Il s'était donné quinze jours pour répondre aux élus locaux, de tous bords politiques, qui l'avaient interpellé à nouveau sur l'avenir du chimiste isérois Vencorex, lequel cristallise depuis plusieurs mois les inquiétudes. Finalement, dans un courrier aux élus du territoire - dont La Tribune a pu prendre connaissance -, le Premier ministre n'aura pas dévié de l'avis de son ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, qui refusait jusqu'ici toutes discussions autour d'un projet de nationalisation de Vencorex.
Une option pourtant demandée avec force par les acteurs locaux du dossier qui s'inquiétaient de la disparition des deux tiers du groupe chimique, qui approvisionne plusieurs filières allant de la chimie au nucléaire, en passant par l'industrie de la défense.
Dans cette lettre, datée du 21 février, François Bayrou estime que « l'activité de Vencorex n'est pas viable selon tous les scénarios étudiés, y compris les plus optimistes ». Il s'appuie notamment sur « une analyse indépendante [...] menée par le cabinet Alix Partners [...] qui a démontré que l'activité de Vencorex n'est pas viable [...], avec des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d'euros à un horizon 2032-2033 ». Et de conclure : « Dans ces conditions, une nationalisation, même temporaire, de Vencorex ne saurait être la réponse en l'absence de solution de pérennité identifiée. »
Un courrier dans lequel le Premier ministre acte également que des échanges seraient encore en cours concernant « la recherche de repreneur pour Chloralp », tout en soulignant qu'« à défaut de solution de reprise, il est évident que l'État exigera une mise à l'arrêt de la mine, selon des modalités conformes aux prescriptions du code minier et aux réglementations environnementales ». Du côté de la constitution d'une filière sel (qui pourrait être constituée par la mine de Hauterives, dans la Drôme, le saumoduc et le purificateur de Vencorex), le courrier de Matignon est cependant plus formel : ni la société Kem One, ni Arkema ne sont intéressées par la reprise des actifs.