Au sein de la métropole de Lyon, la rentrée signe plusieurs évolutions d'ampleur dans l'organisation du travail des agents. Après l'annonce de l'expérimentation de la semaine de quatre jours pendant un an pour 300 d'entre eux, la collectivité engage une nouvelle approche en ressources humaines avec l'ouverture d'un congé menstruel de deux jours par mois, sur présentation d'un certificat médical d'un gynécologue ou d'un médecin traitant.
Comptant environ 9.000 agents territoriaux, dont 4.322 femmes, le Grand Lyon est la plus grande collectivité française à mettre en place ce motif d'autorisation spéciale d'absence. La ville de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) s'en est emparée en mars dernier. Strasbourg est en réflexion pour le début d'année prochaine. Mais jusqu'ici, l'initiative revenait surtout au secteur privé, avec notamment, à ses prémisses en France, la coopérative montpelliéraine La Collective, en 2021, ou encore la jeune entreprise Louis, près de Toulouse, dès 2022. L'enseigne Carrefour a également annoncé au printemps douze jours de congés menstruels par an pour ses salariées. Dans la métropole de Lyon, à Villeurbanne, deux magasins Biocoop le mettent aussi en place.
« Une personne menstruée sur cinq souffrirait de crampes sévères pendant ses règles, une sur dix d'endométriose et une sur dix du syndrome des ovaires polykystiques »,énumère Zemorda Khelifi, vice-présidente déléguée aux ressources humaines. «Cela peut avoir un impact sur la vie professionnelle. Cette mesure répond à la volonté d'accroître le bien-être au travail, pour que ces personnes puissent s'arrêter, le temps d'aller mieux.»