Fragilisé, STMicroelectronics voit sa stratégie mise à l'épreuve
Emma Rodot
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Le PDG de STMicroelectronics, Jean-Marc Chéry, s'attend à ce que les deux à trois prochaines années soient encore difficiles pour le marché des semi-conducteurs vers l'automobile électrique.
Toby Sterling
Le fabricant de puces est plombé par les déboires de l’industrie et de l’automobile. Un contexte périlleux qu’il a dû justifier lors de son assemblée générale ce mercredi.
L'Assemblée générale annuelle de STMicroelectronics, qui se déroulait aujourd'hui à Amsterdam, a revêtu des allures de point d'étape. Jusqu'à, pour certains actionnaires, sonner le tocsin après ses bons résultats en sortie de crise Covid. Au premier trimestre 2025, la société franco-italienne, dont le siège social est basé à Genève, a en effet enregistré une baisse de 27% de son chiffre d'affaires en un an, et une chute de 89% de son bénéfice net. Un déficit bien plus marqué que ceux de ses concurrents européens NXP (-9% du chiffre d'affaires) et Infineon.
Depuis 2023, la dynamique de croissance du fabricant de semi-conducteurs s'est érodée. En cause, les déboires du secteur automobile, plombé par le ralentissement de la demande de véhicules électriques sur les marchés occidentaux. Mais aussi le ralentissement dans l'industrie(énergie, bâtiment, automates), qui a même enregistré -50% en 2024 selon Jean-Marc Chéry, président du directoire depuis 2018, interviewé par Boursorama en début d'année.
Ce mercredi, selon les informations du Figaro, il aurait d'ailleurs été question, « en coulisses » selon le journal, d'inscrire à l'ordre du jour le départ du directeur général. Cela n'a pas été le cas, mais le climat reste tendu.
Dans un communiqué, publié dans l'après-midi, STMicroelectronics confirme que « toutes les résolutions ont été approuvées par les actionnaires », qui se verront verser 0,36 dollars par action ordinaire par trimestre.
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Les freins de la stratégie automobile
Pour rappel, des critiques se sont déjà exprimées sur le fait que la société ait « loupé » le virage vers le marché de l'IA, emprunté par d'autres acteurs mondiaux des puces électroniques comme TSMC ou Nvidia, désormais premier acteur mondial.
STMicroelectronics a plutôt fait le choix de poursuivre ses efforts vers le secteur de l'automobile et des mobilités électriques, qui représentent aujourd'hui 42% de son activité, avec par exemple pour client l'américain Tesla, a observé Nicolas Dufourcq, président du conseil de surveillance et président de Bpifrance, cité par Challenges.