D’ici quelques jours, et après plusieurs mois d’atermoiements et de négociations, Safran devrait enfin valider le site de sa future usine de freins carbone. Sont en course l’Oregon, le Québec et deux départements français (l’Ain et le Territoire de Belfort). Le coût de l’énergie est le phare de Safran dans cet investissement de près de 400 millions d’euros.Le sujet est presque devenu un serpent de mer : où Safran va-t-il finalement implanter sa nouvelle usine de freins carbone ? Le suspense plane depuis près de dix ans, depuis que le groupe a fait connaître ses intentions de renforcer ses capacités de production. Un site avait bien été choisi, et annoncé par Emmanuel Macron lui-même à l'occasion d'une visite présidentielle : celui de Feyzin (Rhône), en périphérie lyonnaise, sur plus de 14 hectares. Le plan de match prévoyait alors un investissement de l'ordre de 400 millions d'euros, associé à la création de plus de 200 emplois et un lancement opérationnel courant 2024, avec une complémentarité avec le site Safran de Villeurbanne tout proche, qui accueille un centre de R&D et une des trois usines de freins carbone du groupe.
Mais par deux fois Safran a revu sa copie. La première fois en 2020 en raison de la crise Covid, la seconde en 2022 à cause de l'explosion du prix de l'énergie. Olivier Andriès, le directeur général de Safran, expliquait alors préférer reporter sa décision de 18 à 24 mois car l'augmentation significative du prix de l'électricité remettait en cause, selon lui, la rentabilité du projet de Feyzin, l'énergie représentant 40% du coût de fabrication des freins carbone. Un report associé à une mise en compétition de la France (Feyzin étant toutefois définitivement écartée), avec l'Oregon aux Etats-Unis et le Québec.
Deux sites encore en lice en France
Quatre ans plus tard, on en est toujours là. Mais le dénouement est proche : Safran annonce une communication officielle sur le choix de l'implantation de sa nouvelle usine dans les tous prochains jours.
Quatre territoires seraient en lice, selon les informations communiquées par la direction à l'occasion d'un CSE central, fin juin. Selon les organisations syndicales, il s'agirait de l'Oregon, du Québec ainsi que deux sites en France.
L'installation sur Feyzin n'étant plus d'actualité depuis au moins deux ans, ont été étudiés et travaillés sérieusement depuis, selon nos informations validées par plusieurs sources (que n'a pas souhaité confirmer Safran) : le Parc Industriel de l'Ain (PIPA) et le Territoire de Belfort. Ces deux territoires ont confirmé à La Tribune des échanges avec le groupe Safran, mais n'ont pas été en mesure d'indiquer la direction que va finalement prendre l'équipementier aéronautique.
Stéphanie Gallo Triouleyre