L’imagination doit ouvrir la voie, plutôt que la technique

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Camille Pène, directrice de Futur.e.s
Camille Pène, directrice de Futur.e.s (Crédits : Reuters)
Cela fait dix ans que Futur.e.s, festival pionnier, fait émerger un numérique agile, local, humain, inclusif. Dès sa création en 2009, le festival affiche sa singularité : loins des foires enfermées dans la tradition des salons commerciaux, Futur en Seine s’enorgueillit d’être gratuit et d’accueillir les professionnels comme les familles. Les startups à la rencontre du grand public ? Cap Digital a d’emblée rassemblé les innovateurs et les usagers, convaincu que le test des prototypes numériques était une étape clef dans le design d’une innovation utile, souhaitée plutôt que subie.

A l'automne 2017, Futur en Seine est devenu Futur.e.s. : jouant sur l'écriture inclusive, nous avons choisi une marque qui exprime les futurs pluriels, divers, émancipés auxquels nous aspirons. Nouveau nom et format repensé pour un momentum : le choc de l'accélération technologique et de la transition climatique signent l'avènement d'une responsabilité nouvelle des entreprises et de toute la collectivité sociale.

La technologie nous prend à parti. Cambridge Analytica, le premier piéton tué par une voiture autonome d'Uber, les tweets de Trump : ces signaux chaotiques sont insistants. Ils suscitent les questions qui sont au coeur du programme du festival, structuré cette année en 6 parcours thématiques. 6 cheminements au cours desquels chacun pourra rencontrer des dizaines d'entrepreneurs et d'entrepreneuses, manipuler les innovations, comprendre comment l'intelligence artificielle, la robotique, la blockchain, la réalité augmentée ou virtuelle vont changer le monde et avant cela le soin, l'éducation ou le travail.

Que vous soyez un geek au top des tendances et soucieux de la fragilisation des compétences humaines dans un monde d'intelligence artificielle, que vous soyez à l'aune d'une reconversion professionnelle voire un parent désireux de transmettre les clefs d'un monde vivable à ses enfants, vous trouverez à Futur.e.s de quoi approfondir vos questions et donner forme à vos engagements. Une centaine de conférences et masterclasses sont organisées. Des dizaines de sessions de co-design invitent les citoyens et les entreprises à imaginer et fabriquer des solutions concrètes aux enjeux de mobilité durable ou recrutement de talents numériques. Des ateliers sont prévus pour initier les plus jeunes à la création numérique et aux métiers du futur.

Notre ambition première est de créer de la valeur économique par une approche "business not as usual". Aujourd'hui, le rapprochement entre grands groupes et startups est valorisé. Soyons sérieux, imaginez-vous qu'Elon Musk rêve de se faire racheter par Airbus ? Revenons à l'enjeu véritable de la transformation numérique : développer nos territoires par l'attractivité et la création d'emploi. Soutenons les entreprises qui inventent de nouveaux modèles pour réconcilier startup nation et tech for good.

Car à quoi bon soutenir l'innovation si c'est pour entretenir les fractures ? Si nous ne faisons rien, nous nous acheminons vers un monde où les adeptes du mode de vie robotisé et ceux qui se réfugient en Corrèze pour échapper à Big Brother vont s'éloigner définitivement. Le futur s'écrit trop vite, la technologie subsiste sans utopie alors que nous aspirons tous à habiter en humain le monde qui vient. Nous sommes tous concernés.

Plusieurs futurs sont possibles ! C'est une invitation à libérer l'imaginaire et la créativité pour inventer le monde numérique que nous voulons ! Comment ? En encourageant l'esprit d'initiative chez chaque citoyen, en regardant ailleurs, dans les toutes les valleys de créativité, l'Afrique, les industries créatives, la jeunesse, les femmes, le handicap. En participant à des événements comme Futur.e.s qui proposent d'explorer, d'échanger, de partager, de fabriquer.

http://paris.futuresfestivals.com/

Camille Pène Directrice de Futur.e.s

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Commentaires
a écrit le 22/06/2018 à 16:30 :
L’imagination doit ouvrir la voie, plutôt que la technique

Mais c'est tout ce qu'est ce qu'est t'y que le gouvernement qu'il fait. Il interdit le glyphosate et dit aux utilisateurs de glyphosate qu'ils ont 3 semaines pour expliquer comment que c'est ils qu'ils vont s'en passer.

Vous voyez bien que l'imagination ouvre deja la voie
a écrit le 22/06/2018 à 15:36 :
"et ceux qui se réfugient en Corrèze pour échapper à Big Brother vont s'éloigner définitivement"

Ce sont éloignés définitivement mais pas tant que ça et au final c'est vers eux que de plus en plus de gens ont envie d'aller.

Une "révolution" numérique de quoi en fait ?

Au sein d'un système profondément inégalitaire car oligarchique rien de bon ne peut naitre, certes c'est une pensée jusqu'au boutiste mais qui a le mérite d'être facilement assimilable bien plus que les grands discours de ceux qui veulent nous faire y aller parce qu'ils y ont des intérêts.

Franchement ?

Par ailleurs ce qui est énorme dans internet ce sont les informations dont on dispose alors qu'on les reçoive à 100 gb/s ou à vapeur on reçoit la même bonne information pourvu que l'on sache aller la chercher et de plus en plus de gens savent aller la chercher.

Disons qu'il serait temps surtout de ne pas voir le citoyen qu'au travers de son porte monnaie, ça fini par l'irriter.

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