Un bras de fer semble s'amorcer sur le front de la R&D chez Sanofi, sur fond d'une course au vaccin qui demeure un marathon pour ses équipes. Alors que le laboratoire lyonnais a annoncé, il y a quelques semaines, que son candidat-vaccin contre le Covid ne serait finalement pas prêt avant la fin de l'année 2021, les représentants du personnel veulent s'appuyer sur ces retards de développement pour alerter l'opinion publique sur la stratégie du fleuron hexagonal.
La branche CGT vient de lancer un appel à la grève qui doit débuter ce mardi 19 janvier et qui pourrait s'avérer reconductible. Ses représentants craignent de nouvelles suppressions d'emplois à venir, alors que Sanofi avait annoncé à l'été dernier un nouveau plan de 1.700 postes, dont 1.000 en France, sur un total de 10.000 collaborateurs à travers le monde dont 4.100 au sein de l'Hexagone. Selon les syndicats, jusqu'à 400 salariés du département de R&D seraient concernés par cette réorganisation, une branche qu'ils estiment pourtant déjà fortement fragilisée.
Et ce n'est pas la création d'une nouvelle usine de production de vaccins sur le site de Neuville-sur-Saône (490 millions d'euros d'investissements) prévue d'ici 2025, ou les 120 millions d'euros affectés à un nouveau centre de R&D pour lutter contre les maladies émergentes à Marcy-l'Etoile d'ici fin 2024, qui calme les représentants du personnel. « Il est bien d'investir sur la création d'un nouveau bâtiment, mais nous avons beaucoup de retard à rattraper au cours des dernières années. Il ne faut pas oublier que si la recherche se casse la figure, la production sera nécessairement impactée quelques années plus tard », ajoute Jean-Louis Peyren, coordinateur CGT-Sanofi.