Nucléaire : après la crise des microfissures, Exanodia veut fiabiliser l'inspection des soudures grâce à l'IA
Emma Rodot
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Avec la radiographie et l'imagerie par courants de Foucault, les ultrasons font partie des méthodes utilisées afin d'évaluer la qualité des soudures dans l'industrie. Exanodia propose que son IA vienne ensuite confronter une image avec la base de...
Exanodia
Alors que le secteur nucléaire connaît un regain d'intérêt depuis deux ans avec la relance annoncée d'un nouveau programme de réacteurs, le manque de main d'œuvre qualifiée dans l'ensemble des maillons de la chaîne fait émerger d'autres formes de solutions. L'intelligence artificielle, explorée par la start-up lyonnaise Exanodia, pourrait ainsi devenir un outil d'aide au contrôle et à l'analyse de la qualité des soudures. Une piste qui intéresse déjà certains grands donneurs d'ordre, notamment pour les projets de nouveaux réacteurs, dont ITER pour la fusion nucléaire.
Houcine Mansour, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, en est resté stupéfait. Alors directeur de la filiale lyonnaise du groupe Onet spécialisée dans les contrôles non-destructifs, devenue ensuite Nova, filiale du Groupe M, il reçoit début 2022 une demande provenant d'EDF. Son objet : « La mobilisation générale de l'ensemble des techniciens de contrôle de soudures en France, spécialisés ou non dans le nucléaire », relève aujourd'hui l'ingénieur, depuis lancé dans l'entreprenariat.
Un phénomène découvert en 2021 sur le réacteur 1 de la centrale de Civaux (Vienne) et jusqu'alors peu expérimenté. Surtout, il a nécessité des arrêts de tranche imprévus pour plusieurs réacteurs, ce qui a eu pour effet de déstabiliser les calendriers d'EDF et in fine, réduire fortement la production électrique d'origine nucléaire en 2022 : la plus faible depuis 1988.
Ainsi, toute la filière a été mobilisée dans un mouvement général où « chaque compétence, même hors secteur, était recherchée » afin d'identifier ces défauts, pointe aujourd'hui cet ancien salarié d'Areva, passé « des cols blancs aux cols bleus ». Et ce, notamment en s'orientant vers le contrôle non destructif, puis en créant la start-up Exanodia en septembre 2023, spécialisée dans l'analyse des contrôles de soudures à partir d'une intelligence artificielle.
Des besoins estimés par le secteur nucléaire à 60.000 emplois en dix ans
Car cet épisode a renforcé sa réflexion : celle « d'automatiser, accélérer et fiabiliser » l'analyse des soudures, afin d'en identifier les potentiels défauts, dont des fissures, grâce un algorithme utilisant l'intelligence artificielle. Et ce, dans un contexte où le secteur nucléaire fait face à des pénuries de main d'œuvre importantes à l'aune des enjeux de vieillissement des installations en France, mais aussi de lancement d'un nouveau programme électronucléaire.
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