Engagée dans un projet de production d’hydrogène à horizon 2025 visant à fournir une partie des besoins de la Vallée de la Chimie, près de Lyon, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) est finalement obligée de revoir sa copie sans pour autant abandonner ses ambitions.La nouvelle stratégie hydrogène de la France doit être présentée ce mercredi par le gouvernement. Des annonces attendues alors que le secteur est confronté à de fortes turbulences ayant déjà entraîné l'arrêt de plusieurs projets et même sociétés.
La Compagnie nationale du Rhône (CNR), producteur d'électricité qui s'est engagée dans la diversification de ses activités en misant sur l'hydrogène, dès 2021, en fait aussi les frais.
Le projet présenté par la CNR en 2022 et dont l'achèvement était prévu cette année, est finalement reporté. Celui-ci consistait à installer un électrolyseur sur le site de la centrale hydroélectrique de Pierre-Bénite, à Saint-Fons pour y produire de l'hydrogène qui devait ensuite être acheminé auprès de deux principaux acteurs de la Vallée de la chimie - Symbio et Hympulsion, pour approvisionner sa station de recharge-. Ce, grâce à un pipeline d'un kilomètre passant sous le Rhône, nommé OH Pierre-Bénite, que l'énergéticien devait construire.
Une réglementation qui freine
Afin de gagner du temps sur le développement du projet, la CNR ambitionnait de raccorder directement l'électrolyseur à sa centrale hydroélectrique afin de ne pas avoir à solliciter RTE dont la contrainte de disponibilité du réseau nécessitait d'attendre 2028.
« Nous avions imaginé qu'en se branchant directement sur la centrale, l'hydrogène produit serait qualifié de renouvelable mais la réglementation, très instable, s'est finalement précisée indiquant que pour être renouvelable, l'hydrogène doit passer par RTE », détaille Frédéric Storck, directeur de l'innovation et de la transition énergétique de la CNR.
Or pour certains des clients visés, le caractère non renouvelable de l'hydrogène produit était rédhibitoire.
A cette première déconvenue s'ajoute l'immaturité du secteur concernant notamment les mécanismes de soutien. « Le soutien à l'investissement dépend d'un seuil, à partir desquels les projets peuvent être éligibles, qui n'a pas arrêté de changer », cite en guise d'exemple Frédéric Storck.