enrichi afin de répondre à la nouvelle demande occidentale et notamment américaine, depuis le début de la guerre en Ukraine.
Cela, en passant de 7,5 millions d'UTS - l'unité de mesure de l'industrie d'enrichissement des combustibles, soit l'équivalent de 90 millions de foyers alimentés en électricité - à 11 millions d'UTS à partir de 2030. Et ainsi grapiller des parts de marché aux États-Unis, qui se sont fixés cet été pour objectif de sortir des importations d'uranium enrichi russe au 1er janvier 2028. Cela, alors que 12 % du parc nucléaire américain était encore alimenté par Rosatom en 2023, selon un rapport de l'Observatoire de la sécurité des flux et des matières énergétiques (Osfme), publié en janvier.
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Pour cela, l'enrichisseur français a investi 1,7 milliard d'euros dans l'extension de son site drômois. Sur place, les travaux ont débuté : les premiers bétons ont été coulés cet automne, mais pas encore la dalle antisismique. Les quatre futurs modules, accolés et similaires à l'usine existante, permettront d'enrichir les combustibles entre 3 et 6% d'uranium 235 à partir de 2028. Cela, grâce à la technologie de centrifugation « en cascade », développée il y a vingt ans par une joint-venture avec son concurrent européen Urenco.
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