Après l'échec de l'Idex Lyon/Saint-Etienne, c'est une étape décisive et différente qui vient d'être franchie : les conseils d'administration des universités Lyon 1 et Lyon 2 viennent de donner quitus à leur président respectif pour avancer dans un projet de fusion. Espérée pour 2024, celle-ci intégrerait également CPE Lyon, avec l'ambition de développer une meilleure visibilité de l'enseignement supérieur lyonnais. En attendant, les deux établissements portent avec d'autres partenaires comme les HCL un autre projet (Shape-Med@Lyon), en attente d'une labellisation Excellence du PIA4. Réponse...... tendue pour la fin du mois.
Ne leur parlez plus de l'IDEX... 18 mois après le retentissant échec qui avait secoué l'écosystème régional de l'enseignement supérieur, suite au refus du conseil d'administration de l'Université stéphanoise Jean Monnet de poursuivre l'aventure, les acteurs lyonnais veulent définitivement tourner la page de ce douloureux épisode.
Mais l'idée d'une recomposition du système local est loin d'être abandonnée pour autant. Lyon 1 et Lyon 2 planchent ainsi activement sur leur rapprochement.
Un paysage trop fragmenté ?
Un tout nouveau paysage de l'enseignement supérieur lyonnais est ainsi en train de se modeler. Une recomposition essentielle aux yeux de Frédéric Fleury, président de Lyon 1 (47.000 étudiants), qui était déjà une des locomotives majeures du projet Idex.
"Notre territoire compte de très nombreux centres de recherche universitaires de grande qualité, nos étudiants sont très bien formés par des enseignants chercheurs de haut-niveau et pourtant le site lyonnais n'est pas reconnu à sa juste valeur. Nous manquons de visibilité, en particulier à l'international. Pourquoi ? Parce nos universités sont trop fragmentées".
Lyon compte en effet quatre universités, assez spécialisées : l'Université Claude Bernard Lyon Lyon 1, l'Université Lumière Lyon 2, l'Université Jean Moulin Lyon 3 et l'Université Catholique de Lyon (Ucly).
"Ce modèle lyonnais qui avait émergé dans les années 70 n'est plus pertinent aujourd'hui. Il ne correspond plus aux exigences d'aujourd'hui et de demain", complète Nathalie Dompnier, présidente de Lyon 2 depuis 2016 et dont le mandat a été renouvelé l'année dernière.
"Aujourd'hui, les grands partenaires de la recherche, à l'international en particulier, veulent comme interlocuteurs de grandes universités pluridisciplinaires".
Vers la création d'un établissement public expérimental
Pour remédier à cette problématique, augmenter leur attractivité en particulier envers les étudiants étrangers, développer des programmes de recherche plus ambitieux, Lyon 1 et Lyon 2 s'engagent donc sur le chemin de la fusion.
Celle-ci devrait se faire au sein d'un établissement public expérimental intégrant l'école d'ingénieurs CPE Lyon, déjà école rattachée à Lyon 1.
Stéphanie Gallo Triouleyre